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Homélie de la solennité de l’Assomption de la Vierge Marie

Homélie de la solennité de l’Assomption de la Vierge Marie - Année B

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Écrire à l'auteur Père Stéphane-Marie 31 mai 2013
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« Je suis à Toi et Tu es à moi »

Homélie de la solennité de l’Assomption de la Vierge Marie - Année B

Écouter l’homélie de Père Stéphane-Marie :




Texte de l’homélie :

Frères et sœurs bien-aimés,

D’après ce que nous venons d’entendre, de cette prière d’ouverture de la messe et des lectures, de l’écoute de l’écriture, qu’est-ce que l’Église désire que nous retenions de cette fête ?

L’Assomption n’est pas tant pour magnifier la Vierge Marie au sens où nous la mettrions au-dessus de tout, mais l’Église nous invite, tout particulièrement dans l’oraison d’ouverture, comme fruit de ce mystère :

Fais que nous demeurions attentifs aux choses d’en haut pour obtenir de partager Sa Gloire.

L’Assomption, un signe pour notre vie d’aujourd’hui

Car si nous fêtons l’Assomption de la Vierge Marie, nous la fêtons parce que nous sommes invités à vivre de cette grâce qui est donnée à Marie. C’est une grâce qui, comme tous les mystères, est associée au Christ et là c’est Marie qui est associée au Christ. Ce sont des mystères qui sont donnés pour nous et pour notre salut.

Effectivement, comme le dit Saint Paul d’une manière très forte dans la lecture : « Nous sommes tous appelés à vivre cette résurrection de Jésus », à vivre de la Résurrection de Jésus, dès aujourd’hui et d’une manière totale dans la consommation des siècles. Et Marie s’élève, comme sera dit dans la préface « comme un signe d’espérance », parce que cela est déjà pleinement accompli en elle. Aussi, Elle est notre espérance, non seulement une espérance de loin, comme si Elle lançait un fil pour nous repêcher, mais Elle est déjà ce que nous sommes appelés à devenir et ce que l’œuvre de notre baptême, et de notre vie de grâce que nous essayons de vivre jour après jour, nous invite à vivre.

Demeurez attentifs aux choses d’en haut.

« Demeurez attentifs aux choses d’en-haut »

Demeurez attentifs à cet amour, à cette bénédiction avec laquelle, dans laquelle le Seigneur nous a créés, nous a appelés à la vie et dans laquelle il a payé le prix en nous rachetant. Il a donné de Lui-même ; Il se donne tout Lui-même.

Lève-toi, Seigneur, pour entrer dans Ton repos,
Toi et l’arche de Ta sainteté.

Déjà dans les psaumes on avait cette figure qui nous montre : « Lève-toi pour entrer dans ton repos », c’est la mort et la Résurrection de Jésus, mais « toi et l’arche » ; et cette arche est donnée ici comme étant cette arche dans le Temple qui était faite d’un bois imputrescible, qui est l’image de la Vierge Marie. Elle est associée à la Résurrection de Jésus. Car aujourd’hui dans l’Assomption, nous fêtons la mort, la résurrection et l’ascension de la Vierge Marie.

Marie est « prise », assompta, prise dans la gloire de Dieu, dans l’amour de Dieu. Et cette arche qui est donnée dans l’Apocalypse, suivant les commentateurs, elle représente à la fois la Vierge Marie, et à la fois l’Église. C’est bien ce même mystère dans lequel nous sommes pris, aspirés. Comme l’explique le Concile Vatican II, dans sa constitution apostolique Lumen Gentium qui met Marie justement dans le dernier chapitre, comme entraînant, aspirant tout le peuple de Dieu.

C’est en fait un jour qui nous est donné pour que plus que jamais, nous puissions nous ouvrir à la grâce, nous puissions renoncer aux choses d’en bas, renoncer à voir notre vie à partir des choses d’en bas, mais à partir de ce mystère du Seigneur qui nous est donné.

En écho dans l’Ancien Testament

Dans l’évangile a retentit cette salutation d’Élisabeth :

Tu es bénie entre toutes les femmes, et béni le fruit de tes entrailles !

La bénédiction de Dieu, d’une manière simple, c’est Dieu qui agit à travers nous, en nous. Et cette bénédiction, ce courant d’amour, cette onde de grâces qui nous est donnée, dans la quelle nous sommes appelés à vivre et à agir, elle nous est donnée comme elle a été donnée aux saints du Nouveau et de l’Ancien Testament.

Et cette phrase d’Élisabeth résonne déjà d’une manière extraordinaire, parce qu’elle vient déjà de l’Ancien Testament, de Judith. Souvenez-vous l’histoire de Judith : cette femme de Béthulie, petite ville en Samarie alors que les armées ennemies sont en train de ravager toute la terre et de tout prendre, il reste juste cette petite ville et tout le monde est au désarroi. Une veuve se lève alors et va dans le camp ennemi, s’y fait inviter par ruse. Et elle tranche la tête du général, ce qui met toute l’armée en déroute. Et revient avec la tête d’Holopherne. (On voit ça dans les tableaux à travers les siècles, d’une manière parfois très réaliste). Elle revient et le chef de la ville, Osias, qui l’accueille s’écrit :

Tu es bénie entre toutes les femmes et béni est le Seigneur ton Dieu.

Nous sommes appelés à la victoire sur le monde d’en-bas

Oui, parce que c’est à travers Elle, à travers ce mystère que nous contemplons, ce mystère de Jésus qui s’accomplit en Elle, que nous obtenons la victoire. La victoire sur le monde d’en bas, qui nous tire vers le bas, ce monde où nous sommes livrés simplement à nos propres forces, à notre propre amour, à notre propre manière de vivre, mais qui termine toujours (comme le disent souvent les philosophes), par un rapport de forces entre les hommes. Même comme pouvait le dire Sartre : « L’amour est une autre manière de faire la guerre, de dominer l’un sur l’autre ».

Et cet amour de Dieu, cet amour qui vient d’en haut, il est tout à fait différent. Mais il faut pour cela, remporter la victoire sur la logique du dragon tel qu’on le voit ici dans l’Apocalypse. Car là où il y a Marie, il y a ce sens aigu du combat. et c’est la femme qui porte, qui enfante, qui vit ce mystère.

Souvenez-vous ce que disait aussi Saint Paul avec ce sens des difficultés, des combats que nous menons dans la vie, mais qui sont faits pour que nos âmes puisent être enfantées, puissent renaître. Et renaître, c’est bien le nom de la prédication de Jésus du Royaume de Dieu, c’est bien le nom de notre baptême, c’est bien la grâce que le Seigneur nous fait.

Demandons-nous chaque jour à être attentif aux choses d’en haut, attentifs sur comment nous pouvons renaître et non pas être captifs de nos tendances, de nos histoire, de nos blessures, de nos péchés, mais que nous puissions aller, courir avec Marie, vers le Seigneur avec force, avec courage, encore une fois comme Judith.

Avec Jésus et Marie, soyons victorieux en accueillant nos faiblesses

Ce mystère de l’Assomption nous amène donc à contempler le mystère de l’amour de Dieu qui se donne, qui se communique et qui opère dans notre vie. Beaucoup de textes sur l’Assomption dans la liturgie aussi font allusion au Cantique des cantiques, à cet Amour du Seigneur qui nous cherche, qui vient nous chercher, nous transformer, qui nous attire.

Marie qui est « prise » par le Seigneur, qui est « assumée » par le Seigneur, Elle peut dire, comme nous pouvons dire dans notre prière, comme les saints et les amis de Dieu ont dans leur prière : « Je suis à toi et tu es à moi ». Et c’est même mis dans les paroles de Jésus : « Et par tout ce que je suis, j’assume tout ce que tu es ».

Car telle est l’œuvre de Jésus qui vient prendre tout ce qui nous est propre, jusqu’à notre néant, notre abjection, notre péché, pour nous faire don de son amour, de cette nouvelle manière d’aimer. Cette nouvelle manière d’aimer où l’amour n’est pas simplement provoqué par un manque, non pas un amour de concupiscence qui veut toujours combler un manque, gagner une sécurité, mais à partir de cette plénitude, de cette bénédiction, de la grâce que le Seigneur nous donne.

C’est pour nous un réel combat de tenir là ; pour changer de référentiel, si j’ose dire, pour oser nous laisser ouvrir à ce mystère, mais c’est ce combat dans lequel Marie nous entraîne. Et nous sommes assurés ici dans le texte de l’Apocalypse, que cet enfant qui est menacé, cet enfant nouveau qui est le Christ - mais aussi le peuple de Dieu, les frères et sœurs de Jésus, rachetés par lui - nous sommes menacés à chaque instant, et pourtant, cet enfant naît. Et il est le vainqueur et à lui est remis la puissance, l’honneur, la gloire. Et Marie n’a pas à craindre, les amis et ceux qui travaillent pour le Royaume avec Marie n’ont pas à craindre car ils ont une place au désert. Encore dans le Cantique, nous avons ces mots où beaucoup de pères et de théologiens ont vu une allusion à l’Assomption de Marie :

Qui est celle-là qui s’élève comme une nuée du désert ?

« Je suis à Toi et Tu es à moi »

Et par tout ce que je suis, dit Jésus, j’assume tout ce que tu es. Assumé. l’Assomption. C’est vraiment laisser notre être être transformé, transfiguré par le Seigneur. C’est notre vocation pour que la Résurrection de Jésus puisse agir déjà aujourd’hui dans notre vie car tel est le Royaume de Dieu. Ce n’est pas simplement être gentil, vertueux, savoir faire des efforts, mais c’est se tenir dans ce mystère de la Vie qui nous est donnée, et qui ouvre en nous des possibilités nouvelles.

Demandons au Seigneur de pouvoir cueillir le fruit de cette fête, d’être attentifs aux choses d’en haut, de les recevoir et de partager déjà un peu aujourd’hui la Gloire, pour la partager de manière totale dans le Ciel,

Amen.

Références des lectures du jour :

  • Livre de l’Apocalypse 11,19a.12,1-6a.10ab.
  • Psaume 45(44),11-12a.12b-13.14-15a.15b-16.
  • Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 15,20-26.
  • Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 1,39-56.

En ces jours-là, Marie se mit en route rapidement vers une ville de la montagne de Judée. Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth.

Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant tressaillit en elle. Alors, Élisabeth fut remplie de l’Esprit Saint, et s’écria d’une voix forte : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni. Comment ai-je ce bonheur que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? Car, lorsque j’ai entendu tes paroles de salutation, l’enfant a tressailli d’allégresse au-dedans de moi.

Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. »

Marie rendit grâce au Seigneur en disant :
« Mon âme exalte le Seigneur,
mon esprit exulte en Dieu mon Sauveur.
Il s’est penché sur son humble servante ; désormais tous les âges me diront bienheureuse.
Le Puissant fit pour moi des merveilles ; Saint est son nom !
Son amour s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent.
Déployant la force de son bras, il disperse les superbes.
Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles.
Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides.
Il relève Israël son serviteur, il se souvient de son amour,
de la promesse faite à nos pères,
en faveur d’Abraham et de sa race à jamais. »

Marie demeura avec Élisabeth environ trois mois, puis elle s’en retourna chez elle.

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