Serviteurs de Jésus et de Marie

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Rendez vous

Le mariage : une école de simplicité

Homélie de mariage (juillet 2014)

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Écrire à l'auteur Père Pierre-Marie 12 septembre 2014
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Homélie du mariage d’Éléonore et de Cyrille (juillet 2014)

Écouter l’homélie de Père Pierre-Marie :




Cyrille et Éléonore, cher amis,

Lorsque nous avons préparé ensemble cette célébration, j’ai demandé aux jeunes fiancés de choisir les textes comme étant une lumière pour leur vie matrimoniale et familiale. Ceux d’entre vous qui se sont donné un jour le sacrement du mariage peuvent faire mémoire des textes qu’ils ont choisis, que cela fasse quelques mois ou plusieurs années, parce que la parole de Dieu est toujours une parole vivante.

Et, de fait, dans les textes que vous avez choisis, il y a quelque chose renvoie à la nature même de l’engagement matrimonial.
Premièrement, de se rappeler que chaque sacrement est un signe, en particulier, celui du sacrement du mariage. Ils sont un signe de l’amour du Christ pour son Eglise.
Si vous êtes là, Eléonore et Cyrille, ce n’est pas simplement parce que c’est une tradition familiale que de se marier à l’Eglise, ou quelque chose qui vous viendrait d’une manière de faire. Non, c’est bien plus profond que cela ; si vous êtes présents ici dans cette église, c’est parce que vous voulez être des signes, des signes visibles de cette grâce invisible : cet amour de Jésus pour Son Eglise.

Envoyés en mission par le Seigneur

Il est vrai que c’est tout à fait touchant que le Seigneur fasse confiance à ce point là. Eléonore et Cyrille, Il vous fait confiance pour être Ses signes de Son amour. Car nous avons besoin de signes visibles. Cet Amour de Dieu, Il nous est donné par nos familles, approfondi par une très sérieuse préparation au mariage, comme celle que vous avez faite.
Vous m’avez ainsi dit que vos parents, de part leur fidélité à leur engagement ainsi que par l’amour qu’ils vous ont transmis, ont été ces signes visibles de cet amour du Seigneur.

Vous qui êtes ici dans cette assemblée et avez reçu le sacrement de mariage, il est important de se rappeler qu’il s’agit d’un envoi en mission dont vous êtes chargés par le Seigneur.

Je vous ai choisis pour que vous partiez et portiez du fruit, et un fruit qui demeure.

C’est d’autant plus vrai depuis la réforme de la liturgie du sacrement du mariage en 2006 : alors qu’il y avait autre questions dans le dialogue entre le prêtre et les fiancés, une cinquième s’ajoute.

Êtes-vous disposés à prendre votre place dans le Monde et dans l’Église ?

Oui, le Seigneur n’appelle pas ses disciples pour rester dans un entre-soi, comme le dit le pape François, rester « bien au chaud » entre catholiques pratiquants. Non, Éléonore et Cyrille, Il vous appelle à rayonner, à être visibles, parce que vous portez en vous-mêmes quelqu’un qui est plus grand que vous-mêmes – c’est bien là la définition du Chrétien.
C’est déjà le cas par votre baptême, mais aussi par l’engagement que vous allez célébrer aujourd’hui.

Il est important de se rappeler que la vie matrimoniale est aussi une vie d’envoi en mission : de mission dans la famille, tout d’abord, de mission dans la vie professionnelle, dans la vie associative, là où chacun d’entre vous est présent.
Ainsi, de part votre engagement matrimonial, vous êtes envoyés pour témoigner d’un dieu qui nous appelle des ténèbres à Son admirable lumière.

La fécondité dans la pauvreté

Bien souvent, on a la tentation de voir le sacrement de mariage centré sur les époux, et il l’est, bien entendu, notamment pour rappeler aux époux les engagements qu’ils ont pris et cette présence de Dieu au milieu d’eux. Mais, il va bien au-delà d’eux-mêmes. Éléonore et Cyrille, je le sais, vous avez ce désir de rayonner, d’être témoins de l’amour de Dieu. Et, en conséquence, vous êtes envoyés pour porter du fruit, une réelle fécondité.

La fécondité ne se résume pas à la venue des enfants, même si nous vous souhaitons une nombreuse descendance. Dans un couple, la fécondité est avant tout cette communion du couple qui rayonne au-delà de lui-même. Oui, vous êtes appelés à une fécondité, mais qui ne vient pas de vous. Il est important de se rappeler de cela sans cesse et que chacun d’entre nous puissions en faire mémoire. Cette fécondité est une grâce qui nous a été donnée.
J’aime bien cette phrase du curé d’Ars qui dit ceci :

L’homme est un pauvre qui a besoin de tout demander à Dieu.

Ainsi, il me semble que des noces sont bien l’union de deux pauvres qui se tournent vers le Seigneur, qui demandent à Dieu cette grâce de porter du fruit, du fruit en abondance, du fruit qui demeure.

Oui frères et sœurs bien-aimés, cette grâce que nous avons d’être Chrétien, c’est d’abord l’affirmation de la gratuité de la part du Seigneur d’une miséricorde qui nous est faite. C’est par miséricorde que nous sommes ici, c’est par miséricorde que vous êtes là, Éléonore et Cyrille. C’est par une grâce insigne, non pas par notre mérite, ni par nos forces.

L’humilité nécessaire à la vie conjugale

Bien entendu, vous avez mis beaucoup de forces dans votre préparation. Vous avez mis en œuvre un certain nombre de choses, mais rappelez vous toujours que l’humilité est le ciment de la vie matrimoniale parce que c’est le ciment de la vie chrétienne, tout simplement.
Frères et sœurs bien-aimés, nous sommes invités chacun d’entre nous à faire mémoire de cet appel à la vie chrétienne, à rayonner, à être témoins là où nous sommes de cet amour invisible du Seigneur.

Et au fond, dans la première lecture, qui est souvent utilisée dans les messes de mariage, c’est un programme de vie que l’on y lit. On pourrait en prendre une partie pour la méditer, par exemple :

N’ayez pas le goût des grandeurs, mais laissez-vous attirer par ce qui est simple, par ce qui est humble.

Voyez cette phrase là : n’est-elle pas extraordinaire ? Aimer c’est se laisser attirer par ce qui est humble, par ce qui est simple. Oui, simplicité dans les moyens, simplicité dans l’expression, simplicité dans la manière d’être… Chacun d’entre nous, nous sommes appelés à être ces témoins du Christ là où nous sommes d’abord par cette simplicité.

Nous n’avons pas la logique du monde. La logique du monde se définit au contraire par la force - comme dans l’Ancien Testament, les cavaliers, les chevaux – en imposer, montrer sa puissance. Et Saint Paul dit : « Laissez-vous attirer par ce qui simple ». Parce que la simplicité c’est l’autre nom de l’amour. Et l’inverse, ce désir de grandeur, que l’on appelle aussi l’orgueil, c’est ce qui vient miner la relation conjugale, les relations familiales et les relations en général.

Chers frères et sœurs, à travers ces lectures qu’Éléonore et Cyrille ont choisies, c’est un appel pour chacun d’entre nous à la conversion intérieure. Que nous puissions nous poser la question : « Où est-ce que nous en sommes dans ce témoignage autour de nous de cet amour du Christ ? où en sommes nous de cette simplicité, de cette humilité dans la relation avec les personnes, dans les moyens employés ? ». Par ce que l’esprit du monde peut nous guetter et nous tendre des pièges. C’est pour cela que Saint Paul, comme le Christ Lui-même, nous rappelle que ce n’est pas cette logique du monde qui nous donnera la bonheur.

Réformez votre manière de penser pour discerner quelle est la volonté de Dieu.

La manière de penser d’un couple qui s’unit devant le Seigneur introduit un changement. Le couple pense à deux ; et même s’il ne fait pas tout à deux, il le fait dans sa manière d’être, dans sa manière d’envisager événements et personnes. C’est depuis leur communion matrimoniale qu’ils pensent à la fois la vie familiale, la vie professionnelle et la vie sociale.

Il est important de nous le rappeler, car l’égoïsme nous tend des pièges, tout comme le perfectionnisme : mieux vaut faire les choses seul parfaitement, qu’à deux imparfaitement… Et l’on se dit que sa manière de faire- enseignée dans sa propre famille – est résolument la meilleure. Et chacun croit cela de son côté.
Voici comment, dans la vie matrimoniale, il faut rentrer dans un combat intérieur, justement pour débusquer ce qui en nous peut être désir de grandeur, désir d’égoïsme, désir d’orgueil : vouloir être celui qui a le dernier mot, être celui qui rend l’autre à son image et ressemblance.

Oui, frères et sœurs, ce sacrement de mariage nous renvoie à la vie chrétienne, cette vie qui est d’abord une vie d’alliance que Dieu a scellé avec l’homme : avec Abraham, tout d’abord, puis avec les prophètes, et en Jésus-Christ, qui continue de sceller entre les époux, de sceller dans l’Eucharistie.

En tant que prêtre, cela me marque de constater la simplicité des sacrements : un peu de pain, un peu de vin, quelques gouttes d’eau, quelques gouttes d’eau, et la présence réelle du Seigneur…
Un peu d’eau sur le front d’un enfant, et l’habitation de la Trinité dans ce cœur humain, dans cette créature.
Je trouve les sacrements très beaux car, justement, ils nous introduisent dans une autre manière de penser. Pas la manière du monde, mais la manière de Dieu qui se livre sur l’autel et qui se dépose dans nos mains.

Il nous faut la grâce pour cela. Bien sûr, tous seuls, livrés à nous-mêmes, nous sommes capables du pire. C’est pour cela qu’Éléonore et Cyrille demandent le sacrement : pour être rendus capables d’avoir cette grâce d’être témoins de l’Évangile.
Et vous devrez, chers amis, chers Eléonore et Cyrille, comme celles et ceux qui ont reçu ce sacrement, toujours faire mémoire que c’est vraiment cela, la pédagogie de l’amour. Alors que l’orgueil est un tue l’amour, l’humilité en est sa base et sa fécondité.

Je ne vous apprends rien : ce sont des choses que nous savons. Mais, comme il est bon de vous voir : cela nous fait du bien, chers fiancés, parce que vous nous redites, aujourd’hui, cette réalité là. Vous nous redites : « N’hésitez pas à cheminer dans la confiance. ».

Certainement, la vie matrimoniale n’est pas si simple et peut-être certains couples qui sont ici éprouvent des difficultés : qu’ils reprennent courage ! qu’ils reprennent force, parce que c’est d’abord la grâce qui nous précède.

Oui, demandons à la Vierge Marie de façon particulière d’être des signes, ces signes à la manière de Dieu, ces signes comme la Vierge Marie a bien voulu en être un : un signe pour celles et ceux qui savent lire, un signe de l’accueil et de l’humilité.
Puisse la Très Saint Vierge vous bénir en ce jour, Éléonore et Cyrille, vous donner toutes les grâces vous qui allez vous tourner vers Elle pour implorer Son secours. Puisse t-Elle venir aussi à notre secours pour nous rendre plus humbles, plus simples, plus confiants,

Amen !

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