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Le mystère du mal et de la souffrance

Compte rendu de la halte spirituelle de mars 2008

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Beaucoup se posent la question et souvent se révoltent : la souffrance a-t-elle un sens ?
Pour tenter d’apporter un peu de lumière sur cette question difficile, le Père s’appuie sur la lettre apostolique de Saint Jean-Paul II « Salvifici Doloris » sur le sens chrétien de la souffrance humaine, lettre écrite en 1984 suite à l’attentat dont le Saint Père venait d’être victime.



Jean-Paul II utilise les grands textes de la Bible tels le livre de Job, Isaïe (le serviteur souffrant) et la passion de Jésus.

Job : l’innocent éprouvé

Dans l’histoire de Job (livre de Sagesse), Dieu admire Job, bon serviteur comblé de biens et Il accorde à Satan l’autorisation de le tenter . Job tombe malade, a beaucoup d’épreuves. Dans l’expérience de cette souffrance, des amis viennent le voir et restent près de lui pendant sept jours et sept nuits sans lui parler puis ils cherchent à lui expliquer d’où vient tout ce mal qui l’accable soudain : "Tu as dû pécher, avoir commis quelque faute grave" disent ses amis. Dieu est vécu comme le garant de la justice. Ainsi la souffrance de Job serait dûe à son péché : « Dieu juste punit le mal ». Dieu récompenserait le bien et réprimerait le mal.
Mais Job clame son innocence : il est victime d’une souffrance injuste !

Le livre de Job ne résoud pas le problème de la souffrance innocente. Dans la souffrance, il y a un caractère d’épreuve, d’éducation qui permet à l’homme de grandir, de se convertir : cf. les psaumes « C’est pour mon bien que j’ai souffert ».
Il faut accueillir la lumière de cette révélation : la souffrance est vaincue par l’amour.

Que nous dit Jésus de la souffrance ?

Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son fils unique pour que nous ayons la vie éternelle."

Le Christ nous sauve de la mort, de la séparation définitive d’avec Dieu. Nous sommes sauvés de la damnation par la passion de Jésus, pour un bonheur qui ne finit pas.
Le mal est la conséquence du péché des origines ; Dieu n’a pas créé le mal : c’est par le démon qu’il est entré dans le monde.
Jésus, par sa prédication, sa mort, efface de l’homme la domination du péché afin qu’il ait la vie éternelle là où la souffrance n’existe pas.
Je suis encore sujet au péché mais j’ai la certitude d’être sauvé.

Le Christ est passé en faisant du bien, il a guéri les malades, soulagé les affligés, il a pris sur lui cette souffrance. Jésus va au devant de sa passion, volontairement pour nous révéler son amour, conscient de sa force de salut.
A travers ses souffrances il nous révèle son amour pour le Père et pour nous-mêmes :

Il m’a aimé et s’est livré pour moi qui suis pécheur" dit St Paul.

Les chants du serviteur sont 4 textes d’Isaïe dont le sens était compliqué : de qui s’agissait-il ?
Les apôtres les ont expliqué grâce à la figure centrale du Christ serviteur (Isaie 50-53).
Tout le péché de l’homme devient la cause de la souffrance du rédempteur : le Seigneur fait retomber sur lui nos fautes ; le Christ porte le péché du monde car il est Dieu.
Les juifs étaient déroutés par les paroles du serviteur souffrant. La passion est la seule réponse au mal , pour nous chrétiens : Jésus, innocent a souffert gratuitement pour nous, sans se défendre.
Devant le problème du mal, de la souffrance, il s’agit de contempler la croix du Christ. Cf Père Lamy : « Le Christ est comme un enfant sur la croix, soit l’image de l’innocence ».
Quand je suis confronté au problème du mal, me mettre devant la croix et adorer Jésus…
A Gethsémani, l’agonie de Jésus est un combat :

S’il est possible que cette coupe passe loin de moi, mais non pas ce que je veux mais ce que tu veux".

Jésus mène la lutte intérieure et le combat d’une souffrance, dans sa nature humaine, avec la volonté, dans sa nature divine, pour la vérité de l’amour jusqu’au bout.
Au Golgotha, le Christ expérimente cette douleur d’être séparé de Dieu : « Mon Père, pourquoi m’as-tu abandonné ? » et puis celle de la descente aux enfers où il mesure tout le mal contenu dans le péché .
La souffrance humaine atteint son paroxisme dans la passion du Christ qui donne sa vie par amour, souffrance qui exprime l’amour du Père pour nous.
Toute souffrance humaine trouve alors un sens et une portée renouvelée.
Marie nous aide au pied de la croix à contempler et à comprendre ce mystère…

Le chrétien et la souffrance

La voie chrétienne, qui lie la souffrance et l’amour, donne valeur à la souffrance humaine.
Qu’est-ce que cela change que le Christ ait donné sa vie pour nous ?
A travers sa croix, Jésus a assumé la souffrance humaine : il nous a rejoint à l’intérieur de notre souffrance, alors plus aucune souffrance ne se vit loin de Dieu qui se fait proche de tout homme souffrant. Le Christ a élevé la souffrance jusqu’à la rédemption ; il n’y a plus de souffrance vaine.
Pour Benoit XVI la souffrance permet la solidarité.

Dans saint Paul aux Corinthiens : Jésus a rejoint tous les hommes de tous les temps ; par sa passion il ouvre sa souffrance à l’homme et participe à toutes les souffrances humaines. L’homme découvre en la passion du Christ ses propres souffrances enrichies d’une signification nouvelle.
La souffrance devient principe pour connaître Dieu et les hommes.
Le croyant sait qu’en Dieu il n’y aura plus de souffrances. Dieu se révèle comme le ressuscité dans nos vies et ensuite il invite à communier à ses souffrances.
Jésus nous invite à un chemin pascal : passer des souffrances à la résurection ; cf les apôtres : ils témoignent, ils sont persécutés, ils sont heureux de communier aux souffrances de Jésus.
Etre disciple c’est suivre Jésus dans la souffrance :

Si quelqu’un veut venir à ma suite,qu’il prenne sa croix et me suive."


Si je persévère dans l’épreuve, mon amour pour Jésus grandit. La gloire, l’élèvation est concomittante avec la croix. Il s’agit de faire preuve de Foi dans le Christ car nous sommes unis au Christ. Le don d’amour de Jésus tend a compléter dans l’homme le même don d’amour ; dans la passion Jésus se présente blessé : cf dévotion au Coeur Sacré de Jésus.

Voici le coeur qui a tant aimé les hommes et qui ne reçoit qu’ingratitude."

L’Espérance Chrétienne dans l’Encyclique de Benoit XVI

( Cf. l’Encyclique Spe Salvi numéros 35 et suivants « II. Agir et souffrir comme lieux d’apprentissage de l’espérance »)

On vit toujours tendu vers quelque chose de plus. Dans le coeur humain il y a toujours un appel vers une plus grande espérance, vers quelque chose de plus grand ; c’est une aspiration très forte de toute homme que seul le Dieu chrétien peut combler. Le pape nous invite à retrouver cette espérance dans laquelle il y a trois lieux d’apprentissage : la prière, la souffrance et le jugement dernier.

Même si il n’y a plus de foi dans le coeur humain, il reste toujours quelque chose de l’espérance. La souffrance fait partie de l’expérience, de l’existence humaine ; elle donne de l’épaisseur à notre existence, mais c’est un devoir de chercher à l’atténuer.
L’acceptation de la souffrance et l’union au Christ donnent de l’épaisseur dans notre vie.
La joie dans les épreuves c’est la capacité de trouver un sens à la souffrance, qui lui donne une valeur. La foi, l’endurance des saints est le fruit de l’amour de Dieu.

Au milieu des tempêtes, je jette l’ancre de l’espérance jusqu’au trône de Dieu" nous dit un martyr du Vietnam.

La compassion c’est accueillir la personne avec sa souffrance qui devient un peu la mienne. Compatir = souffrir avec l’autre ; en sommes-nous capables ? Les Saints ont vécu profondément la compassion.
Consolation = être avec dans la solitude. Nous pouvons évaluer une société à sa capacité à souffrir pour l’amour de la vérité. Sachons offrir notre souffrance en l’insérant dans la grande compassion du Christ.

Vivre les choses ordinaires avec un amour extraordinaire" Ste Thérèse de Lisieux.

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