Serviteurs de Jésus et de Marie

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Les fiançailles

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Le mot fiançailles vient du latin fides qui veut dire foi
Se fiancer est donc, étymologiquement, donner sa foi, sa parole, s’engager
Or, aujourd’hui, seuls 1% des jeunes qui se marient ont vécu de vraies fiançailles. Mais de quoi parle-t-on ?
D’un rite suranné, rimant avec Versailles, de l’officialisation, vis-à-vis de la famille, d’une relation amoureuse ou du seul vrai moyen, à redécouvrir, de bien se préparer au mariage ?



Petit historique

Les documents juridiques sur les fiançailles dont nous disposons sont assez rares. Elles ont, de tout temps, été, en premier lieu, un évènement familial, social et religieux d’où leur caractère privé et souvent confidentiel.

Dans l’empire romain, la coutume est d’organiser des cérémonies réunissant les familles des futurs époux avec la remise d’un anneau et un engagement réciproque : fidélité, non-dissipation de la dot déjà versée… Si le jeune homme s’engage librement, bien souvent la jeune-fille ne fait qu’adhérer à la décision de son père. Néanmoins les fiançailles peuvent être rompues.

Au cours des premiers siècles de l’ère chrétienne, la forme des fiançailles reste proche des gestes traditionnels pratiqués durant l’Antiquité profane : remise d’un anneau, baiser, bénédictions. L’Eglise recommande que le délai entre les fiançailles et le mariage soit très court de sorte que les fiancés ne commettent pas l’erreur de se croire déjà mariés et donc autorisés à vivre l’union charnelle.
Dans le rite byzantin, les fiançailles sont intégrées, d’habitude, dans la célébration du mariage.

En France, de la fin du Moyen Age jusqu’au XVIIIe siècle, les rituels varient d’une région à une autre : certains reçoivent une bénédiction, d’autres s’engagent par une promesse orale. Il semble qu’à cette époque le rite de bénédiction de l’anneau se soit perdu.
A la Révolution française les fiançailles disparaissent du code civil où elles ne seront réintroduites qu’en 1912. Dans le domaine liturgique, on observe le même phénomène de disparition.
Ce n’est qu’en 1984 qu’est élaboré le « Livre des bénédictions » dans lequel on trouve une cérémonie des fiançailles. Il est précisé que celle-ci ne doit jamais figurer à l’intérieur d’une messe, sans doute pour qu’il n’y ait pas de confusion possible avec le mariage.

Constat

Les fiançailles apparaissent donc comme un ensemble de coutumes aux formes très diverses selon les époques et les civilisations. Placées à la frontière du sacré et du social, elles sont privées d’une authentique reconnaissance religieuse et juridique.

Pourtant des avancées sont visibles. En 2005, un rituel de bénédiction des fiancés est ajouté au rituel romain de la célébration du mariage. Celui-ci permet d’avoir les éléments liturgiques nécessaires pour marquer cette étape importante et d’apprécier la valeur et la nécessité d’accompagner ce qui est une période intermédiaire entre le célibat et le mariage.

Il convient de redorer le blason des fiançailles qui sont à la fois une démarche sociale et une démarche spirituelle.
Sociale parce qu’on annonce aux familles et aux amis que l’on chemine vers le mariage.
Spirituelle car on demande la bénédiction du Seigneur pour discerner sa volonté sur le couple et avoir le soutien de sa grâce pour vivre un temps qui est souvent un temps de combat spirituel.

Les fiançailles sont une étape qui aide les fiancés à prendre conscience de l’importance de l’engagement qu’ils vont célébrer. Le respect des étapes avant le mariage aide et fortifie le couple chrétien. Elles sont au service de l’amour et permettent un vrai temps de discernement. Tout mariage s’il est un mariage d’amour est aussi un mariage de raison qui n’est pas basé que sur l’affectif mais qui fait appel à l’intelligence. Les fiancés doivent avoir des raisons pour s’engager l’un envers l’autre. C’est en faisant mémoire de ces raisons qu’ils se donnent les moyens de durer.

Se fiancer aujourd’hui : oser la différence

Il convient, si l’on veut retrouver le sens profond des fiançailles, de les voir à la lumière du mariage chrétien, de les vivre comme une préparation à ce mariage. Mais que veut dire se « préparer » ?

  • Est-ce « s’essayer » mutuellement : « si ça colle entre nous, au lit et dans le rangement de l’appartement, on peut se marier » ?
    Dans ce cas comment expliquer que ce sont les couples qui ont cohabité qui divorcent le plus ?
  • Est-ce se découvrir déjà « sous toutes les coutures », sans réaliser que donner son corps c’est déjà se donner et qu’une rupture (qui doit être envisageable durant les fiançailles si l’on veut se marier pleinement libres) sera infiniment plus difficile et douloureuse ?
  • Ou est-ce apprendre à s’aimer, se découvrir par le dialogue, le partage d’activités amicales, la rencontre de chaque famille ?
    Est-ce le temps de la tendresse qui n’exclut pas l’attirance charnelle mais qui veut réserver pour le mariage le don total du corps et du cœur ?

Le théologien Xavier Lacroix note :

Une décision véritable doit mûrir de l’intérieur et non être comme dictée par les circonstances. Et le meilleur moyen d’intérioriser une décision est de savoir attendre. Attendre signifie savoir supporter la distance, la solitude et même le vide. Eprouver sa liberté, se mettre en mesure d’être tout entier dans son acte."

Les fiançailles sont le temps des fondations : la maison n’est pas prête c’est pourquoi on n’y vit pas encore (c’est dans ce sens qu’il ne peut y avoir de « mariage à l’essai ») mais on prépare sa solidité future.

Deux remarques s’imposent : - Il ne faut pas que ce temps soit trop long car demander à deux jeunes qui s’aiment de vivre la continence pendant des années est difficile, comme le souligne le Père Sonet.

  • Il est bon, pour les fiancés, d’être accompagnés et guidés durant ce temps de préparation.

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