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Remettre des hommes debout

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Le chantier de réinsertion qui a débuté au printemps 2007 à l’Abbaye, en partenariat avec l’association Un Château pour l’Emploi, n’a pas seulement pour but de relever des murs d’enceinte mais aussi d’offrir une aide à des personnes en difficulté
Celles-ci ont l’opportunité d’apprendre un métier et d’être accompagnées dans leur recherche d’un emploi stable
Valérie, Alain et Edward nous font partager leur expérience



Valérie

Pourtant seule femme au milieu de 15 messieurs, Valérie se sent bien sur le chantier.

— « Avant je travaillais dans la vente mais ça ne me plaisait pas. J’aime être dehors, que ça bouge. Je ne connaissais rien à la maçonnerie mais j’apprends le métier et ça me plait parce que c’est varié ».
— Est-ce que ça n’est pas trop dur, physiquement ?
— Certains blocs sont lourds, c’est vrai mais j’y arrive ! »

Valérie est bien décidée à trouver du travail dans le domaine de la taille de pierres et de la réfection de monuments. Elle est accompagnée dans ses recherches par une chargée de mission et ses démarches, comme celles de ses compagnons, sont évaluées par un comité de suivi qui se réunit toutes les six semaines.

— « J’ai déjà été convoquée à cinq entretiens mais beaucoup de patrons pensent encore que la place d’une femme n’est pas sur un chantier. Pourtant, je suis bien décidée à trouver du travail ! Comme nous avons un jour et demi de congé dans la semaine (en plus du week-end) j’ai le temps de chercher.
— Que vous apporte ce chantier ?
— C’est un coup de main. Cela donne des repères d’avoir un travail, ça libère. »

Alain

Alain a signé pour six mois renouvelables avec l’association. Au bout d’un an chacun doit avoir retrouvé du travail sinon :
« C’est le retour à la case départ. »

Travaillant autrefois dans la mécanique, Alain a découvert, lui aussi, le métier de la pierre. Il est intéressé mais aimerait trouver un stage en menuiserie pouvant déboucher sur une embauche.

— « L’ambiance ici est sympa, c’est une bonne équipe. Nous travaillons vingt-quatre heures par semaine. J’ai loué un scooter pour pouvoir venir de chez moi, à quinze kilomètres, et j’ai le projet de m’acheter une voiture. »
— Que pensez-vous de cette expérience de chantier de réinsertion ?
— Ça m’a remis sur les rails. C’est une aide parce que chercher tout seul, c’est dur ! »

Edward

Edward, lui, est encadrant technique. Compagnon maçon et maître ouvrier en miroiterie, il désirait transmettre son savoir, sa passion. Recruté il y a un an et demi par l’association il encadre les seize ouvriers de l’équipe, leur apprend le métier, règle les éventuels conflits.

« — Un Château pour l’Emploi ne travaille que pour les monuments historiques. Nous assurons la formation de personnes au RMI dans les domaines de la maçonnerie ou des espaces verts. Il y a aussi un petit atelier couture. Nous accompagnons ces personnes dans leurs recherches d’emploi (transmission des offres de l’ANPE, aide à la rédaction de CV et lettres de motivation…).
— Quels sont vos projets ?
— Je vais entreprendre, avec ceux qui le veulent, une sculpture de saint Éloi, évêque de Noyon qui fonda, au VIIe siècle un oratoire là où se trouve aujourd’hui l’Abbaye. C’est un travail bénévole qui me tient à cœur. Une manière aussi de remercier les frères qui nous accueillent. »

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2 réactions


24 octobre 2014 00:57, par Martine Clairet

Il est intéressant de parler de ce chantier plutôt atypique de par son site, son encadrement, sa portée culturelle et son sens des valeurs morales et humaines.

L’évolution de ce chantier de 2007 à aujourd’hui est indéniable. Ne serait-il pas bon de faire connaître au public, par l’intermédiaire de votre site, l’évolution des travaux, et l’intérêt de chantiers pérennes pour le public accueilli.

Merci à vous de permettre que de tels travaux puissent être réalisés.

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  • 24 octobre 2014 09:08, par Père Pierre-Marie

    Martine vous avez raison de dire que ces chantiers d’insertion ont une portée humaine et morale voire spirituelle. C’est vrai que nous ne faisons pas de publicité sur l’évolution des travaux. Cela pourrait faire l’objet d’un prochain article. Merci d’attirer notre attention. Dans la région (Oise) nous sommes reconnus par les instances publiques comme un lieu où toutes les personnes peuvent être accueillies, même celles qui sortent de prison avec un bracelet électronique. Les pouvoirs publics baissent régulièrement leur contribution et la part qui incombe à la communauté et chaque fois plus grande. Heureusement la générosité de nos bienfaiteurs grandit elle aussi. Une femme est à la tête du chantier et dirige tous ces hommes pour essayer de leur remettre le pied à l’étrier. Carole, c’est son nom, fait un travail admirable. Sans elle le chantier n’avancerait pas à ce rythme.

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