Serviteurs de Jésus et de Marie

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Solennité de la Sainte Trinité

Solennité de la Sainte Trinité - Année B

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Écrire à l'auteur Père Stéphane-Marie 1er juin 2015
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« Nous voilà dans cette présence de Jésus que nous reconnaissons être Dieu et qui s’adresse à son Père et qui nous envoie le Paraclet avec cette Pentecôte où l’Esprit de Dieu nous est donné. »

Homélie de la Solennité de la Sainte Trinité - Année B - Père Stéphane-Marie

« baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit »

Ecouter l’homélie :




Texte de l’homélie :

Chers Frères et Sœurs,

Dans les couloirs du grand monastère bénédictin où il a été placé dès l’âge de cinq ans, pour son éducation, et pour sa vocation (on aurait voulu qu’il devienne père abbé), le petit Thomaso [d’Aquin] est celui qui arrête les moines dans les couloirs ou qui va les trouver et qui leur pose inlassablement la question : « Qui est Dieu ? », « Qu’est-ce que Dieu ? »

Comme je vous le disais au début de cette Eucharistie, l’Église nous donne de nous arrêter sur cette question, de pouvoir contempler ce mystère, d’ouvrir notre intelligence à : « Qui est le Seigneur ? »

Notre Dieu, Trinité

Le Seigneur que nous adorons, que nous louons, que nous glorifions.
La réponse du catéchisme, vous la connaissez, on dit : « Dieu est Trinité. »
Un mot composé, un mot qui pour les gens d’aujourd’hui, malheureusement pour nous, peut paraître un peu bizarre car il dit à la foi trois et un, trois en un, trois égale un. Et de ce mystère essentiel de notre foi, les professions de foi des Pères de l’Église nous disent : voilà ce qu’il faut croire pour être sauvés.

Eh bien, aujourd’hui, c’est de plus en plus difficile peut-être de rentrer dans cette intelligence parce que nous avons perdu dans notre monde nos références chrétiennes. Les uns considèrent cela comme une folie, une élucubration incompréhensible, des trucs de théologiens, que de toute façon nous ne pouvons pas comprendre. Les autres crient au scandale, et dans leur profession de foi même disent qu’il n’y a pas trois dieux, Dieu ne peut pas engendrer, et ils posent même une malédiction sur ceux qui le professent.

La révélation de la Trinité Dieu unique Père, Fils et Saint Esprit n’est pas le fait des hommes, de leur invention. Mais c’est un fait qui vient de la révélation elle-même. C’est Dieu qui révèle et qui nous partage son secret qui aboutit dans le Nouveau Testament à Dieu est amour.
On peut être étonnés, il n’y a pas de référence à la Trinité dans la première lecture, dans le Livre du Deutéronome. Mais il fallait d’abord, et il le faut toujours, établir que Dieu est un et que cela est indiscutable.
Tout le parcours de l’Ancien Testament nous est donné pour nous faire sortir du polythéisme. Avec Abraham, puis Moïse, et puis les prophètes. Nous faire sortir de ces dieux, c’est-à-dire sortir de ces représentations des forces qui nous gouvernent, de ce désir de s’y asservir, de les servir mais en s’y asservissant, qu’elles soient d’ailleurs dans la nature, dans des images religieuses, dans des valeurs telles qu’un monde qui veut se décharger de Dieu aujourd’hui le professe, mais qui suit des forces telles que l’argent, et bien d’autres…

Notre texte établit ici ce qu’il y a de fondamental. C’est que ce Dieu unique est celui qui se révèle, et qui fait de nous son bien particulier, qui fait de nous ceux qui vont partager son intimité. C’est déjà présent au début de l’Ancien Testament et cela avance, et cette unité de Dieu et ce partage de Dieu se développent tout au long de l’histoire du Salut. Notamment par exemple dans Isaïe qui dit : « Dieu seul est Dieu, il n’y a pas d’autre Dieu. » puis dans les Livres de Sagesse où l’on a cette intelligence de Dieu. Cette unité est créatrice.

Mais il en fallait plus pour que nous arrivions à découvrir ce secret de Dieu. Et cela se fait dans la révélation de Jésus. On le voit dans la Bible : cela commence par l’Annonciation où est annoncé le Fils, avec l’Esprit qui vient couvrir Marie de son ombre. Et puis au baptême de Jésus, et puis dans toute sa vie, la Transfiguration, etc.
Mais surtout dans le partage que Jésus nous fait de sa prière, de son intimité avec Dieu. Nous avons repassé tout cela dans le temps pascal avec les chapitres 16 et 17 de St Jean.
Nous voilà dans cette présence de Jésus que nous reconnaissons être Dieu et qui s’adresse à son Père et qui nous envoie un autre Paraclet avec cette Pentecôte où l’Esprit de Dieu nous est donné.

Dans l’Église, au long du chemin, on s’est posé la question : cette révélation, quelle est-elle exactement ?

Il fallait en retirer les choses incompréhensibles pour lesquelles on nous accuse aujourd’hui. Qu’est-ce que cela veut dire que Dieu engendre ? Qu’est-ce que « la génération en Dieu ».
Alors effectivement, si on le pense d’une manière matérielle, comme sortir quelque chose de soi, ou si on le pense comme d’un passage du non-être à l’être, ce n’est pas possible, Dieu ne serait plus Dieu, puisque Dieu est celui qui est. Alors ils ont travaillé, ils ont discuté, sur plusieurs siècles, et comme le petit Thomas d’Aquin, ils ont passé leur temps à tenter de répondre à la question : « Qui est Dieu ? »

Cette question devrait nous travailler… qui est-Il ? Quels sont les traits de son visage, pas le visage de Jésus, mais le visage de Dieu lui-même.
Et ils y sont arrivés. Et c’est important pour nous qu’ils aient formulé les choses simplement, nous qui voulons œuvrer pour la nouvelle Evangélisation, il nous faut parvenir à rendre compte de notre foi. Alors évidemment, si Dieu engendre, ce n’est pas pour faire passer du non-être à l’être. Mais c’est l’acte de Dieu qui se connaît. Et quand il se connaît, l’image, le verbe, ce qui est dit de Lui, c’est Lui tout entier. Il n’y a rien dans le Fils qui ne soit dans le Père, il n’y a rien dans le Père qui ne soit dans le Fils. Voilà ce don total de l’être. Cette unité totale. Telle que nous nous pourrions rêver d’avoir ! Car quel est le malheur de l’homme ? La condition de l’homme, c’est qu’il n’arrive pas à connaître entièrement. Nous essayons de nous comprendre, nous essayons de nous connaître, mais c’est toujours partiel, et nous ne nous connaîtrons dans la totalité, comme le dit l’Apocalypse, que lorsque nous arriverons au Ciel. L’homme a la grâce de pouvoir connaître le monde, mais il n’en connaît pas l’alpha et l’oméga : il n’en connaît pas la totalité. Dieu, Lui, quand il se connaît, c’est tout entier. Alors on dit : une nature / trois personnes dans notre Credo. La nature c’est : « Qu’est-ce que c’est cette chose-là ? » Et Dieu, c’est une chose, un être, UN. Et la personne c’est : « Qui ? Qui est-ce qui opère ? Qui fait ? ».

Alors voilà. Quand Dieu se connaît, c’est le Père, le Principe. Et quand il est connu, le fruit de cette connaissance, eh bien c’est le Fils, mais c’est tout Dieu tout entier. Et le Père, quand Il s’admire dans le Fils et quand le Fils se reconnaît dans le Père, il y a un tel échange, un tel élan, un tel souffle, une telle flamme, eh bien que cet amour, ce don est aussi une personne. Ce don de l’admiration réciproque du Père et du Fils qui se connaissent et rendent grâce, c’est cet Esprit qui nous a été donné dans la confirmation, qui nous est donné dans la Pentecôte, et qui nous est donné chaque jour dans la prière et les sacrements.
Et nous voilà en possession (le mot est un peu fort) de pouvoir nous ouvrir à cet amour, cette unité de Dieu, qui est cet échange, qui est cette communion, et qui est le fond de l’être de Dieu, le fond qui se retrouve dans la Création et que Dieu veut partager avec nous.

Bien sûr cela a été difficile, et il y a beaucoup de tentations pour l’intelligence : « ce n’est pas un Dieu trois personnes mais un dieu une personne, et lorsqu’on parle de Fils et d’Esprit-Saint ce sont des manières de parler des attributs du Père, mais il y a une seule personne qui agit… »
Non. Le Père est un, le Fils est un, l’Esprit-Saint est un. De la même unité. Le Père est infini, le Fils est infini, l’Esprit-Saint est infini. Et je pourrais continuer : ils sont incréés chacun, cette même réalité, cette même substance dirons-nous, ce même être. Dans cet échange d’amour qui nous est donné.

Jésus nous invite, pour être sauvés, et invite ses apôtres, à être baptisés. Dans le nom du Père, du Fils et de l’Esprit-Saint. Le nom, c’est vraiment l’être, Dieu UN. Il nous appelle à être baptisés, c’est-à-dire être plongés dans cette intimité de Dieu, que nous a ouverte. Et on le voit bien avec Jésus. Jésus vient nous ouvrir cette intimité en nous proposant d’appeler Dieu Abba, Père. Cette prière que Jésus nous donne nous invite à entrer dans cette intimité.

Conclusion

A nous d’apprendre à contempler qui est Dieu, à nous émerveiller, à savoir rendre compte, non pas pour tout expliquer, mais nous avons surement à faire un effort pour nous approprier cette beauté de Dieu, cette source de vie, cette source d’amour, cette source de connaissances que le Seigneur veut partager avec nous dans laquelle Il nous fait entrer.

Amen.

Référence des lectures du jour :

  • Livre du Deutéronome 4,32-34.39-40.
  • Psaume 33(32),4-5.6.9.18-19.20.22.
  • Lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 8,14-17.
  • Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 28,16-20.

En ce temps-là, les onze disciples s’en allèrent en Galilée, à la montagne où Jésus leur avait ordonné de se rendre.
Quand ils le virent, ils se prosternèrent, mais certains eurent des doutes.
Jésus s’approcha d’eux et leur adressa ces paroles : « Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre.
Allez ! De toutes les nations faites des disciples : baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit,
apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai commandé. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. »

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