Serviteurs de Jésus et de Marie

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Homélie du 2e dimanche de l’Avent

Homélie du deuxième dimanche de l’Avent

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Écrire à l'auteur Père Stéphane-Marie 8 décembre 2014
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Homélie du deuxième dimanche du Temps de l’Avent - Année B

Écouter l’homélie :




Dans son épître, Saint Pierre nous fait une piqûre de rappel sur le thème de la semaine dernière : l’Avent, c’est l’avènement. Et si nous préparons Noël, nous célébrons d’abord le Seigneur qui vient, qui est venu dans l’humilité – à Noël – et chaque jour au devant de nous dans le mystère de l’Eucharistie, et de la vie chrétienne. C’est le Seigneur qui vient dans la gloire et qui rétablira toute chose, qui nous ressuscitera.

Dans sa modernité inégalable, Saint Pierre reprend l’argument que beaucoup d’entre-nous et de nos contemporains émettons : « Oui, mais le Seigneur tarde… ». Cela fait tellement longtemps, que ce soit d’un point de vue historique ou de celui de notre vie concrète ; si nous sommes Chrétiens, nous devrions déjà être transfigurés et ressuscités – et nous le sommes, mais en semence, dans cette rencontre intime du cœur. Ainsi, Pierre cite le psaume :

Pour le Seigneur, mille ans sont comme un jour…

Et inversement. Ce n’est pas pour nous encourager à la patience, mais pour que nous nous situions d’une manière juste. Ce n’est pas d’abord une question de temps, mais de vivre dès maintenant dans la grâce du Seigneur. Ce monde passera avec toutes ces merveilles, le ciel, la terre, avec tous nos désirs, nos projets, nos réalisations, et il reste le cœur.
Cette marche pour conquérir la paix en toute situation, tels que le firent les Saints comme Saint François, qui rappelle ce qu’est la joie parfaite : non pas de vivre avec succès toutes les choses que nous désirons – être accueilli par ses frères, réussir ses prédications et que tout le monde se convertisse, chasser les démons avec efficacité, être dans les plus beaux postes de l’université, les bonnes places pour influer sur l’Eglise… (voici les 3 exemples qu’il prend au sujet de la joie parfaite). Non. C’est dans toutes les situations, et spécialement les situations les plus contradictoires, qu’il faut garder la paix, car le Seigneur vient, Il donne Sa grâce, parce qu’Il marche avec nous.

Evidemment, dans d’autres lieux de l’écriture, il y a aussi cette même plainte, dans l’Apocalypse, par exemple, avec les Saints qui crient : « jusqu’à quand, Seigneur ? jusqu’à quand serons-nous martyrs, humiliés, mis de côté, moqués ? ».
Et la réponse est la même qu’ici : jusqu’à ce que le nombre des Saints soit complet. Jusqu’à ce que notre travail, notre évangélisation, et par l’action de l’Esprit Saint, tous puissent venir et rentrer dans le bercail du Seigneur.

Ce bercail qui nous était annoncé dans le livre de la consolation, dans la deuxième partie du prophète Isaïe qui après ce temps d’exil, annonce que toutes les souffrances endurées sont accomplies, que tout est remis et que le Seigneur sera comme dans l’Alliance évoquée dans Ezéchiel : Il sera votre Dieu, vous serez Son peuple, et Il vous guidera comme Ses brebis.

En ce deuxième dimanche de l’Avent, nous faisons un nouveau pas. Et ce dont il s’agit maintenant, c’est de préparer le chemin du Seigneur. Il nous faut le préparer, comme Jean-Baptiste y invite en baptisant dans le Jourdain pour le pardon des péchés, avec cette prédication qui est la même que Jésus :

Convertissez-vous, repentez-vous, tournez-vous vers le Seigneur !

Commencez à appliquer concrètement la Loi du Royaume, la loi que le Seigneur nous donne¸ cet enseignement que l’on appelle le sermon sur la montagne, qui nous plante dans cet amour de Dieu, qui nous le communique et nous l’enseigne pour qu’il se monte, petit à petit, dans nos vies.

Et voilà donc cette voix qui crie dans le désert : c’est pour préparer la voie et le chemin dans le concret de notre vie, pour rentrer et apprendre à conquérir la paix. Cette paix n’est pas de notre fait, qui est la paix du Seigneur, comme Lui la donne, pas cette paix de compromis, comme on pourrait l’avoir dans le monde, mais la paix profonde du cœur, et cette joie. Nous y serons entraînés dimanche prochain dans ce gaudete, dans « Réjouissez-vous », parce que le Seigneur marche avec nous, et Il travaille nos cœurs. Soyons attentifs à ce travail du cœur, sur notre cœur.

Il y a aussi une autre notion, comme un rajout :

Que tout ravin soit comblé, que toute montagne, toute colline soit abaissée.

On peut ainsi voir ce chemin qu’il faut ouvrir dans le désert, ainsi que la fin de l’humiliation du peuple d’Israël à Babylone, car lorsque le roi revenait victorieux d’une bataille, on faisait de grandes allées, des grands chemins pour fêter son retour – l’avènement – dans sa capitale, une arrivée triomphale à la tête de son armée, avec la statue du dieu de Babylone.
Mais, comme Jean-Baptiste nous le rappelle dans ce texte d’évangile, il s’agit surtout de nous parler de notre cœur : ces montagnes à raser, ces vallées à combler, ce sont l’orgueil humain, thème sur lequel Isaïe est tellement insistant tout au long de son livre depuis le premier jusqu’au dernier chapitre. La venue de Jésus nous enseignera cette humilité, et Jean-Baptiste lui-même nous l’enseigne vit cette humilité : « Il est plus grand que moi, et Il vient : il faut préparer Sa venue ».

Je ne suis pas digne de défaire ses sandales.

Ce n’est pas par nos propres forces, mais dans la compagnie avec le Seigneur, en s’appuyant sur Sa grâce que nous ferons nos progrès, que nous ferons notre chemin. Et s’il y a des montagnes à raser et des vallées à combler, c’est parce que notre orgueil peut prendre plusieurs formes : il peut être en montagne, comme lorsqu’on se met au dessus de tout le monde, ou être en creux – se penser moins que tout le monde, et refuser toute chose et toute initiative parce que l’on ne peut même pas accepter.
Le pape François insiste au sujet de l’évangélisation : ce n’est pas une histoire de spécialistes, de forts en théologie ou en parole, mais c’est vraiment ce qui est remis à chacun d’entre vous. Cette mission d’évangélisation nous est confiée, comme il est dit dans le texte d’Isaïe :

Monte sur une haute montagne, toi qui portes la bonne nouvelle à Sion,
Toi la messagère de Sion, toi l’évangélisatrice de Sion. Elève la voix avec force, toi qui portes la bonne nouvelle à Jérusalem.

Car, même si nous peinons quelque fois sur le chemin de la conversion, le Seigneur nous a mis – par le baptême - dans le cercle de Ses amis, et compte sur nous pour nous envoyer, et compte sur nous pour annoncer : « le Royaume des Cieux est proche, convertissez-vous ».
Car ce n’est pas simplement une histoire de salut personnel, mais c’est nous avec tout le peuple que le Seigneur attend, car :

Il désire qu’aucun de ces petits ne se perde.

Demandons au Seigneur, demandons aussi l’aide de la Vierge Marie, pour rentrer dans cet esprit du temps de l’Avent : « Préparez le chemin du Seigneur », et devenez Ses amis sur qui Il eu compter, et par qui Son royaume peut passer.
Cette humilité, ce travail, ce n’est pas que nous nous prenons pour quelque chose, mais nous suivons Jean-Baptiste qui montre la voie, c’est lui qui nous met en contact avec le Seigneur.
A notre tour, mettons nos contemporains en contact avec le Seigneur à travers nos œuvres, à travers notre parole, à travers notre témoignage.

Amen !

Références des lectures du jour :

  • Livre d’Isaïe 40,1-5.9-11.
  • Psaume 85(84),9ab-10.11-12.13-14.
  • Deuxième lettre de saint Pierre Apôtre 3,8-14.
  • Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 1,1-8.

Commencement de l’Évangile de Jésus, Christ, le Fils de Dieu.
Il était écrit dans le livre du prophète Isaïe : Voici que j’envoie mon messager devant toi, pour préparer la route.
À travers le désert, une voix crie : Préparez le chemin du Seigneur, aplanissez sa route.
Et Jean le Baptiste parut dans le désert. Il proclamait un baptême de conversion pour le pardon des péchés. Toute la Judée, tout Jérusalem, venait à lui. Tous se faisaient baptiser par lui dans les eaux du Jourdain, en reconnaissant leurs péchés.
Jean était vêtu de poil de chameau, avec une ceinture de cuir autour des reins, et il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage. Il proclamait :
« Voici venir derrière moi celui qui est plus puissant que moi. Je ne suis pas digne de me courber à ses pieds pour défaire la courroie de ses sandales.
Moi, je vous ai baptisés dans l’eau ; lui vous baptisera dans l’Esprit Saint. »

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