Serviteurs de Jésus et de Marie

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La Réconciliation

Conférence de Père Pierre-Marie, dans le cadre des soirées Spi & Spi

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Écrire à l'auteur Père Pierre-Marie 10 mars 2011
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« Quand donc tu présentes à Dieu ton offrande à l’autel, si là tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse là ton offrande, devant l’autel, et va d’abord te réconcilier avec ton frère ; puis reviens, et alors présente ton offrande. »
Matt 5, 23-24.

Écouter la conférence :




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• Le mot réconciliation vient de clarté, clair. C’est amener à la clarté ce qui est dans l’ombre, faire la lumière sur tel ou tel aspect.

• Le pardon est une demande explicite de Jésus dans sa prière vers le Père. L’obligation de la correction fraternelle se rattache l’obligation du pardon telle que la formule la cinquième demande du Pater. Pour le Christianisme, le pardon qui mène à la réconciliation suppose deux caractéristiques principales. Le « déjà » et le « pas encore ».

Réconciliation et pardon. La différence.

• Il suppose que « Le Fils incarné en personne, prince de la paix, a réconcilié tous les hommes avec Dieu par sa croix, rétablissant l’unité de tous en un seul corps » (1) . Déjà la réconciliation est assurée dans le Christ

• La réconciliation entre les hommes qui se fait par des gestes marqués dans le temps n’atteindra sa plénitude que lorsque le Christ mettra tous ses ennemis sous ses pieds et rendra toute chose parfaitement soumises au Père : ut sit Deus omnia in omnibus + (ICo 15, 27-28).
« En posant des gestes concrets de réconciliation les hommes devront se résigner à une sorte de frustration : leurs gestes sont à la fois indispensables (ils rendent possible la vie sociale sous toutes ses formes ) et insuffisants, puisqu’ils apparaissent comme les signes avant coureurs d’un monde à venir. Le Christianisme plaide donc en faveur d’une modes¬tie de la réconciliation, ou, au mieux encore, d’un deuil de l’union parfaite des hommes » (2).

Pardonner ce n’est pas oublier c’est convertir le mal. Ce qui nous séparait maintenant nous unit. Il s’appuie sur le mal pour revendiquer la communion. C’est vivre aussi le mal avec une certaine paix. Le pardon permet de cicatriser la plaie. C’est aussi une béatitude. Bienheureux les miséricordieux.

• C’est aussi porter ensemble la difficulté. C’est illusoire de croire à une vie de famille ou de couple sans difficultés. Croire à une vie où tout irait tout seul. Le couple c’est d’abord l’union de deux pauvres qui malgré leur pauvreté se sont mis en route pour servir la vie.

Apprendre à gérer le conflit. Le passage du réel au virtuel comme fuite. Le conflit est normal. Il faut apprendre à le gérer. Conflit intérieur, avec l’autre avec Dieu. Apprentissage de la différence.

• Le pardon se voit aussi dans le fait de retrouver la confiance. Que l’amour circule à nouveau entre nous.

Dans tout processus de réconciliation il y a la présence de Dieu qui est au début, durant, et après la réconciliation pour venir fortifier ce qui a été blessé. C’est donc le fruit de la prière. C’est demander un amour plus fort que l’offense. Que l’offense ne m’arrête pas dans l’amour que je te porte. Ça c’est divin. Pardonner c’est vouloir continuer à aimer l’autre coûte que coûte.

• On sort d’une crise par le haut en réaffirmant ce qui fait notre unité comme couple et comme famille. En faisant mémoire de l’amour qui nous unit. Je ne peux pas dire que je n’ai pas eu la certitude que c’était toi.

Ce n’est pas parce qu’il a eu blessure soit de ma faute soit de la faute d’un tiers que je peux pas construire ma famille. S’il fallait être indemne de tout pour commencer à construite quelque chose on ne ferait rien. Une des formes de pardon c’est dire qu’au fond ma blessure ne m’empêche pas d’avancer. C’est un signe de résurrection. Elle peut être féconde et même m’ouvrir des voies nouvelles. Une souffrance peut aussi montrer un chemin pour le couple, une fécondité à laquelle il n’avait pas pensé.

• Le mariage est aussi une source de guérison des blessures antérieures. Les enfants aussi peuvent être source de guérison et sont instruments du Seigneur pour nous réconcilier avec notre propre enfance.

• Pour se réconcilier il faut le vouloir. Il y a la partie PSYchologique mais aussi la partie SPIrituelle, l’intelligence et la volonté. Aimer c’est le premier acte de la volonté.

Se réconcilier c’est passer du projet à la promesse. Il faut re-choisir l’autre, même si notre couple n’est pas ce que nous pensions qu’il pourrait être, il y a toujours un deuxième choix à faire.

En savoir plus

(1) Gaudium et Spes no 78.

(2) Jean-Louis Brugès, L’éternité si proche, Cerf, 1995, p. 110

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