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L’Eglise et la contraception

Par Père Pierre-Marie

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Écrire à l'auteur Père Pierre-Marie 8 décembre 2006
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Les fondements de la position de l’Église en matière de contraception sont largement méconnus.
Pourtant, que d’enjeux philosophiques et théologiques sur cette question !

Écoutez la conférence audio :




(Durée totale : 39 minutes)
Note : Cet article vous offre également la possibilité de télécharger le fichier mp3 de l’enseignement (sélectionner « Enregistrer la cible du lien sous… » avec le clic droit.


Résumé de l’enseignement :

Qu’est-ce que l’amour conjugal ?

La contraception entraîne une question de fond : « Humanae Vitae », l’encyclique de Paul VI parue le 25 juillet 1968 et traitant de cette question a été mal reçue car on y rappelle l’importance du lien qu’il y a toujours entre amour conjugal, sexualité et fécondité. Dans ces trois dimensions il y a un lien à Dieu : l’Amour de Dieu par nature est fécond ! Et la fécondité est dans toute notre vie. Dans le cœur de Dieu ces trois aspects en matière conjugale sont liés. La sexualité qui est signe de l’amour est appelée à être ouverte à quelque chose de plus grand qui est l’accueil de la fécondité. La fécondité est lié au bien des époux et se trouve être l’expression de leur amour conjugal. Cet amour est lié à la vie (l’amour est porteur de vie). Il y a un lien indissoluble (humanae vitae n°12) entre ces trois dimensions parce que dans la question de la contraception il y a un très grand enjeu. Ce n’est pas notre subjectivité qui va décider du bien fondé d’un acte ! On nie alors l’existence objective du sens de l’amour conjugal qui ne dépend pas de l’intentionnalité des époux. En cassant le lien entre amour conjugal et fécondité c’est l’amour conjugal finalement qui est atteint…

Paternité et maternité responsable ?

On parle de paternité et maternité responsable en donnant la vie et une vie faite pour Dieu. Le couple est chargé de transmettre le mystère de la personne et communiquer cet Amour de Dieu. Dieu est le Dieu des vivants !

Au-delà de l’intention subjective du couple il y a objectivement le fait que la relation conjugale est faite pour la vie. Il y a des moyens qui respectent la nature de l’acte conjugal et le moyen a une portée morale sur l’acte que l’on pose. Finalité, intention et moyen ; et la fin ne justifie pas les moyens !

C’est un travail de volonté et d’intelligence. Il y a des raisons objectives de ne plus avoir d’enfants : fatigue, grossesses rapprochées, situation financière…

La contraception, en niant le rythme de vie du corps de la femme porte atteinte à la signification de la sexualité. Il y a plusieurs sortes de contraception : mécaniques (retrait, coït interrompu…) et chimiques (spermicide, pilule…) Quant à la méthode naturelle, il nous faut faire attention à l’évaluation morale de l’acte car il peut servir également de méthode contraceptive !

Or le fait de refuser la contraception ne consiste pas à refuser la maîtrise de la fécondité mais est un appel à écouter les moyens que la nature met au service de cette fécondité : ou bien l’Homme fait sa loi ou bien il se met à l’écoute. Au fond, nous n’accueillons pas cette vie, on veut plutôt y mettre notre loi.

Dans la mentalité contraceptive il y a le fait de dire que c’est l’homme qui met la norme (de plus il y a un enjeu économique des moyens contraceptifs !) alors que dans l’accueil du cycle ce n’est pas moi qui met la règle. Jouissance conjugale sans contrainte ?

En 30 ans, nous sommes arrivés à un taux phénoménal de 95% de femmes sous contraceptifs et cela sans faire pour autant diminuer le nombre d’avortements (environ 200.000 en 2003) A travers la libération sexuelle c’est une société nouvelle qui apparaît avec la libre jouissance du corps liée à la fécondité : on veut la jouissance conjugale sans contrainte. De là découle la nécessité de véhiculer une nouvelle vision de l’homme et c’est Paul VI qui est le grand témoin de cette vision de l’homme selon Dieu :

A l’écoute de quelque chose qui ne dépend pas de moi !".

Il y a la perte du sens de la sexualité qui est vue finalement comme un besoin.

L’exercice de la sexualité est passé de l’acte humain à un acte purement biologique or ce n’est pas un besoin mais bien l’expression du don de la personne ; cela a une valeur morale et cette libération sexuelle est une revanche face au puritanisme du XIXe : à la communion à l’autre, je préfère l’autoréalisation. Comme l’enfant qui n’accepte pas la frustration, la limite, l’acte est coupé de sa dimension spirituelle ce qui engendre la perte du sens du corps. La conception même d’un être nouveau est vue comme un acte biologique sans dimension transcendante. Je peux donc l’éliminer. Dans l’union des époux, c’est le vrai bien de la personne qui est en jeu, ainsi que le bien des époux évidemment. Dans la relation (protégée) sous contraception, les époux se sentent menacés par la vie ; or en maîtrisant la vie on la tue ! Il y a une grande différence entre un acte en période inféconde et un acte sous contraceptif. En effet, dans toute relation sexuelle des époux il y a de la part du Seigneur un désir de Vie et toute l’union des époux est faite pour la Vie et non pas seulement quand la femme est féconde. Quand on est à l’écoute de son corps et donc de la nature, on apprend à respecter quelque chose qui ne dépend ni de l’un ni de l’autre (le cycle de la nature) Le lien conjugal est atteint sous contraception : comme on n’apprend pas à être à l’écoute de la nature, cette subjectivité entrera en jeu dans tout le reste. Il faut apprendre à être objectif pour préserver le lien conjugal. Dans l’écoute du corps nous sommes à l’école de la vie matrimoniale.

Voici des statistiques parlantes :

  • 3% de pratique religieuse chez les catholiques
  • 95% de femmes sous contraception
  • 40% de divorces
  • 200.000 avortements

Est-ce que l’homme est Dieu ou bien est-il créature ?

Voilà l’enjeu sur la vision de l’homme : la négation de la fécondité atteint le lien conjugal. Nous sommes dans une société où il nous faut tout contrôler et atteindre le risque zéro : rien ne doit nous échapper. Mais dans la relation conjugale cette mentalité fait que le lien est atteint et entraîne des heurts.

Le respect du cycle de la femme provoque le dialogue matrimonial. Sous mode contraceptif on ne pense plus en fonction de la vie ni en fonction de quelque chose de plus grand en nous ; or nous sommes serviteurs de la vie et non ses maîtres, nous sommes des créatures et non Dieu Créateur ! (Cf. l’eugénisme et volonté de l’homme sur la race pure)

- Sexualité ultra sécuritaire
- Négation de Dieu et de relation au Seigneur
- Atteinte du lien conjugal (difficulté à s’engager ou à rester ensemble)
- Utilisation massive de la contraception…

Je nie ce qui, dans l’homme, est spirituel or si j’accepte cette dimension spirituelle et que ma vie est appelée à l’Eternité, cela provoque un changement de la vision de l’Homme. Nous sommes passeur de vie et non les maîtres. Le cycle de la femme est ouvert à la vie or le corps est perçu comme un adversaire à maîtriser : la vie est alors une menace si elle n’est pas prévue.

Quel est le frein mis au désir sexuel ?

Il n’y en a plus sous contraceptif. Or c’est le cycle qui aide les époux à se régler ensemble. La contraception est une manière de concevoir l’homme. Il y a une culture de vie : j’accepte qu’il y ait des choses qui m’échappent, je suis serviteur, à l’écoute, j’accueille l’imprévu ; et une culture de mort où c’est l’homme qui maîtrise tout et donc c’est la négation de Dieu et de notre fragilité, perte du sens de la relation conjugale. Le lien conjugal est attaqué parce que subjectif et souvent la contraception est une libération de l’homme : « mon désir contre ton désir » ! Et pourtant la relation conjugale est appelée à « rendre visible ce qui est invisible » !

Le Curé d’Ars disait :

L’homme est un pauvre qui doit tout demander à Dieu".

Derrière les actes il y a un enjeu et dans cet enjeu il y a une vision de l’homme et si c’est l’homme le maître absolu alors le risque est grand (cela peut être très dangereux) Le cycle féminin régule les époux ; parallèlement, le religieux, lui obéit à une règle de vie qu’il n’a pas faite mais qu’il respecte, à laquelle il adhère. La vie chrétienne nous appelle à la croissance :

Je vous ai choisi pour que vous ayez la vie et la vie en plénitude"

Accepter, accueillir l’imprévu, tout ce qui a à voir avec la personne humaine ; or pour beaucoup c’est le matériel qui compte parce que je le domine.

Il n’y a que Dieu qui peut combler tous les désirs et on revient à cette dimension de l’amour conjugal par la prière

Le sacerdoce de la femme c’est la Vie Pensons à Marie attendant Jésus… C’était une grossesse non prévue et Elle a dit OUI !

Le « OUI » ouvre des portes alors que le « NON » en ferme !!!

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