Serviteurs de Jésus et de Marie

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Le mariage, une école d’amour (audio)

Par Père Pierre-Marie

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Écrire à l'auteur Père Pierre-Marie Écrire à l'auteur Père Éric 23 janvier 2009
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Dans le mariage, l’amour part de zéro pour grandir de plus en plus alors que trop souvent on pense ou on vit le contraire.
Le mariage nous apprend à aimer l’autre ; c’est une vraie école où il y a un choix à faire, une décision à prendre.


Écoutez la conférence audio en deux parties :




(Durée totale : 105 minutes)
Note : Cet article vous offre également la possibilité de télécharger le fichier mp3 de l’enseignement (sélectionner « Enregistrer la cible du lien sous… » avec le clic droit.

Résumé de l’enseignement :

I. Echange des consentements

L’amour matrimonial s’enracine dans les consentements. Dans ce mot se trouve le mot « science » voir même « connaissance ». L’amour et la connaissance vont de pair et l’amour s’enracine donc dans des raisons objectives, différentes de la logique émotionnelle affective. Il y a un vrai « oui » à donner qui fait appel à notre intelligence et qui n’a pas de prise sur notre affectivité alors qu’elle en a sûrement sur notre intelligence. Il y a une détermination mutuelle : on fait le choix l’un de l’autre. L’amour se construit dans la volonté, dans la décision que l’on prend.
Une stabilité dans le couple a toutes les chances de perdurer quand il y a des raisons. Or la vie commune s’use et il faut apprendre à traverser les crises ! En effet, ce qui séduit au début, peut déranger ensuite.

Voyons les deux formules consacrées à l’échange des consentements :

Première formule

- « Veux-tu ? »
Il y a une volonté en plus de l’affectivité.
Est-ce que l’on veut que cela marche ? Personne ne peut vouloir à notre place ; même pas Dieu ! L’amour a son siège dans la volonté : « veux-tu, es-tu déterminé à choisir l’autre ? » Et cet amour demande l’amitié, qui réclame elle-même une réciprocité et donc une réponse.

- « Librement et sans contrainte »
Cette formule n’est pas « juste » pour les couples qui vivent ensemble avant le mariage car la liberté, dans ce cas-là, a déjà été engagée. D’autre part, le consentement est déjà en germe dans les étapes mutuelles qui précèdent le mariage (repas familial…) Cette formule demande une vraie réflexion et une vraie connaissance de l’autre : il ne faut pas brûler les étapes qui risquent de fragiliser l’amour.

- « Je te reçois »
C’est accueillir l’histoire de l’autre, son corps, sa vie, sa famille, sa santé, sa maladie… Il faut renoncer à une relation comblante : on attend trop de l’autre alors que l’autre ne peut donner que ce qu’il a, ce qu’il est et ce n’est pas juste de lui en demander plus !
Il n’y a que Dieu qui peut nous combler dans le face à face. Il faut accepter qu’ici-bas il y ait des manques et on ne doit pas mettre l’autre dans la position de Dieu et donc ne pas en faire une idole ; je risque de mettre l’autre dans une situation de culpabilité car il ne peut pas me combler ; cela fait partie d’une maturité.

- « Je me donne »
Ce n’est pas restrictif, c’est bien le don de toute la personne ! On y trouve une logique de respiration : à la fois je me donne et je reçois l’autre. Il y a accueil du don de l’autre, accueil de ce que je n’ai pas encore accueilli.

Dans le don, il y a trois temps :
- accueil du don de l’autre
- l’appropriation
- je donne dans le silence et la prière.
Un adulte donne ce qu’il a reçu pendant son enfance. Il faut un équilibre entre « je te reçois » et « je me donne à toi ». A travers le lien conjugal, les enfants vont pouvoir grandir. Ils verront que ce n’est pas forcément l’idéal mais l’amour est là.
C’est bon d’être renouvelé dans ce don de l’un à l’autre car le quotidien peut raidir le cœur ; il est nécessaire de se remettre ensemble face au Seigneur car la communion se fait par le haut devant Dieu. Le Chrétien célèbre sa vie devant Dieu : rendre grâce et demander pardon à chaque anniversaire !

- « Aimer fidèlement »
Il s’agit de ne pas aller voir ailleurs évidemment mais ce n’est pas tout. On y trouve une dimension dynamique et non passive : une fidélité en mouvement qui consiste à s’engager dans une logique de mouvement, de don plus grand : « qu’est-ce que je pourrai encore donner à l’autre qu’il n’a pas encore reçu ? »

- « Fidélité tout au long de notre vie »
Le mariage est un acte de confiance. Grandir dans l’amour, c’est grandir dans la confiance : je m’abandonne. L’homme moderne n’accepte aucune norme que lui-même et entre alors dans une logique sécuritaire et un repli sur soi.

- Tout au long de notre vie
C’est le choix de la confiance ! Et la confiance se construit dans la prière ; l’accueil de la vie est un acte de confiance ; faire confiance dans les épreuves.
La stabilité de l’amour des époux consolide les enfants.
La vie demande une confiance. Jean Paul II disait :

Moi j’ai choisi de faire confiance"

.

Deuxième formule


- « Dans le bonheur »
Attention au bonheur au détriment du lien conjugal, à savoir un bonheur égoïste ; attention aussi à l’épanouissement personnel avant l’épanouissement du couple. C’est un bonheur à deux ! On se fait l’un à l’autre ; on n’est pas fait l’un pour l’autre… Une relation se construit.

- « Ou dans les épreuves »
« Je te reçois » en laissant aussi la porte ouverte à l’épreuve. Je ne peux pas exclure la souffrance !
En effet, celui qui exclue la souffrance, exclue aussi la vie…
Jean Paul II : « L’épreuve qui vérifie la qualité de votre foi » ; c’est être prêt à accueillir l’épreuve, et donc la réalité, dans une disposition spirituelle.
L’épreuve manifeste à l’extérieur ce que l’on porte à l’intérieur ; l’épreuve est un révélateur qui souligne une difficulté déjà existante dans la relation. Finalement, l’épreuve renforce le lien matrimonial, ce lien qui existe entre amour, don des corps et fécondité. Il ne faut pas demander à être préservé de l’épreuve ; Dieu lui-même n’a pas épargné son propre fils et ce n’est pas un service à rendre aux enfants que de les préserver de l’épreuve car cette épreuve construit la personne.
Par contre nous devons nous soutenir l’un l’autre dans l’épreuve et il faut le dire. Epreuve sur les finances (matériel), épreuve de culpabilité ; soutenir n’est pas accuser ; soutenir demande de l’humilité, de la confiance, de l’abandon. Il est bon de reprendre cet échange des consentements car le sacrement est un signe visible d’une chose invisible et renvoie donc à quelqu’un de plus grand que nous ! Alors nous affirmons la présence d’un autre dans notre vie. L’amour sans condition est un don de Dieu qui demande une vie de prière.

Que fait-on avec ce que l’on n’a pas choisi ?
On le re-choisit en l’accueillant ! Il y a un « OUI » à redire

Quels sont les obstacles à l’Amour ?

On les trouve sous trois formes :
- orgueil de la chair
- orgueil des richesses
- orgueil de l’esprit
Ils sont tous les trois des obstacles à la relation et qui sont également les trois concupiscences, conséquences en nous du péché originel.
Nous pouvons facilement faire le lien avec les tentations de Jésus (Matthieu 4, 1-11) :
- quand Il est conduit au désert (pain = chair)
- le royaume = les richesses
- prosterne-toi = l’esprit

Faisons le parallèle dans la vie matrimoniale :
- la chair : vie sexuelle vécue comme une domination et non comme un don de soi ; la nourriture ou l’alcool jugés primordiaux.
Le Seigneur nous appelle à être libre lui qui a vaincu toute tentation ;
- les richesses : aspect matériel de la vie matrimoniale avec sa dépendance à l’argent ; la dépendance du matériel…
- l’esprit : vouloir emmener l’autre là où l’on veut ; avoir le dernier mot ; ne jamais accepter d’avoir tort ; se sentir supérieur ; juger…

Choisir d’aimer est un combat spirituel ; il faut prendre les armes spirituelles du combat que sont la prière, l’accompagnement spirituel, la formation, l’Eucharistie, la confession. Le mariage est l’union de deux pauvres qui se mettent à l’écoute du Seigneur sans avoir rien à démontrer à l’autre ; il faut être sûr de l’amour qui existe de l’un pour l’autre, mutuellement. Le mariage est une école ; nous sommes à une école où nous sommes en train d’apprendre et c’est Jésus qui nous enseigne par sa vie ! La contemplation de la vie de Jésus nous aide :

Qui regarde vers lui resplendira"

(psaume)

Absence de Dieu ?

Dieu s’engage avec le couple !
« Nous te demandons la grâce de nous aimer davantage ».
Il ne faut pas se décourager ; le mariage est une école d’humilité et l’humilité rend tout possible.
Dans une grande pauvreté intérieure c’est bon de dialoguer.
En général, la femme cherche et travaille la qualité de la relation.

II. Le dialogue dans le couple

Les préliminaires :

  • Finalité du dialogue = communion, unité ;
    choix du texte du mariage : « qu’ils soient un » mais lequel des deux ? Ni fusion , ni unanimité. Dialogue en grec = logos soit « parole ». Etre « un » en restant « deux ». Et la finalité n’est pas forcément « être efficace ».
  • Liberté = respecter la liberté de l’autre même s’il ne veut pas dialoguer ;
    on peut éclairer l’autre tout en le laissant libre : éclairer l’intelligence sans demander l’efficacité. Mais le dialogue c’est aussi chercher des raisons quand l’autre ne veut pas dialoguer (réticences du dialogue) Eclairer le climat !
  • Volonté : il faut vouloir le dialogue.

Il y a trois caractéristiques au coup de foudre :
- Pas de volonté (instinctif)
- pas d’effort
- on pense avoir atteint le sommet donc on n’a plus rien à construire ; on pense être déjà au 7e ciel.
L’amour ne se limite pas aux sentiments et à l’inverse on peut poser des actes d’amour sans ressentir de sentiments.

Parallèle avec la messe

Le cardinal Daneels écrit dans un article sur la messe :

L’eucharistie est le chemin de l’amour".

En St Jean (13, 1-20) c’est le lavement des pieds qui manifeste l’amour.

Au cours de la Messe, nous vivons cinq étapes dont la 4e est la communion, les trois premières étapes préparant à cette communion. (ce sont les étapes du dialogue)

1- introduction : salutation du prêtre, acte pénitentiel et gloria
2- parole
3- liturgie eucharistique, offertoire, sacrifice de Jésus
4- communion en communion avec Jésus
5- envoi (le fruit de la communion)

1. Introduction :
C’est la première partie de la Messe qui nous prépare à l’écoute, nous dispose à une écoute pour nous exprimer ensuite. Les lieux sont plus ou moins propices pour prier ; il est certain que l’environnement aide : l’architecture, les chants, la beauté de la liturgie.
En couple, le choix d’un lieu pour pouvoir dialoguer est important. Il est nécessaire de provoquer des circonstances pour parler : sans enfants, dans un climat de tendresse, une disponibilité et des lieux…
Se donner le temps de dialoguer comme prendre le temps d’aller à la Messe. « Salutation » : le père Cafarel dit « mettre le pilote automatique » : vouloir être là, rencontrer l’autre.
« La paix soit avec vous » : se mettre sous le regard de Dieu, laisser tomber les peurs, éviter d’éviter le dialogue.
« Demande de pardon » : reconnaître son péché, ne pas se mettre dans le statut de victime, ne pas commencer en accusant l’autre mais reconnaître son imperfection, chacun est aussi vulnérable. Se mettre dans une attitude d’humilité.
« Gloria » : ouvrir les yeux sur les qualités de l’autre : chercher par exemple dix qualités de son époux et s’émerveiller devant l’autre, lui dire ses qualités, ne pas voir que ce qui est difficile. Tout cela prépare au dialogue et prépare à recevoir la parole.

2. La Parole : c’est le dialogue.
Deux parties : sentiment (ce que l’on ressent) et pensée (se que l’on pense).
Dans le dialogue il faut exprimer ce qu’on ressent ; c’est plus facile pour les femmes, les hommes étant plus pudiques.
Les sentiments ne sont ni bons ni mauvais, les sentiments expriment quelque chose ; c’est bon de les connaître, de les analyser et de ne pas toujours suivre ce que dit le sentiment.
Le « Tu » tue : (« tu » es blessant…)
Il y a des étapes pour faire un reproche : dire son problème, dire en quoi le comportement s’est répercuté sur moi. Exposer les conséquences sur moi. Et spécifier les comportements : propositions, l’attente de son désir. C’est important de dire ce que je ressens. Pour exprimer les sentiments il faut une écoute, une présence, il faut être disponible à l’écoute, sans faire autre chose ; il faut écouter jusqu’au bout sans se justifier tout de suite. Dans un dialogue, ensemble, on cherche la vérité ; il n’y a pas deux camps : ce n’est pas l’un contre l’autre mais l’un « tout contre » l’autre. Etre écouté ne veut pas dire être suivi ; écouter n’est pas adopter l’opinion de l’autre !

3. La liturgie eucharistique :
C’est le prolongement du dialogue. Un acte, un contact, un don. Il ne faut pas court-circuiter la parole pour passer directement à l’acte. La parole, dans le mariage, vient avant le don des corps. La parole donne sens aux gestes posés !
Dans l’Eucharistie c’est la partie « parole » qui change et non la « liturgie eucharistique » ; en effet, la parole aide au don ; le don est identique mais la parole change.
Dans le couple on exprime les actes par la tendresse. Don bosco : « Il ne suffit pas d’aimer mais de montrer par des actes que je l’aime ». Exprimer les sentiments.

4. La communion
Les actes concrets pour montrer l’amour : dans St Jean c’est le lavement des pieds et dans l’Eucharistie, c’est le sacrifice sur la croix ; il faut être disposé pour le sacrifice.
Il est indispensable de prendre conscience, quand on demande quelque chose à son conjoint, de bien lui laisser sa pleine liberté ; cela signifie entre autre de ne pas demander à la dernière minute, ne pas le culpabiliser…
En cas de conflit, donner sa vie ce n’est pas s’écraser ; Jésus donne sa vie mais ne s’écrase pas ; c’est un acte de volonté. Les joies sont à la mesure du sacrifice. L’amour s’exprime dans ce à quoi je suis capable de renoncer pour l’autre.
Dans le dialogue il faut atteindre la communion ; c’est différent d’une bataille, il n’y a pas qu’un gagnant. Mais on doit toujours trouver une solution ; le dialogue dans les idées engage une confrontation ; à la fin, on aboutit à une période d’apaisement.

5. l’envoi
La communion permet de rayonner à l’extérieur ; le dialogue du couple permet la stabilité des enfants.

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En savoir plus

Quelques livres pour aller plus loin :

- Abbé GROSJEAN, Aimer en vérité (Ed. Artège)
- Père Michel-Marie ZANOTTI-SORKINE, L’Amour : Une affaire sacrée, une sacrée affaire (Ed. du Rocher)
- Père Denis SONET, Conseils aux couples qui s’aiment… ou qui peinent (Ed. Droguet & Ardant - EDIFA)
- Père Denis SONET, Bonnes nouvelles pour l’amour (Ed. Droguet & Ardant)
- Gary CHAPMAN, Couple et Complices (Ed. Farel)
- Alphonse d’HEILLY, Aimer en actes et en vérité (Ed. Saint Paul/CLER)
- Georgette BLAQUIÈRE, Oser vivre l’Amour (Ed. des Béatitudes)

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