Serviteurs de Jésus et de Marie

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Le couple, chemin de sainteté

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Ce couple d’amoureux qui désire se marier à l’église a-t-il conscience qu’il est appelé à la sainteté en recevant le sacrement du mariage ?
« La sainteté ce n’est pas pour nous » diront-ils peut-être
Mais est-ce si sûr ?
Car nous sommes loin de la conception selon laquelle la seule voie de sainteté est le célibat consacré et le couple un pis-aller pour ceux « qui ne peuvent pas faire mieux »
En béatifiant en 2001 et 2008 deux couples, les papes Jean-Paul II et Benoît XVI ont réaffirmé avec force que le mariage est chemin de sainteté



Père saint, tu as créé l’homme et la femme pour qu’ils forment ensemble ton Image dans l’unité de la chair et du cœur, et accomplissent ainsi leur mission dans le monde. Que ces nouveaux époux soient unis dans un même amour et avancent vers une même sainteté." Extrait de la bénédiction nuptiale.

La sainteté, qu’est-ce que c’est ?

Il faut, tout de suite, rappeler qu’un saint n’est pas quelqu’un de parfait !
La perfection est impossible pour l’homme et Dieu ne nous demande pas d’atteindre des buts qui nous sont inaccessibles. Mais alors qu’est ce qu’un saint ?

La sainteté, c’est tout attendre de Dieu. Il ne s’agit pas tant de chercher à être des témoins par l’exercice d’une vie morale sans faille que de laisser Dieu vivre en nous et changer nos coeurs.
Un saint est quelqu’un qui essaie, d’un cœur sincère, d’aimer Dieu et de répandre son Amour parmi les hommes, de témoigner de la présence aimante et consolatrice du Seigneur.
C’est dans l’amour que des hommes et des femmes mettent dans les actions les plus anodines que l’on peut percevoir leur sainteté.

Cependant, le meilleur exemple de sainteté est et sera toujours celui du Christ. C’est donc en le suivant que l’on devient saint.

Le sacrement du mariage

Le sacrement du mariage signifie l’union du Christ et de l’Église. Il donne aux époux la grâce de s’aimer de l’amour dont le Christ a aimé son Église ; la grâce du sacrement perfectionne ainsi l’amour humain des époux, affermit leur unité indissoluble et les sanctifie sur le chemin de la vie éternelle." (Catéchisme de l’Église catholique)

L’essentiel du sacrement de mariage est l’échange des consentements : le double « oui » que les fiancés s’offrent pour la vie.
Un sacrement est le signe visible d’une réalité invisible. Ainsi les fiancés offrent-ils le signe visible de leur amour afin que celui-ci devienne image de l’amour du Christ pour son Eglise (cet amour est infini et ne sera jamais repris).

L’Eglise garantit, par le sacrement du mariage, la présence du Christ au coeur même du couple.
Cette présence du Christ est une présence de joie, de paix et de réconciliation, là où la relation d’amour amène d’inévitables blessures. N’oublions pas que le mariage est l’union de deux êtres blessés.

Le Christ est présent, aussi bien dans la vie publique du couple, ses relations aux autres, que dans sa vie la plus intime, si toutefois le couple lui laisse de la place ! Le sacrement de mariage ne s’use que si l’on ne s’en sert pas !

La sainteté du couple

Un couple qui accepte de faire de son foyer une « petite Église » devient un reflet unique du visage de Dieu : la fidélité, le don généreux de la vie, l’hospitalité, l’ouverture aux autres malgré les soucis de toutes sortes, l’esprit de louange et de joie, même dans les épreuves, la fidélité à l’alliance, au coeur des difficultés conjugales, la persévérance dans le don de soi, la sobriété de vie, l’accueil du pauvre, etc.
N’est-ce pas là, nous venons de le voir, le sens premier du sacrement de mariage ?
Un amour humain qui devient, grâce aux dons de Dieu, signe de l’Amour de Dieu pour les hommes.

Vivre à deux, est un véritable laboratoire de vie évangélique.
« Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés », lit-on dans l’évangile de Jean.
Ce texte est fréquemment lu dans les célébrations de mariage. Et pour cause ! Un couple se constitue et se construit petit à petit, au fil des événements de la vie.
À mesure que l’intimité grandit, l’euphorie des débuts se voit passée au crible de la confrontation des conjoints à leurs limites et leurs vulnérabilités. Sauront-ils apprendre à s’aimer et à s’accueillir réellement, une fois que l’image idéalisée qu’ils se font l’un de l’autre s’effrite en contact avec la réalité ?
Il n’est pas facile d’aimer une personne dont on connaît les défauts, les manies, les faiblesses. Il n’est pas évident de se laisser regarder sans fard et de se croire tout de même aimé(e) de l’autre.
Pour apprendre à s’aimer comme le Christ nous aime, les conjoints sont constamment interpellés à se dépasser. Autrement dit, le simple fait de chercher à s’aimer de manière pleine et authentique met les couples en mouvement, en cheminement.

Les défis propres à la vie conjugale constituent une incitation concrète à une croissance spirituelle incarnée.
C’est une invitation qui se dissimule discrètement à l’intérieur d’événements anodins qui surviennent sans avoir été programmés.
Contrairement aux temps de prière ou d’ascèse que l’on décide de se donner et que l’on met à l’agenda, les temps forts de croissance spirituelle dans la vie conjugale surgissent plus spontanément. Il importe donc en premier lieu de s’y rendre attentif et disponible.
Combien d’occasions de croissance inexploitées, par simple manque de vigilance !

C’est au rythme imprévisible du quotidien partagé que les couples peuvent vivre l’évangile et accéder pas à pas à une plus grande qualité d’amour, une plus grande qualité d’être, bref à la sainteté.

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