Homélie de la cérémonie d’oblature de Bernard

16 janvier 2018

Écouter l’homélie

En ce dimanche de la fête de la Congrégation, les frères ont célébré l’engagement définitif dans l’oblature de Bernard Fritsch, au Prieuré d’Ottmarsheim.
Voici un retour sur cette joyeuse cérémonie avec l’homélie et quelques photos.


Texte de l’homélie :

En accueillant chez lui la Vierge Marie, Saint Joseph participe à l’œuvre du salut. Il prend toute sa place dans l’histoire de la Rédemption. Il devient le gardien de la sainte famille, c’est-à-dire le protecteur humain du Fils de Dieu fait chair et de sa Mère immaculée.
Face à un tel mystère, face à une telle mission, il pourrait disparaître sous terre, se cacher, s’estimer indigne ou incapable, être écrasé par la disproportion entre ses propres forces, ses capacités humaines, et ce qui lui est demandé.
Le secret de l’audace, du courage, de la persévérance, de la fidélité de saint Joseph, nous devons le chercher dans sa proximité avec Marie, avec son Cœur immaculé. Il s’est mis totalement à l’école de la Mère de Dieu, pour accomplir en communion avec elle la volonté de Dieu.

On pourrait dire que cette vocation de Saint Joseph est celle de tous les hommes, de tous les baptisés, de tous les chrétiens : nous mettre à l’école de Marie pour accomplir la volonté du Père avec empressement et générosité.
C’est l’exemple que nous a laissé la Père Lamy dans sa vie toute donnée pour le bien des âmes, pour le salut de ceux qui lui étaient confiés, spécialement des jeunes. C’est pour cela, pour répondre à cet appel, qu’il a fondé la congrégation des Serviteurs de Jésus et de Marie ; c’est aussi l’exemple que nous ont laissés ceux qui ont rejoint cette petite famille religieuse en ses commencements, et qui, surtout, sont restés fidèles, persévérants, travaillant de toutes leurs forces à leur propre sanctification et au salut de leurs frères.

En nous mettant à l’école de Marie, nous savons que nous allons devoir affronter bien des obstacles, à commencer par le péché et la mort qui ont été introduits dans la condition humaine par le péché de nos premiers parents, c’est ce qu’enseigne saint Paul dans la lettre aux Romains.
Nous assistons encore aujourd’hui à cette présence inquiétante et mystérieuse de la violence, de l’injustice, de l’impureté en nous et autour de nous. La grâce du Christ vient livrer en nous un combat, cette grâce que nous avons reçu au jour de notre baptême, et qui doit triompher pour peu que nous ne fassions pas obstacle à son œuvre en nous.
Et justement Marie nous donne le plus parfait exemple d’une coopération pleine et entière à l’œuvre de la grâce en elle. D’une façon comparable, Saint Joseph a aussi consacré toutes ses ressources humaines, naturelles et spirituelles à coopérer à l’œuvre de salut, nous donnant ainsi le parfait exemple d’un authentique serviteur de Jésus et de Marie.

La vie chrétienne est donc un combat et nous savons que notre propre obéissance à la loi du Seigneur, la recherche de sa grâce et de son secours dans la prière, l’accueil de sa présence dans la célébration des sacrements, le désir de l’annoncer et de le communiquer, tout cela accomplit et réalise la justice véritable, celle qui jaillit des deux cœurs unis de Jésus et de Marie.

Aujourd’hui Bernard va faire ses engagements définitifs comme oblat régulier dans notre famille religieuse. Lui aussi a ressenti cet appel de se mettre au service du Christ et de sa Mère, de participer, à sa place dans l’Église, à la mission de salut de notre Dieu et Sauveur.
Cette décision a été longuement murie puisque cela fait des années que Bernard vit parmi nous, participant à notre vie de prière, à notre mission, spécialement auprès des malades et nous faisant profiter de ses nombreux talents. Par son engagement, il entre dans notre famille spirituelle et missionnaire.
Comme chacun d’entre nous, il a besoin d’un soutien fraternel pour pouvoir mener à bien le combat spirituel à la suite du Christ et il a ressenti l’appel de se mettre à l’école de Marie, notre Mère et notre éducatrice dans la foi.

L’engagement d’un baptisé est toujours une grâce. C’est l’occasion pour chacun d’entre nous de renouveler ses propres engagements, que ce soit dans la vie consacrée, dans le ministère sacerdotal, dans le mariage. Plus fondamentalement encore, plus radicalement, il y a la fidélité à l’engagement de notre baptême, car c’est là le principe même de notre vie chrétienne et l’origine de notre appel commun à être des saints.
Le pape Pie XI disait :

« Même pour le pape, le jour le plus grand de sa vie, ce n’est ni le jour de son élection comme successeur de Pierre, ni le moment de sa consécration épiscopale ou de son ordination sacerdotale.
Non, le jour le plus important de toute sa vie, c’est le jour de son baptême ! »

La Vierge Marie n’était ni pape ni évêque, elle n’a pas pris place dans le collège des apôtres, nous ne la voyons pas participer visiblement à la mission des disciples de son Fils, et pourtant les actes des apôtres nous la montre présente au milieu de l’Église en fondation, attendant la venue du Saint-Esprit que Jésus a promis le jour de l’Ascension.
C’est Elle, c’est son cœur maternel, qui nous apprend à vivre vraiment les exigences et les beautés de notre consécration baptismale et de notre mission de disciple de Jésus-Christ.
Voilà pourquoi elle est au cœur de la mission de l’Église. Elle nous montre ce que l’amour de Dieu peut réaliser lorsqu’une liberté humaine se livre et se consacre totalement à lui, dans un don sans retour et sans regard en arrière.

Amen !

Oblature de Bernard {JPEG} Oblature de Bernard {JPEG}
Oblature de Bernard {JPEG}
Oblature de Bernard {JPEG}
Oblature de Bernard {JPEG}
Oblature de Bernard {JPEG}
Oblature de Bernard {JPEG}
Oblature de Bernard {JPEG}
Oblature de Bernard {JPEG}
Oblature de Bernard {JPEG}