Jésus, Judas et Jean (Jn, 13, 21-38)

Méditation du 7 avril - Saint Jean-Baptiste de la Salle, prêtre et fondateur

Jésus s’est donné à ses disciples à travers ces trois années partagées : sur les routes, durant les repas, au long des nuits. Il s’est donné à eux à travers une affectivité humaine, en les éduquant aussi. Il les appelle « ses amis ».


Au départ, Judas n’est pas un ennemi, sinon il n’y aurait pas trahison, il n’y aurait pas ce « bouleversement » douloureux du Christ. Cette trahison, c’est le fruit d’une amitié repoussée, la proximité vécue avec ses disciples instrumentalisée. Cette douleur est si forte qu’elle est annoncée dans l’Écriture :

« Celui qui partageait mon pain a levé contre moi le talon. »

Qu’en tirer ? veiller à la fidélité dans nos liens. Combien d’indifférences peuvent être prises comme des trahisons… Soutenir aussi ceux qui ont connu ces trahisons, souvent broyés : pensons à toutes les familles séparées : conjoint, enfants se sentent trahis…

trahison Judas Mais il y a Jean aussi… celui que Jésus aimait. Qu’est-ce que cela veut dire ? N’aimait-il pas ses autres disciples ? Si, évidemment. Mais ce lien privilégié manifeste que le Christ veut établir avec chacun une amitié personnelle. Nous sommes tous Jean… Et pour Jean ne nous y trompons pas : « appuyé contre Jésus » est-il dit. Ce n’est pas exact. Littéralement, il reposait « dans le sein de Jésus », comme Jésus lui-même « est dans le sein du Père » comme dit le prologue.
C’est la même expression, ce n’est pas un hasard. Le lien privilégié entre Jean et Jésus permet au disciple l’accès au cœur du Père. Jean est nommé le « théologien », il ne s’arrête pas à l’humain.

Ainsi de nos affections : qu’elles soient conjugales, familiales, amicales… loin d’être repliées sur elles-mêmes, qu’elles soient toujours ouvertes sur le mystère de Dieu, qu’elles nous y mènent.

Homélie du mardi 7 avril 2020 - Semaine Sainte Année A - Père Maximilien-Marie

Références des lectures du jour :

  • Livre d’Isaïe 49,1-6.
  • Psaume 71(70),1-2.3.5a.6.15ab.17.
  • Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 13,21-33.36-38 :

En ce temps-là, au cours du repas que Jésus prenait avec ses disciples, il fut bouleversé en son esprit, et il rendit ce témoignage : « Amen, amen, je vous le dis : l’un de vous me livrera. »
Les disciples se regardaient les uns les autres avec embarras, ne sachant pas de qui Jésus parlait.
Il y avait à table, appuyé contre Jésus, l’un de ses disciples, celui que Jésus aimait.
Simon-Pierre lui fait signe de demander à Jésus de qui il veut parler.
Le disciple se penche donc sur la poitrine de Jésus et lui dit :
— « Seigneur, qui est-ce ? »
Jésus lui répond :
— « C’est celui à qui je donnerai la bouchée que je vais tremper dans le plat. »
Il trempe la bouchée, et la donne à Judas, fils de Simon l’Iscariote.
Et, quand Judas eut pris la bouchée, Satan entra en lui. Jésus lui dit alors : « Ce que tu fais, fais-le vite. »
Mais aucun des convives ne comprit pourquoi il lui avait dit cela. Comme Judas tenait la bourse commune, certains pensèrent que Jésus voulait lui dire d’acheter ce qu’il fallait pour la fête, ou de donner quelque chose aux pauvres.
Judas prit donc la bouchée, et sortit aussitôt. Or il faisait nuit.
Quand il fut sorti, Jésus déclara : « Maintenant le Fils de l’homme est glorifié, et Dieu est glorifié en lui. Si Dieu est glorifié en lui, Dieu aussi le glorifiera ; et il le glorifiera bientôt.
Petits enfants, c’est pour peu de temps encore que je suis avec vous. Vous me chercherez, et, comme je l’ai dit aux Juifs : “Là où je vais, vous ne pouvez pas aller”, je vous le dis maintenant à vous aussi. »
Simon-Pierre lui dit :
— « Seigneur, où vas-tu ? »
Jésus lui répondit :
— « Là où je vais, tu ne peux pas me suivre maintenant ; tu me suivras plus tard. »
Pierre lui dit :
— « Seigneur, pourquoi ne puis-je pas te suivre à présent ? Je donnerai ma vie pour toi ! »
Jésus réplique :
— « Tu donneras ta vie pour moi ? Amen, amen, je te le dis : le coq ne chantera pas avant que tu m’aies renié trois fois. »