Homélie de la Vigile pascale

21 avril 2017

« Il est ressuscité et il vous précède en Galilée »

Écouter l’homélie

Texte de l’homélie :

Frères et sœurs bien-aimés, nous nous rappelons de cette parole de Saint-Paul :

Si le Christ n’est pas ressuscité d’entre les morts, veine est notre foi.

Cette parole résume tout le mystère chrétien et la célébration que nous vivons.
C’est bien la résurrection de Jésus, le fait que le Christ ai traversé la mort qui rend possible nos célébrations, leur donne un sens, mais pas seulement.

Ce lieu, l’abbaye d’Ourscamp, aussi est tout empreint de la résurrection du Seigneur. On voit bien dans les époques où, en France et singulièrement à la Révolution française, la foi a été battu en brèche, comme des lieux comme celui-ci, notre abbatiale et d’autres lieux aussi en France, ont été détruits.
Les gens se disaient ces lieux-là sont vains, à quoi servent-t-ils ? Nous pouvons le comprendre, voilà des pierres, on peut les desceller, les vendre, en faire de l’argent.

C’est beau dans la vigile pascale de reprendre conscience de la résurrection du Christ. Nous le savons intérieurement, elle est au cœur même de notre vie.
Ces travaux que nous faisons ici à Ourscamp, c’est aussi en mémoire de la résurrection du Seigneur, parce que le Christ est vivant. Je pensais à ces centaines de moines qui sont passés par cette infirmerie cistercienne et qui tout en regardant ces murs ont fermé les yeux et ont réouvert le regard sur le Seigneur ressuscité. C’est bien dans ce saint lieu, sanctifié par la prière durant des siècles, c’est bien la résurrection du Christ qui était au cœur de la vie de tous ces consacrés. C’est valable pour tous ces lieux de pierre, mais c’est valable encore plus pour nous-mêmes, dans notre vie personnelle.

Aimer, si le Christ n’est pas ressuscité, cela et vain

Aimer n’est pas spontané, cela demande un effort. Nous avons eu la révélation de ce commandement de l’amour jeudi lorsque nous avons célébré la Cène du Seigneur, qui fait bien le lien avec cette célébration de la résurrection.
C’est bien la résurrection d’entre les morts qui permet de donner à l’amour humain, cet amour fragile, toute une grandeur, toute une beauté, qui va bien au-delà d’être gentil. Si face au malin il suffisait d’être gentil, il n’y aurait pas besoin de la résurrection !


Ce n’est pas simplement un acte d’amour sur un plan horizontal, il y a quelque chose de transcendant qui va au-delà même de moi-même et qui, par le baptême et par la grâce du baptême qui m’habite, me permet d’aimer d’un amour fort, de l’amour du Christ.

Le corps humain aussi, sans la résurrection du Christ, serait vain

Il serait vain parce que nous serions faits simplement pour la tombe.
Le Christ est ressuscité, avec son corps, son corps glorieux que nous sommes appelés à recevoir à la résurrection des morts, nous sommes appelés à ressusciter avec notre corps.
Cela donne une vision du corps humain qui est très particulière : le corps humain n’est pas simplement un amas de cellules, par conséquent le rapport à la vie naissante, à la vie en gestation, mais aussi le rapport à la vie finissante dans le grand âge ou dans la grande maladie, est éclairé de façon de nouvelle par la résurrection d’entre les morts. Le corps n’est pas simplement un amas de cellules, il est fait pour la gloire et donc mérite respect, il est temple du Saint-Esprit qui nous rappelle les paroles du Seigneur.

C’est bon de se redire ces choses toutes simples que nous savons déjà intérieurement, intellectuellement, et dans vivre de façon plus forte.

Demandons cette grâce au Seigneur ce soir de vivre de façon pu déterminée de cette résurrection du Christ qui fait que même ce qui peut paraître absurde, comme la souffrance et la mort, tout à coup trouve comme une vision, comme une force, une dimension absolument extraordinaire.
C’est uniquement la foi chrétienne qui permet cela. La disparition de la foi chrétienne dans nos sociétés occidentales est grave parce que c’est aussi tout le rapport à la souffrance, et donc aussi aux personnes qui souffrent, qui change, tout le rapport aussi avec la fragilité.
Cela paraît vain si c’est pour terminer dans la fosse.

Renouveler notre confiance et notre espérance dans le Seigneur

Frères et sœurs bien-aimés, pour nous c’est l’occasion de reprendre confiance, de renouveler notre espérance dans les promesses du Seigneur.

Nous avons confiance que le Seigneur ni ne se trompe, ni ne nous trompe et c’est en basant notre foi sur les témoignages des évangiles et les témoignages de tous ceux qui depuis les évangiles nous ont précédés jusqu’à aujourd’hui, que nous basons notre vie pour dire que cette vie n’est pas simplement réduite à ce que nous pouvons voir, cette vie est appelée à contempler la gloire et à aller bien au-delà de nous-mêmes.

C’est la définition du chrétien, c’est celui qui porte en lui-même plus grand que lui-même.
C’est parce que nous prenons conscience que dans notre fragilité, dans des vases d’argile nous portons un trésor parce que nous prenons conscience qu’il y a quelque chose de caché.
Le mot mystère a une origine grecque qui veut dire caché, il y a quelque chose de caché en nous qui ne prendra son plein accomplissement que dans le face-à-face.
Le moment de la résurrection lui-même est caché aux yeux de tous, personne n’a été témoin de ce moment-là.
Se pose la question :

C’est cela la résurrection, soit notre vie n’a pas de sens, nous sommes dans une attitude de découragement profonde, ou alors il y a quelque chose dans notre vie qui est mystérieux, qui appelle à un accomplissement qui n’est pas visible à nos yeux de chair.

Demandons au Seigneur cette simplicité, cette grâce de reconnaître, de faire nôtre, cette parole Saint-Paul :

Si le Christ n’est pas ressuscité, vaine est notre foi.

Puissions-nous être ces témoins de la résurrection, là où nous sommes, des témoins de l’espérance que le Seigneur nous a donnée, lui qui nous appelle des ténèbres à son admirable lumière.

Amen !


Références des lectures du jour :

  • Livre de l’Exode 14,15-31.15,1a.
  • Livre de l’Exode 15,1b.2.3-4.5-6.17-18.
  • Lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 6,3b-11.
  • Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 28,1-10.

Après le sabbat, à l’heure où commençait à poindre le premier jour de la semaine, Marie Madeleine et l’autre Marie vinrent pour regarder le sépulcre.
Et voilà qu’il y eut un grand tremblement de terre ; l’ange du Seigneur descendit du ciel, vint rouler la pierre et s’assit dessus.
Il avait l’aspect de l’éclair, et son vêtement était blanc comme neige.
Les gardes, dans la crainte qu’ils éprouvèrent, se mirent à trembler et devinrent comme morts.
L’ange prit la parole et dit aux femmes : « Vous, soyez sans crainte ! Je sais que vous cherchez Jésus le Crucifié.
Il n’est pas ici, car il est ressuscité, comme il l’avait dit. Venez voir l’endroit où il reposait.
Puis, vite, allez dire à ses disciples : “Il est ressuscité d’entre les morts, et voici qu’il vous précède en Galilée ; là, vous le verrez.” Voilà ce que j’avais à vous dire. »
Vite, elles quittèrent le tombeau, remplies à la fois de crainte et d’une grande joie, et elles coururent porter la nouvelle à ses disciples.
Et voici que Jésus vint à leur rencontre et leur dit : « Je vous salue. » Elles s’approchèrent, lui saisirent les pieds et se prosternèrent devant lui.
Alors Jésus leur dit : « Soyez sans crainte, allez annoncer à mes frères qu’ils doivent se rendre en Galilée : c’est là qu’ils me verront. »