« Il s’en alla de l’autre côté du Jourdain » (Jn 10, 31)

Méditation du 3 avril - Saint Richard, évêque

Les juifs cherchent à en découdre avec Jésus : ils ramassent des pierres pour le lapider. Car Jésus désormais révèle directement qui Il est : « le Père et moi nous sommes uns », en bref, « Je suis Fils de Dieu, je suis Dieu ».
Mais plus Il se manifeste, plus aussi s’avive l’hostilité contre Lui. Jésus, dans une extrême miséricorde, ne tient cependant pas à aviver la haine de ses adversaires, à les pousser à se défigurer encore plus. Pour tâcher de convaincre que ce qu’Il dit n’est pas folie, Il se sert de l’Écriture, admise par les juifs, qui dit : « vous êtes des dieux ».


Si cette expression est appliquée à des hommes, pourquoi Jésus ne pourrait-Il pas dire qu’il est « fils de Dieu » ? Bref, le Christ, tout en maintenant la vérité, cherche avec ses détracteurs un terrain d’entente. En vain. Il cherche alors une ultime tentative pour calmer leur haine : Il s’en va, Il va là où Jean avait baptisé.
En revenant à cet endroit, Jésus leur rappelle implicitement la prédication du Baptiste à son propos, cette voix du Père, ces miracles « que Jean ne fait pas » tout ce qui parle en sa faveur. Certains se laisseront toucher, d’autres Le rejetteront définitivement. Enfin en allant de l’autre côté, Jésus quitte la Terre Promise, dont la frontière était le Jourdain… Lui l’objet de la promesse est rejeté, il est banni. Mais pour demain annoncer au monde entier le salut.

Deux applications pour nous : même si nous sommes dans notre bon droit lors d’un conflit, savons-nous apaiser les haines ? tenons à protéger les gens de leurs propres ténèbres ? Et puis : nous arrive-t-il de bannir Jésus de notre vie, non de manière violente mais par l’indifférence ?

Homélie du vendredi 3 avril 2020 - 5e semaine de Carême - Année A - Père Maximilien-Marie
Parabole : un cœur sans haine

François de Sales François de Sales était amené lors de la mission du Chablais devenu protestant, à rencontrer bien des Réformés et notamment à mener avec eux des débats contradictoires. Or l’un de ses contradicteurs, perd ses moyens face à François, s’embrouille dans ses arguments, se couvre de confusion. François loin de profiter de son avantage, aide le Réformé à remettre de l’ordre dans ses idées, à reprendre le fil de son discours…
Attitude qui plus que n’importe quel argument sut toucher les cœurs et ramener les esprits.
Il avait mis en application ce conseil du bienheureux Pierre Favre qu’il aimait lire : « [lorsqu’on veut être utiles aux Réformés], il faut avoir pour eux beaucoup de charité et les aimer sincèrement, … gagner leur bienveillance… On y parviendra en parlant des choses qui sont communes à eux et à nous, en nous gardant de toute discussion où un parti semblerait l’écraser sur l’autre ou l’humilier… »


Références des lectures du jour :

  • Livre de Jérémie 20,10-13.
  • Psaume 18(17),2-3.4.5-6.7.
  • Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 10,31-42 :

En ce temps-là, de nouveau, des Juifs prirent des pierres pour lapider Jésus. Celui-ci reprit la parole :
— « J’ai multiplié sous vos yeux les œuvres bonnes qui viennent du Père. Pour laquelle de ces œuvres voulez-vous me lapider ? »
Ils lui répondirent :
— « Ce n’est pas pour une œuvre bonne que nous voulons te lapider, mais c’est pour un blasphème : tu n’es qu’un homme, et tu te fais Dieu. »
Jésus leur répliqua :
— « N’est-il pas écrit dans votre Loi : ‘J’ai dit : Vous êtes des dieux ?’
Elle les appelle donc des dieux, ceux à qui la parole de Dieu s’adressait, et l’Écriture ne peut pas être abolie.
Or, celui que le Père a consacré et envoyé dans le monde, vous lui dites : “Tu blasphèmes”, parce que j’ai dit : “Je suis le Fils de Dieu”.
Si je ne fais pas les œuvres de mon Père, continuez à ne pas me croire.
Mais si je les fais, même si vous ne me croyez pas, croyez les œuvres. Ainsi vous reconnaîtrez, et de plus en plus, que le Père est en moi, et moi dans le Père. »
Eux cherchaient de nouveau à l’arrêter, mais il échappa à leurs mains.

Il repartit de l’autre côté du Jourdain, à l’endroit où, au début, Jean baptisait ; et il y demeura.
Beaucoup vinrent à lui en déclarant : « Jean n’a pas accompli de signe ; mais tout ce que Jean a dit de celui-ci était vrai. »
Et là, beaucoup crurent en lui./quote>