L’histoire de la statue de la Vierge Puissante

L’amitié spirituelle du vieux prêtre et de la femme sculpteur de statues

La statue de la Vierge Puissante a été sculptée par Paulette Bonnet-Lecomte entre les années 1966 et 1986 à partir du projet visant à montrer « Marie dans sa maternité de tendresse ».

Cette remarquable représentation de la Vierge à l’Enfant est vénérée dans la chapelle latérale (XIIe siècle) proche des ruines de l’ancienne église abbatiale d’Ourscamp. Elle prête aussi son image à la fête des lumières initiée dans la ville de Lyon : « Merci Marie ! »


Paulette Bonnet-Lecomte, sculpteur aux doigts de fée

Paulette Lecomte, née Bonnet, était fille d’un militaire haut gradé et d’une artiste dont les œuvres de peinture sont reconnues. D’origine tourangelle, c’est tout naturellement qu’elle travaille la belle pierre de sa région pour des représentations religieuses, sur le thème marial principalement. Nous pouvons noter sa remarquable réalisation de la statue de Notre-Dame de la Prière dans l’église paroissiale Saint Gilles de l’Île-Bouchard, représentant la scène de l’apparition de la Sainte Vierge saluée par l’ange Gabriel, demandée par la Vierge elle-même et offerte par le curé de la paroisse en 1960.
La partie gauche du statuaire a été exécutée en 44 jours, temps record pour une œuvre de cette taille (1,50 m de hauteur) ; en revanche, ce n’est pas la même histoire pour la statue de la Vierge Puissante.

La Vierge Puissante et Mère de tendresse

L’histoire de la confection de la statue

Par la suite, d’autres statues de Marie seront commandées à Madame Lecomte. Photo de face Mais, c’est par une intuition personnelle qu’elle choisit de réaliser la statue de la Vierge à l’Enfant que l’on peut voir à l’Abbaye d’Ourscamp. Le projet est de représenter Marie dans une attitude de tendresse toute maternelle. C’est aussi la stature de majesté qui saisit lorsqu’on la contemple…

Pour ce projet libre, Paulette Lecomte a tout son temps ! il s’agit là d’une œuvre familiale et collective : sa mère – Madame Bonnet - a posé comme modèle de la Vierge. Drapée dans une grande étoffe, elle évoquait les visions du Père Jean-Édouard Lamy retranscrites par son ami le Comte Paul Biver dans le livre Apôtre et Mystique (Editions du Serviteur), qu’elles avaient lu avec grand intérêt.
Encore saisi par la visite qu’il avait eue, le Père Lamy racontait :

La Très Sainte Vierge prend son manteau pour couvrir les âmes qui viennent. L’Enfant-Jésus tient le globe du monde pour le bénir. Elle a choisi cette statue pour montrer sa protection et la bénédiction de Notre-Seigneur sur la terre.

Dans la Sainte-Vierge, la joie surabonde. Elle a la plénitude des joies du Ciel. Elle n’a jamais été saisie par une nuance de faiblesse humaine.
Comment rendre la bonté et la condescendance de la Sainte Vierge dans ses paroles ?…

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C’est ainsi que les descriptions de notre fondateur sont choisies par l’artiste pour représenter notre Mère du Ciel, tout particulièrement pour la couronne : « Entrelacs d’un brin de rose, d’un brin de lis et d’une marguerite », reposant à peine sur sa tête.

Mais, voici que la matière joue de tours à notre artiste confirmée : un petit coquillage (que l’on aperçoit sous l’œil droit) est mis à jour par le tournevis… Quel découragement… Tout est à recommencer !
Mais, en regardant cet état de chose avec un peu de recul, la mère et la fille constatent que cet imprévu confère une part de mystère au visage de Marie : on devine un sourire naissant sur le visage de la Vierge, une sérénité manifeste se dégage de sa stature, et en même temps, elle verse une larme en regardant notre monde, si proche des souffrances et des turpitudes que nous traversons…En connaissance de tout cela, elle nous offre son fils dans un geste d’ouverture et de confiance.

Vierge Puissante 350

Le voyage de la Vierge Puissante

Rappelons que la statue a été sculptée dans la demeure familiale, près de Chinon. Une fois achevée, la question d’un don a été évoquée assez rapidement.
En souvenir de l’affection et de l’admiration que la famille Bonnet portait au Père Lamy, l’artiste a décidé de faire don de cette œuvre à la fois délicate et magistrale à l’Abbaye d’Ourscamp, maison mère de notre congrégation.

Statue dans la chapelle C’est ainsi qu’elle a cheminé et est arrivée à Ourscamp au printemps 1987, puis bénie le 3 mai en mémoire de l’année mariale 1987-1988, en présence d’amis de la Congrégation venus de la région parisienne, de la région lilloise et de notre voisinage immédiat.
La cérémonie a été suivie d’une journée de réflexion et de prière basée sur l’enseignement de Jean-Paul II : « Le mystère de Marie Mère du Rédempteur dans la vie de l’Église en marche ».

Mu par l’intuition que ce visage de tendresse et de compassion serait une belle invitation à la prière pour la fête des lumières de la ville de Lyon, un des membres de la famille d’un frère SJM a demandé la permission d’emprunter l’image de la Vierge Puissante, grâce accordée sans hésitation par la congrégation…

Mère de Jésus, Mère de Dieu et Mère de l’Église

Revenons aux mots de la lettre encyclique de Jean-Paul II, la Mère du Rédempteur décrivent aussi précisément la beauté des traits de Marie, et sa place dans le Ciel :

La Pleine de grâce, la Vierge Immaculée, dont la jeunesse de grâce n’a jamais été altérée et qui rayonne l’amour qui est diffusé par le Cœur de Dieu.

La gloire de la grâce dont le Père l’a gratifiée dans le Bien-aimé détermine la grandeur et la beauté extraordinaires de tout l’être de Marie.

Elle est celle que le Père a « choisie » comme Mère de son Fils dans l’Incarnation.

Marie, sa Mère, est au contact de la vérité de son Fils seulement dans la foi et par la foi.

(d’après l’article paru dans le n°141 du bulletin de Serviteurs de Jésus et de Marie (3e trimestre 1987), et les propos de Père Bernard recueillis par Alix Perroy)