Une invitation à s’ouvrir à plus grand que nous

10 juin 2026

Frères et sœurs bien-aimés, cette parole de Dieu est une parole vivante. Les textes que Francesca et Clément ont choisis sont vraiment des programmes de vie ; il n’y a pas d’autre mot pour les qualifier.
Dans la lettre de Saint Paul apôtre aux Romains, chaque ligne mériterait d’être méditée. Nous y lisons par exemple : « Ne prenez pas pour modèle le monde présent, mais transformez-vous en renouvelant votre façon de penser pour savoir quelle est la volonté de Dieu. » (Rm 12,2)

Écouter l’homélie

Texte de l’homélie de mariage

Frères et sœurs bien-aimés, cette parole de Dieu est une parole vivante. Les textes que Francesca et Clément ont choisis sont vraiment des programmes de vie ; il n’y a pas d’autre mot pour les qualifier.
Dans la lettre de Saint Paul apôtre aux Romains, chaque ligne mériterait d’être méditée. Nous y lisons par exemple :

« Ne prenez pas pour modèle le monde présent, mais transformez-vous en renouvelant votre façon de penser pour savoir quelle est la volonté de Dieu. » Rm 12,2)

Oui, Francesca et Clément, très clairement, en vous mariant à l’Église, vous ne prenez pas modèle sur le monde présent. Notre époque est plutôt celle du zapping et du jetable. A l’inverse, vous affirmez qu’un amour pour la vie est possible, et qu’un engagement pour toujours est d’actualité. Vous ne suivez pas les codes du monde actuel ; au contraire, vous renouvelez votre façon de penser.

J’ai été témoin du grand sérieux avec lequel vous avez vécu votre préparation au mariage. J’ai vu combien vous vous êtes renouvelés intérieurement : dans votre façon de penser, de prier, et dans votre manière d’être auprès du Seigneur comme auprès de vos familles. C’est ainsi que vous avez pu cheminer progressivement. Car nous le savons bien, la vie en couple implique un travail sur soi-même. Vous n’échapperez pas à cette réforme intérieure, à cette manière différente d’envisager les événements et les personnes.

A travers la lettre de Saint Paul Apôtre aux Romains, mes frères et sœurs, nous recevons un magnifique programme de vie. Saint Paul nous dit :

« N’ayez pas le goût des grandeurs. Laissez-vous attirer par ce qui est simple. » (Rm 12,16)

C’est une parole immense. Elle prend le contre-pied de la logique humaine et du monde, qui cherchent trop souvent à briller par le pouvoir, le savoir ou l’argent. Saint Paul nous invite plutôt à avoir à cœur ce qui est simple.

Je veux témoigner que cette parole, chère Francesca, cher Clément, vous la vivez déjà. Vous vous accueillez l’un l’autre simplement, avec vos cultures différentes, vos familles et vos réalités professionnelles. Vous vous accueillez avec simplicité et humilité.

L’humilité, c’est la simplicité, et la simplicité, c’est l’humilité. Faire le choix de l’humilité est un véritable projet de vie. Rappelons-nous que dans le mot humilité, nous entendons humus, nous entendons terre. Et dans terre, nous trouvons la promesse de la fécondité - comme dans la parabole où le semeur sort pour jeter sa semence dans la bonne terre.

Que cette humilité soit la terre dans laquelle vous allez semer toutes les grâces qui vous sont données aujourd’hui : celles que vous désirez offrir au monde et celles que vous recevez du Seigneur. C’est aussi dans cette terre d’humilité que grandiront vos futurs enfants que nous vous souhaitons nombreux.

Dans cette terre, il y a également une réalité transcendante qui vous est offerte. Je crois que vous avez mesuré la place du transcendant dans votre vie, de ce qui va au-delà de vous-mêmes. C’est là toute la particularité du sacrement de mariage. Si toutes les religions offrent des rituels pour célébrer les noces, seules les Églises catholique et orthodoxe le reconnaissent comme un sacrement. Le fait que ce soit un sacrement nous renvoie précisément à cette transcendance, à un ailleurs qui nous dépasse.

Gardez en mémoire ces deux invitations de la lettre de Saint Paul apôtre aux Romains. Faites mémoire de ce que vous recevez aujourd’hui. Et que chacun d’entre nous, en particulier les couples présents, puisse demander la grâce de vivre cette parole comme un programme de vie : vivre de l’humilité et de la simplicité, sans copier le monde présent ni se laisser détourner par ce qu’il a de clinquant. Ce n’est pas cela que vous voulez vivre, chère Francesca et cher Clément. Vous désirez vivre quelque chose qui a à voir avec Dieu. C’est avec modestie, à tâtons, que vous vous approchez du Seigneur. A travers cette célébration eucharistique, vous avez repris contact avec Lui et vous Lui exprimez votre désir de cheminer à ses côtés.

Puissions-nous, nous aussi, nous souvenir des grâces que nous avons reçues, comme un appel à l’humilité et à suivre Dieu de tout notre cœur.

Saint Paul écrit ensuite :

« Ne vous fiez pas à votre propre jugement. » Rm 12,16

Le philosophe Socrate disait : « Connais-toi toi-même. »

Le Saint, lui dit : « Méfie-toi de toi-même. »

Car nous savons qu’il existe en chacun un combat intérieur. Vous le savez aussi, chère Francesca, cher Clément, qu’il y a un combat spirituel qui vous est livré pour vivre la réalité de la parole de Dieu et devenir sel et lumière.

  • Le sel de la terre : c’est ce qui donne du goût à votre vie
  • La lumière : c’est ce qui vous permet d’aller au-delà de vous-mêmes et d’envisager un avenir, un possible.

À votre manière, vous êtes sel et lumière. C’est la grâce que vous demandez au Seigneur : ne pas être fades, ne pas être éteints, et de ne pas mettre sous le boisseau la lumière reçue aujourd’hui, mais la laisser resplendir auprès de vos amis, de vos familles et de vos proches.

En ce jour de vos noces, Vous recevez des grâces, j’en suis convaincu. Tous ceux qui sont unis par le mariage ou qui partagent le désir de former un couple stable et fidèle en reçoivent. Mais ces grâces ne sont pas uniquement pour vous ; elles sont destinées à porter les autres.
Si la démarche du sacrement de mariage est éminemment personnelle, elle n’est pas solitaire.

C’est une démarche personnelle parce que vous faites le choix de vous unir devant Dieu, mais dans votre cœur et dans votre prière, vous portez tous ceux qui vous sont confiés, les vivants comme les défunts.

C’est une vision magnifique du mariage : vous y embarquez une multitude de personnes avec vous. Vous embarquez vos familles, vos amis, ceux qui sont présents aujourd’hui, mais aussi tous ceux qui viendront après vous, ainsi que tous nos frères défunts.
Nous avons une pensée particulière, ma chère Francesca, pour ton papa. Dans votre « oui » d’aujourd’hui, vous incluez tant et tant de personnes. Ce n’est pas une démarche égoïste.

Demandons au Seigneur cette grâce particulière de concevoir la vie non pas de manière isolée, mais comme une existence qui s’ouvre à plus grand que nous, à quelque chose qui nous dépasse.
Une vie qui, au fond, nous invite à être les témoins d’un Dieu qui nous appelle des ténèbres à son admirable lumière,

Amen.