Homélie de la fête de l’Assomption de la Vierge Marie

24 septembre 2015

« Aujourd’hui s’est ouverte la porte du paradis : Marie est entrée dans la gloire de Dieu ; exultez dans le ciel, tous les anges ! »

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Texte de l’homélie :

Mes biens chers frères,
C’est avec toute l’Église que nous sommes invités à nous réjouir en ce jour de solennité. La Vierge-Marie, préservée de toute atteinte de la faute originelle, ayant accompli le cours de Sa vie terrestre, fut élevée, corps et âme, à la gloire du Ciel et exaltée par le Seigneur comme la Reine de l’univers, pour être ainsi plus entièrement conforme à Son Fils, Seigneur des Seigneurs, victorieux du péché et de la mort. Telle est la Foi de l’Église proclamée solennellement le 1er novembre 1950 par le pape Pie XII.
Et le dogme de l’Assomption de la Très Sainte Vierge-Marie, c’est à dire la foi dans la résurrection de la mère de Jésus, date des origines du Christianisme comme en témoignent de nombreux écrits des pères de l’Église, des grands théologiens catholiques et des écrivains ecclésiastiques.

Ainsi, la Vierge-Marie a été associée à la vie, à la mort et à la résurrection de Son Fils d’une manière proprement inimaginable. Celle qui se présente à l’ange Gabriel comme l’humble servante du Seigneur est aussi celle qui proclame dans Son magnificat :

« Toutes les générations me diront bienheureuse ! »

Oui, toutes les générations proclament Marie bienheureuse, Elle qui est désormais avec Son Corps et Son âme, c’est à dire avec toute Sa personne, dans la joie du paradis, dans l’exultation du Ciel. Dans le triomphe de Marie, nous admirons les merveilles que Dieu réalise dans une fragile humanité.
Oui, comme il est grand, combien il est admirable, celui qui réalise dans une existence humaine pareil prodige ! Quel amour pour Sa créature ! quelle bonté ! en un mot, quelle miséricorde, nous est ainsi dévoilée, nous est révélée, dans l’exaltation de Celle qu’Il a choisie pour mère de Son fils.
Par Marie, le Fils de Dieu est de venu le fils de l’homme, l’un de nous, notre frère très saint et très parfait en humanité.

Le Oui de Marie au matin de l’Annonciation inaugure les temps nouveaux du Salut, c’est à dire les temps de la Foi, les temps de l’accueil en plénitude de la Parole de Dieu et de la Révélation de Son dessein miséricordieux.
Désormais, parce que Dieu s’est incarné, le démon, la mort et le péché se savent vaincus. Ce combat avait été préfiguré dans l’Ancien Testament par la figure de Judith qui sauva Jérusalem menacée par l’envahisseur. Elle parvint en effet de trancher la tête d’Holopherne, chef des ennemis, d’où la grande action de grâce que nous avons entendu dans notre épître.
Mais ce combat annonce, prophétise celui que le Christ a mené depuis le premier instant de Sa conception humaine dans le sein de Marie, jusqu’à Sa passion, Sa mort et Sa résurrection.

C’est même pour ce combat que le Christ est venu sur la Terre. Ce combat est aussi celui de l’Église qui est à l’image de Marie, et qu’Elle mène depuis sa fondation, au matin de la Pentecôte. Ce combat est aussi celui que nous avons nous-mêmes à mener depuis que nous avons reçu l’Esprit de Vérité au jour de notre baptême. Combat contre le péché sous toutes ses formes, combat pour la justice du Royaume et la vérité de l’Évangile, combat contre le culture de la mort qui ne cesse de nous envahir et qui tente de corrompre nos âmes et d’avilir nos corps.
Et c’est justement dans ce combat que la Vierge-Marie nous assiste.

Son Assomption ne l’éloigne pas de notre pauvre condition, bien au contraire. Elle n’est indifférente à aucune de nos détresses. Elle est de tous nos combats, puisqu’Elle nous assure de la victoire, si nous sommes fidèles à Ses bonnes inspirations et à Son exemple.

Demandons-Lui la grâce d’une conversion réelle et profonde de notre cœur, Elle qui est le recours de ceux qui n’ont plus d’espoir, Elle qui est le secours de tous les Chrétiens, Elle qui nous offre le réconfort de Sa présence et de secours de Son intercession toute puissante !

En cette solennité de l’Assomption, pourquoi ne pas Lui demander un surcroît de grâces pour nous aider à vivre encore plus fidèlement notre vocation de Chrétien. Si nous sommes tentés par le doute et le découragement, comment n’aurions-nous pas une place toute spéciale dans Son cœur, puisqu’Elle connaît chacune de nos détresses. Elle qui a vu mourir Son propre fils, Elle nous aide puissamment dans notre pèlerinage de la Foi. Aucune créature n’a autant souffert, aucune créature n’a autant aimé, aucune n’a participé à ce point à la rédemption du monde. Personne n’a coopéré à ce suprême degré au salut de tous les hommes.
Voilà pourquoi nous sommes invités – comme l’apôtre Saint Jean – à prendre Marie chez nous, à lui offrir la demeure de notre cœur, à La recevoir comme notre mère dans l’ordre de la Grâce, comme notre éducatrice.

C’est Elle qui tout à la fois nous montre et nous apprend le chemin du Ciel,

Amen !


Références des lectures du jour :

  • Livre de l’Apocalypse 11,19a.12,1-6a.10ab.
  • Psaume 45(44),11-12a.12b-13.14-15a.15b-16.
  • Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 15,20-27a.
  • Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 1,39-56 :

En ces jours-là, Marie se mit en route rapidement vers une ville de la montagne de Judée. Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth.

Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant tressaillit en elle. Alors, Élisabeth fut remplie de l’Esprit Saint, et s’écria d’une voix forte :
« Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni. Comment ai-je ce bonheur que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? Car, lorsque j’ai entendu tes paroles de salutation, l’enfant a tressailli d’allégresse au-dedans de moi.
Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. »

Marie rendit grâce au Seigneur en disant :
« Mon âme exalte le Seigneur,
mon esprit exulte en Dieu mon Sauveur.
Il s’est penché sur son humble servante ; désormais tous les âges me diront bienheureuse.
Le Puissant fit pour moi des merveilles ; Saint est son nom !
Son amour s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent.
Déployant la force de son bras, il disperse les superbes.
Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles.
Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides.
Il relève Israël son serviteur, il se souvient de son amour,
de la promesse faite à nos pères,
en faveur d’Abraham et de sa race à jamais. »

Marie demeura avec Élisabeth environ trois mois, puis elle s’en retourna chez elle.