Homélie du 3e dimanche de Pâques

16 avril 2018

« Ainsi est-il écrit que le Christ souffrirait, qu’il ressusciterait d’entre les morts le troisième jour, et que la conversion serait proclamée en son nom, pour le pardon des péchés, à toutes les nations, en commençant par Jérusalem. À vous d’en être les témoins. »

Écouter l’homélie

Texte de l’homélie

Le temps pascal nous est donné pour accueillir pleinement la lumière de la Résurrection : l’accueillir dans nos vies et préparer nos cœurs au don du St-Esprit.
Nous sommes tous baptisés, et la plupart, nous sommes confirmés, c’est-à-dire que nous avons reçu par le sacrement de la Confirmation la plénitude du St-Esprit et pourtant la vie liturgique nous fait revivre les grandes étapes de notre salut
Il ne s’agit pas d’une répétition machinale du passé, de la commémoration d’événements inscrits dans notre histoire et dans notre mémoire commune. Non, c’est aujourd’hui que le Christ nous appelle, c’est aujourd’hui qu’Il nous rassemble, c’est aujourd’hui qu’Il s’adresse à nous par sa Parole, c’est aujourd’hui qu’Il nous fait le don de sa présence et qu’Il nous communique sa propre vie dans l’Eucharistie, c’est aujourd’hui qu’Il nous pardonne nos péchés, nous délivre des forces du mal et nous fait participer à son œuvre de salut.

La liturgie rend présentes, actuelles, nouvelles, fécondes, efficaces, rayonnantes en nos vies les merveilles du salut opérées en Jésus-Christ. La liturgie, c’est l’œuvre en ce monde du Saint-Esprit qui inspire à l’Église un chant nouveau, un chant digne du Seigneur, une prière qui atteint le cœur du Sauveur et qui obtient de Lui toutes les grâces de salut et de rédemption dont nous avons besoin.
Voilà pourquoi la liturgie est la forme la plus haute, la plus inspirée, la plus forte et la plus belle de la prière.

Bien souvent nous avons l’impression que notre prière est pauvre, desséchée, anémiée, distraite et confuse. Alors faisons nôtres les mots mêmes de la liturgie et notre cri parviendra certainement jusqu’à Dieu qui nous répondra en nous faisant miséricorde et en nous comblant de sa bénédiction.


La joie qui baigne toute la liturgie pascale doit habiter nos cœurs de façon stable et perpétuelle, justement parce que la cause de notre joie est bien la présence du Ressuscité.
Voici que tout à coup - parce que nous sommes Ses disciples - nous accueillons sa présence au milieu de nous. A chacun, Il adresse cette parole créatrice qui réalise ce qu’elle signifie : « La paix soit avec vous ! ».
Si nous accueillons vraiment cette présence, si nous y prêtons attention, si nous ouvrons enfin les yeux de notre cœur sur le monde de la foi, alors nous ferons l’expérience de cette paix et de cette joie.

C’est ce qu’on vécu les apôtres, les disciples, ceux qui ont vécu avec le Seigneur Jésus durant tout le temps de sa vie publique. Ils n’ont pas compris la signification profonde de la croix : par sa mort, Jésus détruit la mort. Le supplice de la croix n’est pas un échec, une fatalité, il exprime le don total que Jésus fait de sa propre vie, il manifeste au monde l’existence d’un Dieu qui aime l’homme à en mourir ; il manifeste la liberté d’un homme qui aime Dieu et ses frères à en mourir.
C’est homme, c’est le Fils de Dieu fait chair, c’est le Christ Jésus, que Pierre appelle dans notre première lecture, le Prince de la Vie. Sa résurrection est le signe de la victoire définitive sur le péché et tous les hommes sont désormais appelés à cette résurrection spirituelle que nous appelons la conversion.

Écoutons encore saint Pierre :

« Convertissez-vous et tournez vous vers Dieu pour que vos péchés soient effacés. »

Si nos péchés sont effacés, pardonnés, alors plus rien ne s’opposera à ce que nous aimions vraiment Dieu et que nous puissions enfin servir nos frères.
Jésus Lui-même confirme la mission de l’Église, c’est-à-dire de nous tous : vivre de ce mystère de paix, de pardon et de réconciliation qui jaillit de la croix du Christ et de la présence au milieu de nous du Ressuscité.
Il dit à ses amis dans l’Évangile de ce jour : « Proclamez la conversion en mon nom pour le pardon des péchés, à toutes les nations, en commençant par Jérusalem ».
C’est ce que les apôtres ont fait dès le matin de la Pentecôte et cette Bonne nouvelle est parvenue jusqu’au bout du monde, même s’il s’en faut encore beaucoup pour que toutes les nations accueillent véritablement la présence et le message du Prince de la Vie.
Et beaucoup de pays, évangélisés, christianisés, civilisés de longue date, semble aujourd’hui avoir oublié la beauté de l’Évangile, les exigences de la conversion, la joie de la présence du Ressuscité.
Mais rien n’est perdu si nous-mêmes, nous conservons fidèlement le trésor qui nous a été confié et que nous le communiquions à ceux qui nous entourent.

Cette grâce, cette présence, il nous faut d’abord la vivre dans nos communautés chrétiennes, et dans cette communauté primordiale, dans cette Église domestique que sont nos familles.
La grâce du sacrement de mariage, le baptême et la confirmation, l’eucharistie dominicale et le sacrement du pardon, la prière en commun et le don généreux de chacun au service de la croissance spirituelle des autres, voilà ce qui constitue les familles comme des réalités surnaturelles et missionnaires : accueillir l’amour de Dieu pour le transmettre et le communiquer.
Certes le péché est encore présent dans nos vies, dans nos familles et dans nos sociétés, mais nous savons, comme nous l’enseigne saint Jean dans notre deuxième lecture, que Jésus est vainqueur du péché et du mal. Son sacrifice nous purifie de tout péché et nous fait accéder à sa propre vie. Il nous invite à garder sa parole, à obéir à ses commandements, et Il nous donne par sa grâce de réaliser dans nos vies toutes les merveilles qu’Il a faites pour nous.

Alors, chères familles, chers amis, n’ayons pas peur ! La Résurrection du Christ nous ouvre un horizon infini où sont balayés la mort, les puissances des ténèbres, l’angoisse, le découragement, l’orgueil et la violence.
Notre Mère du Ciel, Marie, veille sur nous. Assurés de Sa présence et de Sa protection, nous pourrons combattre jusqu’au bout le seul combat qui vaille, celui de la foi et de l’amour.

Amen !


Références des lectures du jour :

  • Livre des Actes des Apôtres 3,13-15.17-19.
  • Psaume 4,2.4.7.9.
  • Première lettre de saint Jean 2,1-5a.
  • Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 24,35-48 :

En ce temps-là, les disciples qui rentraient d’Emmaüs racontaient aux onze Apôtres et à leurs compagnons ce qui s’était passé sur la route, et comment le Seigneur s’était fait reconnaître par eux à la fraction du pain.
Comme ils en parlaient encore, lui-même fut présent au milieu d’eux, et leur dit :
— « La paix soit avec vous ! »
Saisis de frayeur et de crainte, ils croyaient voir un esprit. Jésus leur dit :
— « Pourquoi êtes-vous bouleversés ? Et pourquoi ces pensées qui surgissent dans votre cœur ? Voyez mes mains et mes pieds : c’est bien moi ! Touchez-moi, regardez : un esprit n’a pas de chair ni d’os comme vous constatez que j’en ai. »
Après cette parole, il leur montra ses mains et ses pieds.
Dans leur joie, ils n’osaient pas encore y croire, et restaient saisis d’étonnement.
Jésus leur dit :
— « Avez-vous ici quelque chose à manger ? »
Ils lui présentèrent une part de poisson grillé qu’il prit et mangea devant eux.
Puis il leur déclara :
— « Voici les paroles que je vous ai dites quand j’étais encore avec vous : Il faut que s’accomplisse tout ce qui a été écrit à mon sujet dans la loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes. »
Alors il ouvrit leur intelligence à la compréhension des Écritures.
Il leur dit :
— « Ainsi est-il écrit que le Christ souffrirait, qu’il ressusciterait d’entre les morts le troisième jour, et que la conversion serait proclamée en son nom, pour le pardon des péchés, à toutes les nations, en commençant par Jérusalem.
À vous d’en être les témoins. »