Homélie du 3e dimanche du Temps Ordinaire

22 janvier 2024

Il leur dit : « Venez à ma suite. Je vous ferai devenir pêcheurs d’hommes. »
Aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent.

Écouter l’homélie

Texte de l’homélie

Le Christ est mort pour nos péchés, conformément aux écritures. Il fut mis au tombeau et il est ressuscité le troisième jour, conformément aux écritures et il est apparu à Pierre.

Puisque les Ecritures parlent du Christ, elles permettent de croire que Sa mort et Sa résurrection n’appartiennent pas à la mythologie mais à l’Histoire, à notre histoire et se trouve au centre de la Foi de ses disciples, au centre de notre Foi. Toutes les Ecritures.

Nous le savons, quand la Parole est proclamée dans l’Eglise, c’est le Christ vivant qui s’adresse directement à nous, qui Se prend présent à nous et parle à notre cœur et suscitant aujourd’hui - comme hier en Galilée – ouverture, accueil, conversion, ou fermeture et rejet.

Quand Saint Paul parlait de la mort et de la Résurrection de Jésus, les Athéniens lui dirent :

« Sur ce sujet, nous t’entendrons un autre jour. »

Les disciples d’Emmaüs nous montrent comment nous naissons à cette présence du Christ qui s’offre à nous. Ils sont sur le chemin, décontenancés par ce qui est arrivé, ce qui se passe dans le monde, comment Jésus le Fils de Dieu a été traité. Et ils entrent dans cette écoute de la Parole avec Jésus qui leur explique les Ecritures. Et c’est à ce moment-là que leurs cœurs peuvent se réchauffer, qu’ils peuvent comprendre de l’intérieur et ensuite voir le Christ à la fraction du pain.

C’est ce travail que nous avons à faire et Jésus le rappelle bien dans la parabole de Lazare, quand Il répond au riche qui veut intercéder pour ses frères :

« Ils ont Abraham, Moïse et les prophètes, qu’ils les écoutent. »

A nous d’écouter, d’entrer avec confiance dans l’écriture sainte, sinon, notre cœur restera froid, nos yeux aveugles, et nous ne pourrons pas voir Dieu. La parole de Dieu est cette mesure pour ouvrir nos cœurs, pour comprendre notre cœur, le cœur de l’homme et la situation du monde dans sa complexité, lorsque nous nous demandons où il va…

Que le Seigneur nous dit-Il aujourd’hui ?

« Le règne de Dieu est proche, il est au milieu de vous ! »

D’autres traductions nous donnent :

« Le règne de Dieu est à l’intérieur de vous. »

Avec cette injonction :

« Convertissez-vous ! »

Quand on regarde les évangiles, on voit que c’est le message de Jésus, ce qu’Il nous donne :

« Le règne de Dieu est au milieu de vous ! »

Nous pensons souvent que nous avons à construire un monde nouveau, à établir, à faire venir le royaume de Dieu par nos actions et par nos comportements. C’est comme cela que nous comprenons la conversion. Mais, nous avons d’abord à accueillir le Royaume qui vient, le Royaume qui est là.

Jésus nous le révélera, Il vit dans cette unité du Père, Dieu qui est comme Père, qui nous aime et nous donne l’Etre – quelque chose de Lui – et cet amour infini. Cet infini de Dieu est dans notre cœur, mais malheureusement, nous le cherchons dans des réalisations extérieures.

D’ailleurs, on retrouve bien cet accent qui nous est donné dans la deuxième lecture :

« Qu’ils vivent dans le monde comme s’il n’en profitaient pas… »

Et l’on passe en revue les différents éléments de notre vie terrestre. Cela nous rappelle les paroles de Jésus :

« Cherchez le royaume de Dieu et sa justice et le reste vous sera donné par surcroît. »

Nous pensons qu’en cherchant des choses, nous irons à Dieu. C’est par cette soif d’amour d’infini que nous avons dans notre cœur, c’est dans le Seigneur que nous pourrons l’étancher.
Le reste est donné par surcroît, ce n’est pas l’inverse, car le Seigneur nous donne Sa relation au Père. Il nous apprend à être uns avec son Père, et à être un avec chacun de ceux qui nous entourent.

« Ce que vous avez fait au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous l’avez fait. »

Jésus est présent dans chaque personne. Ainsi, nous avons à devenir le Christ, à devenir cette présence de Dieu au milieu des hommes. Nous avons à demeurer dans l’amour, c’est comme cela que nous faisons l’expérience de la grâce de Dieu.

Ce n’est pas une question de nos qualités, que nous soyons bons ou méchants, car, selon ce que nous dit Jésus :

« Dieu fait pleuvoir sur les bons et les méchants. Il donne sa bénédiction à tous car il reste le père de tous. »

C’est cette condition qui nous est donnée si nous voulons demeurer dans cet amour. Et nous savons ce que dit la parole si nous ne sommes pas dans cet amour :

« J’aurais beau parler toutes les langues, faire toutes les grandes œuvres possibles et imaginable ou livrer mon corps aux flammes, cela n’est que bruit et qu’airain qui sonne. »

Alors, nous sommes appelés à être cette douce musique du Seigneur qui éveille le cœur des autres.

La conversion vient de cet accueil de la grâce qui nous est offerte gratuitement par le Seigneur. On le voit bien dans les guérisons, dans celles et ceux qui ont suivi Jésus, en particulier Zachée. Jésus n’a pas mis sa conversion comme condition pour manger chez lui. Non, Il lui dit :

« Aujourd’hui, je veux demeurer chez toi. »

C’est parce qu’il y a cette relation qui s’installe, que Jésus réveille quelque chose dans son cœur, son désir profond, que son comportement, par ses actes, il peut devenir à son tour cette présence du Seigneur.

Dans la liturgie de ce jour, à la suite de ce témoignage, il y a un autre message. Ces semaines dernières, nous avons parcouru le pays de Jésus, de Bethléem aux bords du Jourdain, puis nous revenons en Galilée où Jésus se met directement à prêcher le nœud de ce qu’Il veut nous donner. Enfin, Il nous appelle :

« Viens, suis-moi. »

Il nous choisit. Laissons le regard de Jésus se poser sur nous. Il nous dit :

Ainsi, toute notre action, toute notre vie prend un sens car nous sommes faits pour donner la vie,

Amen !


Références des lectures du jour :

  • Livre de Jonas 3,1-5.10.
  • Psaume 25(24),4bc-5ab.6-7bc.8-9.
  • Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 7,29-31.
  • Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 1,14-20 :

Après l’arrestation de Jean, Jésus partit pour la Galilée proclamer l’Évangile de Dieu ; il disait :
« Les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à l’Évangile. »
Passant le long de la mer de Galilée, Jésus vit Simon et André, le frère de Simon, en train de jeter les filets dans la mer, car c’étaient des pêcheurs.
Il leur dit : « Venez à ma suite. Je vous ferai devenir pêcheurs d’hommes. »
Aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent.

Jésus avança un peu et il vit Jacques, fils de Zébédée, et son frère Jean, qui étaient dans la barque et réparaient les filets.
Aussitôt, Jésus les appela. Alors, laissant dans la barque leur père Zébédée avec ses ouvriers, ils partirent à sa suite.