Homélie du 6e dimanche du temps ordinaire

13 février 2018

« La lèpre le quitta et il fut purifié. »

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Nous sommes au tout début du ministère apostolique de Jésus, au chapitre premier de saint Marc. Nous avons le récit d’un miracle. Quand Jésus accomplit un miracle, et il en a accomplit de nombreux, ceux qui nous sont relatés dans l’évangile, mais bien d’autres encore que nous ne connaissons pas, c’est pour plusieurs raisons.

D’abord, c’est en réponse à une détresse.

On le voit avec le lépreux. Le lépreux a quelque chose de très particulier par rapport à l’aveugle, au paralytique, à la personne qui a un esprit impur. Il a quelque chose de particulier car quand on a une tâche de lèpre, comme nous le dit la première lecture, on ne va pas voir le médecin mais le prêtre. Ce n’était pas le cas des autres maladies. C’est une maladie dans l’esprit biblique, très liée au péché. C’est pour cela qu’on va voir le prêtre aussi, quand on est guéri, purifié de sa lèpre.

Quand Jésus fait un miracle, cela a voir avec la détresse de cette personne, qui ne peut pas se marier, ne peut plus travailler, ne peut plus aller au temple, à la synagogue, ne peu plus prier, elle ne peut plus rien faire. Elle peut juste crier en allant devant elle "impur, impur !".

Quand Jésus fait un miracle, il rétablit la personne dans son lien familial, social par son travail et spirituel par la prière et la possibilité d’offrir des sacrifices.

C’est bien le salut de toute la personne qui est là, ce n’est pas simplement le fait d’être libéré d’une maladie. Le miracle, c’est l’annonce du salut.

Le salut était là, au milieu de vous.

Dieu agit au milieu de nous.

Aujourd’hui, en ce 11 février, nous fêtons Notre-Dame de Lourdes, c’est aussi le jour que notre évêque a choisi pour rendre public un 70e miracle opéré par la très Saint Vierge à Lourdes. Miracle qui a touché la soeur Bernadette Moriau en 2008, qui était gravement paralysée, incapable de travailler, et qui a été libérée par la grâce de Dieu. C’est dans notre diocèse, au cours du pèlerinage diocésain à Lourdes début juillet, que cette religieuse qui y allait comme malade, sans rien demander pour elle, a été guérie. C’est la grâce qui vient à notre rencontre, c’est improbable, il y a quelque chose de disproportionné dans le miracle.
Cette femme qui allait prier pour les autres, comme elle l’avait certainement fait lors de nombreux autres pèlerinages, s’est retrouvée guérie : une chaleur s’est emparée d’elle, elle a enlevé son corset qui la maintenant depuis des années comm un instrument de torture. En voyant le médecin elle s’est prosternée devant lui, le médecin a alors tout de suite compris que quelque chose de spécial se passait.

Dieu agit. C’est dans notre diocèse qu’il agit. Dans d’autres aussi bien sûr, la grâce de Dieu s’étend sur toute l’Église de France et universelle. Mais les miracles ne sont pas simplement des récits bibliques. beaucoup de personnes ont été touchées par des grâces particulières à Lourdes et dans d’autres lieux dont on ne saura rien, parce qu’il faut faire une enquête, aller au bureau des miracles…et surtout la foi de l’évêque qui reconnaît un fait exceptionnel.

Dans ce récit de miracle, il y a la compassion du Christ et le fait de restaurer toute la personne. De la remettre debout, c’est à dire vivante, ressuscitée.
Cette personne ensuite pourra témoigner. Jésus, c’est souvent le cas, invite à une grande discrétion lorsqu’il donne une grâce à une personne.

Le lépreux proclame sa guérison. "Proclamer" a conduit au terme "kérygme", l’annonce de la foi en Jésus vivant, ressuscité.
Dieu agit en secret, mais la grâce donnée à une personne est communiquée, elle est pour tous.
On le voit aussi dans le récit de l’Annonciation, l’ange "entra", c’est à dire que cette Annonciation est cachée.
Ensuite c’est la Visitation, le déploiement, l’annonce.

Qu’est ce qui est pur ou impur ?

Jésus a fait imploser le pur et l’impur.

Ce n’est pas ce qui rentre dans la bouche de l’homme qui le rend impur, c’est ce qui est dans son coeur et qui sort de ses lèvres.

Jésus a accompli la loi parle grand commandement de l’amour. Jésus se laisse toucher.

Dans la loi de Moïse, toucher une personne impure pour quelque raison que ce soit, rend impur et contagieux. Il faut aller se laver pour retrouver la pureté. En Israël, les juifs orthodoxes ne nous répondent pas, parce qu’ils risquent d’être impurs. Le christianisme a vraiment changé cela : Jésus lui-même a pris notre impureté, notre péché, et a redonné la santé alors qu’il y avait la maladie. le Christ et les disciples n’ont cessé d’annoncer cela jusqu’aux confins de la terre.

A travers ce récit de miracle il y a toute l’oeuvre du Christ qui vient purifier notre coeur. Nous sommes à la veille du carême, temps pour nous purifier de l’intérieur.
Dans chaque eucharistie aussi Jésus prend sur lui et redresse, c’est pour cela qu’au début de la messe le pardon est donné pour nos fautes, signe que Jésus, pour communier avec l’homme, le redresse d’abord.
Nous sommes les signes de Jésus qui vient à notre rencontre.

Demandons au Seigneur qu’il vienne nous toucher, nous guérir. ayons foi aussi, il y a des paralysies relationnelles, dans nos lieux de travail, dans nos familles, nos communautés, nos paroisses, que Jésus vienne les libérer, les toucher, pour pouvoir être les disciples d’un dieu qui veut que nous soyons ses témoins lumineux et debout.

Amen !


Références des lectures du jour :

  • Livre du Lévitique 13,1-2.44-46.
  • Psaume 32(31),1-2.5.11.
  • Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 10,31-33.11,1.
  • Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 1,40-45 :

En ce temps-là, un lépreux vint auprès de Jésus ; il le supplia et, tombant à ses genoux, lui dit : « Si tu le veux, tu peux me purifier. »
Saisi de compassion, Jésus étendit la main, le toucha et lui dit : « Je le veux, sois purifié. »
À l’instant même, la lèpre le quitta et il fut purifié.
Avec fermeté, Jésus le renvoya aussitôt en lui disant : « Attention, ne dis rien à personne, mais va te montrer au prêtre, et donne pour ta purification ce que Moïse a prescrit dans la Loi : cela sera pour les gens un témoignage. »
Une fois parti, cet homme se mit à proclamer et à répandre la nouvelle, de sorte que Jésus ne pouvait plus entrer ouvertement dans une ville, mais restait à l’écart, dans des endroits déserts. De partout cependant on venait à lui.