Résumé de l’homélie
Chers frères et sœurs,
Nous pouvons être surpris de la réaction de Jésus a cette terrible parole à l’annonce de la mort de Lazare…
Le don du malheur
« Je me réjouis de n’avoir pas été là. »
Pourquoi laisser le monde s’enfoncer ? Par ces mots, Jésus veut montrer que c’est un choix assumé de Dieu que de laisser Lazare mourir. Cela nous invite aussi à comprendre que ce n’est pas à cause de ses limites que Christ n’a pas guéri tout le monde.
Cependant, on peut continuer à s’interroger : Que veut-Il dire ? Que révèle Son omission ? Sa réponse est mystérieuse…
« Cette maladie ne conduit pas à la mort, elle est pour la gloire de Dieu, afin que par elle le Fils de Dieu soit glorifié. »
Un acte de Foi nu
Ce que Jésus veut par dessus tout, c’est que nous ayons la Foi, que nous continuions à croire même quand tout est contraire. Oui, Il le dit explicitement :
« Je me réjouis de n’avoir pas été là, à cause de vous, pour que vous croyiez. Mais allons auprès de lui ! »
En quelque sorte, Jésus nous fait ce terrible cadeau de la mort et du malheur. Pour quoi ? pour provoquer notre foi. Le seul moyen d’accueillir le don qu’Il veut nous faire est d’avoir la foi.
Nous le savons, c’est un malheur irréversible : « “Il sent déjà… » Ce qu’ il y a de plus macabre dans la mort apparaît là avec crudité Car le Christ veut une foi qui traverse la pourriture de la mort et du péché. La foi c’est croire à la victoire de la vie sur la mort, de la sainteté sur le vice.
La compassion du Christ
Mais Jésus poursuit :
« Allons auprès de lui… »
Il ne se contente pas de rester loin. En effet, Il aurait pu ressusciter Lazare « de loin ». Pourtant, Il s’approche !
Cela signifie que Jésus rentre dans notre tristesse, notre souffrance, notre mort,. Il expérimente tout cela intérieurement. Il va accomplir ce pèlerinage de compassion qui est en soi déjà une victoire sur le mal.
Suivons Le selon les mots du texte :
« Il est saisi d’ émotion » « Il pleure » « Il prie »
Car il aime Marthe et Marie Lazare. Ce n’est pas indifférent qu’ il ressuscite un ami. Car en tout cela il révèle un Dieu ami des hommes philanthrope et qui s il ne peut pâtir peut compatir. Oui sa compassion vainc notre solitude. Car ce qu’ il va vaincre avant de vaincre la mort, c’ est cette souffrance de la séparation. “Rien ne nous séparera de l’amour du Christ. Ni la mort, ni la vie !”s exclame émerveillé saint Paul.
Le don de l’Esprit
Mais Il va plus loin. Avant même de ressusciter le corps, Jésus veut exercer plus profondément Sa compassion, car la mort n’est que la conséquence du péché : le péché en est la racine. Il s’attaque donc à cette origine du mal, de la mort. Pour cela le don de l ’Esprit est la suprême compassion.
A quelle souffrance Il compatit ? A quelle souffrance Il nous arrache ? Au fait d’être rivé à nous même, de n’être pas des saints, de pas savoir nous donner. Et seul l’Esprit nous délivre de cette pesanteur.
Car le poids de la chair étouffe les aspirations de l’Esprit et Christ veut briser cette emprise de la chair, selon ce qu’exprime Saint Paul avec émerveillement :
« Par l’Esprit, vous n’êtes plus sous l’emprise de la chair »
Cette âme prisonnière de tous ces liens, prisonnière du tombeau est comme Lazare : paralysé par ces bandelettes, prisonnier de son tombeau.
Quand Jésus voit Lazare au tombeau, il voit plus qu’un cadavre. Il voit que nous avons été les meurtriers de nos âmes, qu’elles gisent au tombeau. Il voit nos âmes mortes et Il en pleure. Voilà quelle est la racine de la compassion du Christ.
La résurrection
Alors seulement, Il appelle Lazare à la vie. Alors seulement, Il le ressuscite. Alors seulement, Il met un terme au malheur avec ces mots :
« Lazare, viens dehors ! »
Car s’Il veut exercer notre foi comme Il a exercé celle de Marthe et Marie, Il ne nous veut pas malheureux. Lorsqu’Il nous ressuscitera à la fin des temps, Il nous délivrera du dernier symptôme du péché : la mort,
Amen !
Références des lectures du jour :
- Livre d’Ézéchiel 37,12-14.
- Psaume 130(129),1-2.3-4.5-6ab.7bc-8.
- Lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 8,8-11.
- Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 11,1-45 :
En ce temps-là, il y avait quelqu’un de malade, Lazare, de Béthanie, le village de Marie et de Marthe, sa sœur. Or Marie était celle qui répandit du parfum sur le Seigneur et lui essuya les pieds avec ses cheveux. C’était son frère Lazare qui était malade.
Donc, les deux sœurs envoyèrent dire à Jésus : « Seigneur, celui que tu aimes est malade. »
En apprenant cela, Jésus dit : « Cette maladie ne conduit pas à la mort, elle est pour la gloire de Dieu, afin que par elle le Fils de Dieu soit glorifié. »
Jésus aimait Marthe et sa sœur, ainsi que Lazare. Quand il apprit que celui-ci était malade, il demeura deux jours encore à l’endroit où il se trouvait.
Puis, après cela, il dit aux disciples : « Revenons en Judée. »
Les disciples lui dirent :
— « Rabbi, tout récemment, les Juifs, là-bas, cherchaient à te lapider, et tu y retournes ? »
Jésus répondit :
— « N’y a-t-il pas douze heures dans une journée ? Celui qui marche pendant le jour ne trébuche pas, parce qu’il voit la lumière de ce monde ; mais celui qui marche pendant la nuit trébuche, parce que la lumière n’est pas en lui. »
Après ces paroles, il ajouta : « Lazare, notre ami, s’est endormi ; mais je vais aller le tirer de ce sommeil. »
Les disciples lui dirent alors : « Seigneur, s’il s’est endormi, il sera sauvé. »
Jésus avait parlé de la mort ; eux pensaient qu’il parlait du repos du sommeil. Alors il leur dit ouvertement : « Lazare est mort, et je me réjouis de n’avoir pas été là, à cause de vous, pour que vous croyiez. Mais allons auprès de lui ! »
Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau), dit aux autres disciples : « Allons-y, nous aussi, pour mourir avec lui ! »
À son arrivée, Jésus trouva Lazare au tombeau depuis quatre jours déjà. Comme Béthanie était tout près de Jérusalem – à une distance de quinze stades (c’est-à-dire une demi-heure de marche environ) –, beaucoup de Juifs étaient venus réconforter Marthe et Marie au sujet de leur frère.
Lorsque Marthe apprit l’arrivée de Jésus, elle partit à sa rencontre, tandis que Marie restait assise à la maison.
Marthe dit à Jésus :
— « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. Mais maintenant encore, je le sais, tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l’accordera. »
Jésus lui dit :
— « Ton frère ressuscitera. »
Marthe reprit :
— « Je sais qu’il ressuscitera à la résurrection, au dernier jour. »
Jésus lui dit :
— « Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ; quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? »
Elle répondit :
— « Oui, Seigneur, je le crois : tu es le Christ, le Fils de Dieu, tu es celui qui vient dans le monde. »
Ayant dit cela, elle partit appeler sa sœur Marie, et lui dit tout bas : « Le Maître est là, il t’appelle. »
Marie, dès qu’elle l’entendit, se leva rapidement et alla rejoindre Jésus. Il n’était pas encore entré dans le village, mais il se trouvait toujours à l’endroit où Marthe l’avait rencontré.
Les Juifs qui étaient à la maison avec Marie et la réconfortaient, la voyant se lever et sortir si vite, la suivirent ; ils pensaient qu’elle allait au tombeau pour y pleurer.
Marie arriva à l’endroit où se trouvait Jésus. Dès qu’elle le vit, elle se jeta à ses pieds et lui dit : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. »
Quand il vit qu’elle pleurait, et que les Juifs venus avec elle pleuraient aussi, Jésus, en son esprit, fut saisi d’émotion, il fut bouleversé, et il demanda :
— « Où l’avez-vous déposé ? »
Ils lui répondirent :
— « Seigneur, viens, et vois. »
Alors Jésus se mit à pleurer.
Les Juifs disaient : « Voyez comme il l’aimait ! »
Mais certains d’entre eux dirent : « Lui qui a ouvert les yeux de l’aveugle, ne pouvait-il pas empêcher Lazare de mourir ? »
Jésus, repris par l’émotion, arriva au tombeau. C’était une grotte fermée par une pierre. Jésus dit : « Enlevez la pierre. »
Marthe, la sœur du défunt, lui dit :
— « Seigneur, il sent déjà ; c’est le quatrième jour qu’il est là. »
Alors Jésus dit à Marthe :
— « Ne te l’ai-je pas dit ? Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu. »
On enleva donc la pierre. Alors Jésus leva les yeux au ciel et dit : « Père, je te rends grâce parce que tu m’as exaucé. Je le savais bien, moi, que tu m’exauces toujours ; mais je le dis à cause de la foule qui m’entoure, afin qu’ils croient que c’est toi qui m’as envoyé. »
Après cela, il cria d’une voix forte : « Lazare, viens dehors ! »
Et le mort sortit, les pieds et les mains liés par des bandelettes, le visage enveloppé d’un suaire. Jésus leur dit : « Déliez-le, et laissez-le aller. »
Beaucoup de Juifs, qui étaient venus auprès de Marie et avaient donc vu ce que Jésus avait fait, crurent en lui.