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Le Christ, pierre fondamentale de notre édifice spirituel

Homélie du 12e dimanche du Temps Ordinaire - Année C

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Écrire à l'auteur Père Samuel 25 juin 2013
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Homélie du 12e dimanche du Temps Ordinaire - Année C

Écouter l’homélie de Père Samuel :




Celui qui veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même.
Qu’il prenne sa croix chaque jour et qu’il me suive.

Chers frères et sœurs, Le Christ - et en particulier le Christ crucifié, mort et ressuscité - est le centre de notre foi chrétienne. Comme le dit l’oraison du début de cette messe en s’adressant au Christ :

Toi qui ne cesses jamais de nous guider, ceux que tu enracines solidement dans ton amour.

La personne du Christ est très clairement le lieu de notre enracinement ainsi que le guide de tous les chrétiens.

Le Christ pour enracinement

Il est Celui en qui nous posons nos racines, ou plutôt, Celui en qui nous posons les fondations de notre vie, la pierre fondamentale, le roc sur lequel nous appelés à bâtir notre édifice spirituel. Il y a quelques dimanche de cela, je vous partageais mon émerveillement en voyant le chantier à l’entrée de Noyon en vue d’élever ce fameux pont, bel ouvrage d’art pour relier la quatre-voix de Compiègne à Noyon. Il leur fallait préparer les fondations importantes en creusant des puits de plusieurs dizaines de mètres pour trouver la roche fondamentale, afin d’y poser les fondations sur quelque chose de stable, pour ainsi élever cet ouvrage d’art haut dans le ciel.

Aujourd’hui, je voudrais poursuivre sur cette image, mais rassurez vous nous n’allons pas faire une réunion de chantier ! Si le Christ est la pierre fondamentale sur lequel je bâtis ma vie, Il s’offre à moi pour être le guide qui me permettra d’élever mon être tout entier, le plus haut possible. Mon être dans son intégralité.

Bâtir sur le roc

Pour revenir à cette image du chantier, ils sont en train de monter les murs qui vont soutenir le pont. Pour cela, ils utilisent la technique du coffrage (pardonnez-moi ces termes techniques), en érigeant des parois en métal encadrant un squelette de barres de fer, entre lesquelles ils vont couler le ciment. Cela donnera une structure en béton armé, que les ingénieurs vont soumettre à de nombreux tests : tests de résistance, tests d’uniformité du mélange de ciment à l’intérieur pour vérifier s’il peut supporter les vibrations, le passage, la vie de toutes ces voitures qui vont passer par dessus.

Ainsi, une fois sûr de la qualité de cet ouvrage d’art – des fondations, puis des murs de soutien – on pourra alors enfin poser le tablier, qui lui-même supportera cette route suspendue qui permettra à de nombreuses voitures de passer.

Un guide qui nous aide à garder le cap

Ces immenses parois qui s’élèvent vers le ciel me font penser à la croix du Christ. Elle est pour nous comme un guide, un cadre qui me permet de bâtir ma vie. Si certains peuvent y voir un tuteur un peu stupide qui obligerait le mur à monter droit – et empêcherait l’homme avoir de la raison et du jugement, à choisir librement les choses, j’y vois clairement un instrument de soutien, une aide, une charité qui va m’aider à maintenir le cap vers le Ciel. Une miséricorde qui fait dire au dicton populaire :

Dieu écrit droit avec mes lignes courbes.

J’ai besoin de cette assistance de verticalité pour compléter en moi ma recherche de Dieu. Car ma nature ne me conduit pas directement à Dieu. Elle me dit qu’Il est présent, mais, à cause du péché originel, j’ai bien du mal à avancer droit.

Quand Jésus invite celui qui veut marcher à Sa suite, à « renoncer à lui-même, et à prendre sa croix chaque jour », ce n’est pas un appel à l’imiter et a souffrir comme Il a souffert. Non car si Dieu veut qu’un homme souffre, Il envoie Son propre fils. Non, car le Christ à souffert à notre place. Il a tout offert pour que nous nous appuyons sur Lui, et que nous supportions - grâce à Lui et par Lui - le poids du jour. A nous d’enterrer nos fantasmes d’impeccabilité, mais laissons élever notre être par celui qui veut nous guider jour après jour, dans la patience de chacune de nos chutes et dans la joie de chacun de nos relèvements.

La Croix comme appui pour l’ouvrage de notre vie

Prendre sa croix s’est s’appuyer, s’adosser à Lui pour bâtir droit. C’est-à-dire de partir de là où j’en suis, de ma pauvreté, de mes défauts, de mon caractère, pour me diriger plus droitement vers le Christ et plus directement vers Dieu. La Croix ne sera pas mon instrument de supplice, elle ne sera pour moi qu’un lieu de repos, comme un apaisement de savoir que c’est un guide et un soutien.

Il est tout à fait raisonnable de prendre appui au dos de la Croix du Christ, car là, il reste de la place pour moi, il n’y a pas de clou : la Croix est douce de ce côté-là. Le Christ, Lui, est d’un coté, et moi, je serai de l’autre. Il est mort pour que je ne meure pas, Il est ressuscité pour que je vive. Car, comme le dit Saint Irénée de Lyon :

La gloire de Dieu, c’est l’homme vivant !

C’est la vocation du Messie : nous sauver, nous vivifier. C’est bien pour cela que Jésus interroge ses disciples en leur demandant : « Pour vous, qui suis-je ? ». Le Christ crucifié est le Messie, Il est l’envoyé de Dieu, Celui qui a l’onction de Dieu. Il est Celui qui vient sauver les hommes pour les aider à supporter les croix quotidiennes, leur assurant le pain quotidien, pour bâtir son édifice spirituel jour après jour, avec Dieu. Le bonheur n’est pas dans une perfection. La vie heureuse est une marche libre à la suite du Christ.

Pour en revenir à notre image de chantier, une fois posé le squelette métallique, lui-même vissé aux fondations, celui-ci va être encadré par deux parois de soutient. Cela sera rempli de ciment, tel un lien qui établira l’unité d’une structure harmonieuse et solide, qui servira au passage de milliers de voitures.

Le Christ est le guide de tous les Chrétiens

Cette structure harmonieuse, solide, unifiée est d’une certaine manière notre édifice. Il nous faut l’ériger vers le haut pour que le Christ y fasse couler sa grâce. Cette grâce, c’est la vie même de Dieu, cette qu’Il veut nous communiquer, c’est à dire Sa propre divinité.

Dieu veut pénétrer en nous - pas pour nous forcer, car Il nous respecte, pas pour nous faire devenir quelqu’un d’autre que nous serions, comme un étranger à nous-même - mais Il veut assurer en nous l’unité, la solidité. Il veut que nous devenions ce que nous sommes, ce pour quoi Il nous a donné la vie. La gloire de Dieu c’est que nous portions du fruit. La gloire de Dieu c’est l’homme debout. Car Il veut faire de nous un ouvrage d’art qui s’élèvera vers le ciel et qui permettra à beaucoup d’autres de s’y appuyer.

Si la Croix est l’Arbre de vie qui permet aux oiseaux du ciel de s’y poser et d’y trouver refuge, nous, notre édifice va s’élever. Car il nous faut ainsi participer pour servir de repos et de refuge à tous ceux qui passeront par notre chemin, ceux que nous rencontrerons. Car, par nous la grâce de Dieu peut se communiquer. Dieu a besoin de nous pour manifester Sa grâce à tous ses enfants. Nous serons ainsi l’arbre de vie, l’édifice, nous serons comme le canal qui permettra à la Grâce de Dieu de se communiquer à nos frères, parce que nous sommes l’Église. Et c’est là la Grâce de l’Église, cette grâce qui coule en nous. Elle est constituée d’un mélange consolidant fait de deux composants essentiels : les sacrements et la prière.

Construits et nourris par le Christ

La prière

Pour le Chrétien, la prière c’est l’audace de lever les yeux vers Celui qui est notre soutien et notre guide. C’est prendre du temps pour contempler Celui qui nous sauve. C’est relire le quotidien pour voir si nous n’avons pas perdu notre temps à bâtir seul notre édifice, sur des fondations ensablées, sur des débuts de murs lézardés.

Non. Il nous faut fonder notre édifice sur le Christ, fiers de ce que nous avons pris part de cette construction. Nous avons la simplicité et l’humilité de nous appuyer sur ce qui nous est offert par le Créateur, car Il veut pour nous ce qu’il y a de meilleur.

Les sacrements

Pour le Chrétien, le sacrement est de ne pas chercher à faire par soi-même ce qu’il pourrait faire faire par le Christ. Chercher à faire par soi-même, ce serait avoir la prétention de croire que nous n’avons besoin de personne, que nous pourrions nous soigner seuls, nous libérer seuls, nous sauver seuls. Vivre des sacrements pour le Chrétien, c’est se nourrir de ce qui nourrit vraiment.

Le Christ, Lui, est le Pain de Vie qui va nous rassasier réellement. C’est renaître du pardon qui restaure vraiment, sans juste nous redonner un petit coup de pouce par les plaisirs de ce monde. Vivre des sacrements pour le Chrétien, c’est vivre des signes visibles de la grâce invisible de Dieu. C’est profiter de guides concrets que l’Église nous donne. En particulier, l’Eucharistie et la Confession sont deux soutiens concrets indispensables pour bâtir notre ouvrage d’art, pour obtenir la joie et vivre heureux.

Alors, si nous voulons vraiment bâtir notre vie et nous élever vers le ciel, quelque soit notre taille et notre vocation, c’est au moins de tenir debout, à la différence des autres êtres de la Création.

Demandons à la Vierge Marie, notre bonne Mère du Ciel, qu’Elle nous donne de prendre les moyens adéquats à notre croissance. Qu’Elle veille sur nous et nous protège de toute tentation d’économie dans la construction de notre être. Notre temple est sacré, il a une vocation sacrée, car il est le temple du Saint Esprit,

Amen.

Références des lectures du jour :

  • Livre de Zacharie 12,10-11a.13,1.
  • Psaume 63(62),2.3-4.5-6.8-9.
  • Lettre de saint Paul Apôtre aux Galates 3,26-29.
  • Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 9,18-24.

Un jour, Jésus priait à l’écart. Comme ses disciples étaient là, il les interrogea :
— « Pour la foule, qui suis-je ? »
— Ils répondirent : « Jean Baptiste ; pour d’autres, Élie ; pour d’autres, un prophète d’autrefois qui serait ressuscité. »
— Jésus leur dit : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? »
— Pierre prit la parole et répondit : « Le Messie de Dieu. »
Et Jésus leur défendit vivement de le révéler à personne, en expliquant :
— « Il faut que le Fils de l’homme souffre beaucoup, qu’il soit rejeté par les anciens, les chefs des prêtres et les scribes, qu’il soit tué, et que, le troisième jour, il ressuscite. »

Il leur disait à tous : « Celui qui veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix chaque jour, et qu’il me suive.
Car celui qui veut sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie pour moi la sauvera.

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