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Résumé de la conférence : Aimer c’est quoi
La place du corps et de la sexualité dans le discernement
- Le corps comme langage : S’appuyant sur la Théologie du corps de saint Jean-Paul II, le texte rappelle que le corps est le langage le plus puissant. Cependant, une sexualité précoce (avant les fiançailles ou le mariage) peut prendre toute la place et réduire la relation à cette seule dimension.
- La continence au service de la liberté : Elle permet un discernement authentique en posant la question essentielle : la relation repose-t-elle sur le simple plaisir/confort ou sur le désir profond de la personne globale ?
- Nature du désir : Le désir naît du manque. S’il est nécessaire dans le couple, le cerveau reste le principal organe sexuel : le désir commence par la reconnaissance de l’autre comme désirable.
Les trois figures de l’amour : Éros, Philia, Agapè
L’amour Éros (complémentarité et désir)
- Recherche de complétude : Éros pousse à chercher chez l’autre ce qui nous manque. Cette complémentarité rend la personne désirable dans son unicité.
- Dimension sacrée : Comme le soulignait Benoît XVI, Éros possède une dimension sacrée (souvent dévoyée en instruit animal) dont la vocation trouve sa sainteté dans l’union des époux.
L’amour Philia (l’amitié conjugale)
- Continuité entre amour et amitié : L’amour est une amitié poussée jusqu’au don de toute une vie (mariage indissoluble). On ne cesse pas d’être amis en se mariant ; l’amitié reste le socle du désir.
- Raison et volonté contre le mythe fusionnel : Il faut dépasser le piège du romantisme ou du simple coup de foudre. L’engagement repose sur la raison et la volonté : « Aimer, c’est vouloir, et vouloir, c’est aimer ».
L’amour Agapè (le don gratuit)
- Amour à la manière de Dieu : Un don sans attente de retour, indispensable lors des périodes de grande fragilité d’un des conjoints, même si la Philiareste le cœur quotidien du couple.
Les conditions de l’amitié conjugale (selon Aristote)
La réciprocité et les blessures d’attachement
- Refus de la « relation d’aide » : Le couple ne doit pas s’apparenter à une relation asymétrique (médecin/patient, parent/enfant). Ce sont les déséquilibres, plus que les différences, qui épuisent le couple.
- L’impact des blessures d’enfance : Un manque de sécurité affective dans l’enfance (ex. blessure d’abandon) génère une dépendance affective à l’âge adulte (besoin constant de réassurance, agrippement). Aucun amour humain ne pouvant combler ce manque parfait, un travail personnel ou thérapeutique est souvent nécessaire avant le mariage.
L’égalité et la communion de l’intelligence
- Égalité fondamentale : Selon Aristote :
« Il n’y a pas d’amitié entre maîtres et esclaves ou parents et enfants. Une égalité est requise ».
- Complicité intellectuelle : Il s’agit d’une manière partagée d’envisager le réel. L’humour en est le révélateur privilégié. L’absence de communion intellectuelle crée une asymétrie risquée : si l’un ne se sent pas compris « de l’intérieur », la tentation de chercher cette connexion chez un tiers devient un danger réel.
La bienveillance et la joie d’être ensemble
- Vouloir le bien de l’autre : Cela implique de s’interroger objectivement : « Suis-je la bonne personne pour l’autre ? ».
- Autonomie et vérité : Il faut savoir être heureux seul avant de l’être à deux. De plus, passé un certain âge (35-40 ans), il convient de veiller à ce que la peur du célibat ne conduise pas à accepter des compromis inacceptables quelques années plus tôt.
Les trois motifs d’attachement
- L’agréable : Plaisir d’être ensemble (nécessaire mais insuffisant).
- L’utile : Projets communs, complémentarité pratique (un bon point de départ, mais limité).
- Aimer l’autre pour lui-même : Aimer la personne dans son essence, au-delà de ses qualités ou de ce qu’elle apporte. C’est cet amour qui résiste à la vieillesse, la maladie ou l’accident
(« Ne pas aimer Dieu pour les cadeaux de Dieu, mais pour le Dieu des cadeaux » St-Thérèse d’Avila
Le cadre du discernement : visibilité, distance et vie commune
- Progressivité de la visibilité : Réserve au début (éviter la sur-exposition sur les réseaux sociaux), puis ouverture aux proches et rencontre essentielle de la famille de l’autre pour comprendre ses racines (éviter le piège du conjoint « appartement témoin »).
- Piège de la distance géographique : Risque de ne partager que les « bons moments » le temps d’un week-end. Il faut privilégier des temps longs partagés au quotidien.
- Prudence face à la cohabitation précoce : La vie commune avant le mariage brouille le discernement, rend la séparation plus difficile et affaiblit le sens de l’engagement du mariage (le passage d’un « avant » à un « après »).
La dimension spirituelle et la dynamique du mariage
Le manque et la verticalité (Noces de Cana)
- Refus de l’idolâtrie conjugale : Au cœur de tout amour humain réside un manque (symbolisé par le manque de vin à Cana). Attendre de son conjoint qu’il comble tous ses besoins relève de l’idolâtrie et mène à l’épuisement ou au ressentiment.
- La place de Dieu : La prière et la verticalité libèrent le conjoint d’une attente absolue qu’il ne peut porter, protégeant le couple de la pression sociale de fusion ou de performance.
Le mariage comme dynamique de croissance
• -* Une étape, non un sommet : Le mariage est le début d’un cheminement appelé à s’approfondir au fil des décennies et des événements de la vie (comme l’arrivée des enfants). • -* Une vision active de la fidélité : La fidélité ne se limite pas à « ne pas aller voir ailleurs ». Elle est un don actif et continu : « Qu’est-ce que je peux donner à l’autre que je n’ai pas encore donné (sensibilité, intelligence, vie spirituelle) ? ».
Résumé de la conférence : La maturité humaine et spirituelle dans la préparation au mariage
1. Cadre général et enjeux de la maturité
• -* Importance canonique et théologique : La maturité est une condition essentielle de la liberté des époux. En droit canonique, un manque de maturité constitue un motif de déclaration de nullité du mariage car il vicie le consentement libre.
• -* Définition de la maturité : Elle est conçue comme une harmonie intérieure, une unification de la personne, un équilibre global et une perfection dans l’amour, tant sur le plan humain (relation aux autres) que spirituel (relation à Dieu).
• -* Les visages de l’immaturité :
o-* La posture de victime : Tendance à rejeter la responsabilité de ses actes sur les autres (parents, entourage) et refus de s’accepter.
o -* L’égocentrisme : Besoin permanent de tout ramener à soi.
o -* Origines : Souvent liées à des blessures éducatives ou des failles d’attachement. Une personne sécurisée affectivement se reconnaît à sa certitude d’être aimée, même en l’absence de l’autre.
2. Les trois critères conciliaires de la maturité Optatam Totius}
Le document conciliaire Optatam Totius retient trois critères fondamentaux pour évaluer la maturité :
A. L’égalité d’esprit (Gouvernement de la sensibilité)
L’égalité d’esprit désigne une affectivité équilibrée qui ne se laisse pas dominer par les émotions ou des « montagnes russes » affectives (qui traduisent un dysfonctionnement et peuvent mener à de la manipulation).
• -* Sensibilités particulières et haut potentiel : Les intelligences dites « en arborescence » ou « zèbres » captent un flux massif d’informations simultanées (conduisant parfois à de la synesthésie). L’enjeu n’est pas le manque de capacité, mais la structuration de ce flux.
• -* La cogitative (concept aristotélicien) : Sens interne agissant comme un « toucher intérieur » pour lier l’intelligence et l’affectivité au réel.
o -* Le sens du convenable : Perception intuitive de ce qui est approprié selon le contexte (ex. un prédicateur en maillot de bain choque la convenance).
o -* L’opportunité de l’action : Compréhension de ce qu’il convient de faire à un instant précis.
o -* La connexion au réel : Capacité à percevoir les besoins concrets de l’environnement (ex. éteindre un robinet qui coule).
• -* L’impact culturel : La culture façonne la cogitative et le sens de la convenance (ex. l’obligation d’être accompagné par sa famille élargie pour une demande en mariage dans certaines cultures africaines). Les divergences de codes sont souvent source de tensions.
B. La prudence dans les décisions
La prudence est une vertu cardinale (avec la tempérance, la force et la justice) qui ordonne intelligemment les moyens aux fins. Une vertu s’acquiert par la répétition d’actes libres.
Le triptyque de la décision prudente :
1. -# La délibération : Réflexion intérieure et rationalisation éclairée des raisons de son choix.
2. -# Le conseil : Recherche d’un éclairage extérieur auprès de personnes formées et expérimentées. Deux écueils sont à éviter : le besoin excessif de réassurance (anxiété paralysante) et le refus de tout conseil (orgueil).
3. -# L’action : Passage à l’acte évitant à la fois la paralysie velléitaire et l’engagement impulsif sur un coup de tête.
La mémoire des choix et la grandeur d’âme :
• -* Point d’ancrage : Avoir explicité les motifs clairs de son engagement permet de « faire mémoire » des raisons de son oui pour traverser les crises ultérieures.
• -* La magnanimité (grandeur d’âme) : Capacité à se donner et à relire les épreuves passées (doutes, séparations temporaires) pour comprendre comment elles ont purifié et fait mûrir la relation.
C. La bonne appréciation des événements et des personnes
Consiste à évaluer les situations et les proches avec équilibre, sans excès ni défaut :
• -* Responsabilité personnelle : Ne pas démissionner de ses choix en remettant ses décisions à un tiers (un accompagnateur guide mais ne décide pas) ou en laissant l’entourage/famille envahir la liberté du couple.
• -* Regard juste sur le passé : Ne pas surévaluer les blessures passées au point de paralyser l’avenir, ni les minimiser/banaliser par déni.
3. Les moyens humains et spirituels pour grandir en maturité
1. -# L’accompagnement : Bénéficier du regard bienveillant d’un tiers formé pour répertorier et relire sa vie.
2. -# L’expérience et la relecture : Tirer les leçons des échecs affectifs passés pour ne pas répéter les mêmes erreurs.
3. -# La rupture nette avec le passé : Couper les ponts de façon claire avec ses anciens partenaires (« ex ») pour éviter les ambiguïtés et préserver la fidélité.
4. -# La démarche du pardon :
o -* Rancœurs et discernement : Les rancœurs parasitent le choix. Une relation amoureuse ne doit pas servir de « couple-médicament » pour soigner un passé douloureux.
o -* Pardon vs Réconciliation : La réconciliation est bilatérale ; le pardon est un acte intérieur toujours possible.
o -* Les critères du pardon : Penser à l’offenseur dans la paix et lui vouloir sincèrement du bien.
5. -# Le développement des talents (Bon grain et ivraie) : En se référant à la parabole évangélique (Mt 13), développer ses charismes et ses qualités (« le bon grain ») permet d’occuper tout le terrain intérieur et de laisser moins de place aux mauvais penchants (« l’ivraie »).
6. -# L’expérience personnelle de l’amour de Dieu :
o -* Une rencontre vivante : La foi chrétienne n’est pas une simple morale ou une liste de valeurs, mais une rencontre avec le Christ vivant, « plus intime à moi-même que moi-même » (St Augustin).
o -* Amour humain vs Amour divin : L’amour humain est limité et parfois blessant ; l’amour de Dieu est total, inconditionnel et restaurateur (« Dieu est plus grand que notre cœur »).
o -* Guérison et humilité : Se reconnaître vulnérable et poser des gestes concrets d’humilité (s’agenouiller devant le Saint-Sacrement lors d’une veillée d’adoration, dépasser les fausses pudeurs et recevoir le sacrement de réconciliation) permet de laisser l’amour de Dieu guérir les manques d’amour et fonder solidement l’engagement du couple
Résumé de la conférence : Les critères de discernement
Introduction : La nature du discernement
- L’appel divin et la réponse personnelle : Le discernement ne porte pas sur une réalité abstraite, mais s’exerce en réponse à une personne en particulier. Dieu est toujours à l’initiative et continue d’appeler, peu importe les erreurs ou actes manqués passés.
- La métaphore du « GPS divin » (Père R. Cantalamessa) : Tout comme un GPS recalcule un itinéraire lors d’une erreur de parcours, le Saint-Esprit adapte le chemin pour poursuivre l’appel divin.
- Les deux piliers : Le discernement repose sur l’articulation entre des critères subjectifs (intériorité) et des critères objectifs (réalités extérieures). Aucun critère ne doit être absolu à lui seul ; ils forment un faisceau d’indices.
I. Les critères subjectifs (L’intériorité)
Les critères subjectifs relèvent du ressentis, des aspirations et de la vie spirituelle personnelle.
1. Le désir intérieur et la joie
- Signes de l’appel : La joie d’être ensemble, le désir de cheminer avec l’autre et l’aspiration à fonder un foyer.
- Nécessité de la vie intérieure : Pour reconnaître ce vrai bonheur et nommer ce qui est beau, bon et vrai, il est indispensable d’entretenir sa vie spirituelle.
2. La certitude intérieure et le rôle de l’intelligence
- Sortir du flou : Le mariage sacramentel étant irrévocable, il exige de quitter l’inconsistance pour arriver à une conviction claire (« c’est lui » / « c’est elle »).
- Faire mémoire : Mettre des mots raisonnés sur son choix permet de s’appuyer sur cette certitude fondamentale lors des futures épreuves du couple.
- L’intelligence face à l’émotion et l’anxiété :
- Émotions : Changeantes et parfois trompeuses si elles gouvernent seules.
- Intelligence : Offre la distance nécessaire face à l’angoisse de l’engagement indissoluble.
- Visée pratique : Le discernement vise une décision (s’engager, franchir l’étape des fiançailles, ou constater que la relation n’est pas mûre).
- La patience dans l’attente (Saint Ignace) : Sans clarté (droite ou gauche), il faut demeurer là où l’on est et pratiquer une patience active sans précipiter les choix par inconfort de l’incertitude.
3. La rectitude d’intention
- Pas d’essai « pour voir » : On ne traite pas l’autre comme un objet à essayer (comme une voiture ou des chaussures).
- Refus des faux motifs : On ne poursuit pas une relation pour combler la solitude ou par confort social. Si la conviction apparaît que la relation ne mène pas au mariage, la rectitude exige d’y mettre fin.
4. L’abandon, la paix et la joie
- Lâcher-prise : Le discernement ne réside pas uniquement dans l’analyse cérébrale ; il exige de la confiance en la Providence.
- Boussole relationnelle : La présence de l’autre doit apporter joie et épanouissement. Si sa présence assombrit et son absence soulage, c’est le signe d’un dysfonctionnement grave.
5. Une méthode pratique : « L’Isaac du cœur »
Lors de doutes profonds, cette démarche d’inspiration ignatienne s’appuie sur le sacrifice d’Abraham :
- Déroulement : Une période du « désert » d’environ 15 jours, sans aucun contact (ni son, ni image). Les activités professionnelles continuent, mais les sorties sont réduites au profit de la prière.
- Objectif : Offrir la relation à Dieu et atteindre la « sainte indifférence » (état de liberté intérieure où l’on accepte l’aboutissement ou la fin de la relation, pourvu que ce soit la volonté divine).
- Révélation : Au calme, le désir authentique (continuer ou rompre) réapparaît clairement.
6. La fluidité des commencements
Un engagement à long terme demande une aisance naturelle dès le départ. Si la relation exige immédiatement des efforts disproportionnés, oblige à se cacher ou requiert une thérapie de couple avant le mariage, une grande prudence s’impose.
7. Vertige du mariage et grâce des sacrements
- Ne pas douter dans la tempête (Principe ignatien) : Ce qui a été discerné clairement dans la lumière ne doit pas être remis en cause lors d’un doute passager ou d’un stress prémarital.
- La « religion du vertige » : Le « oui » définitif au milieu d’un monde instable est disproportionné par rapport aux forces humaines.
- La grâce sacramentelle : Comme l’eau du baptême ou le pain de l’Eucharistie, la forme extérieure du mariage est simple, mais elle porte la grâce divine capable de soutenir un engagement total.
II. La charnière : Le rôle des signes
Les signes font le pont entre le subjectif et l’objectif :
- Trois conditions pour un bon signe :
- Signifiant : Parle à la personne à travers un regard de foi.
- Validé : Confirmé par un tiers/accompagnateur spirituel pour éviter l’auto-illusion.
- Encourageant : Réconforte et met en route, sans jamais remplacer la réflexion.
- Prudence : Un signe (ex. arc-en-ciel, verset biblique) est un réconfort providentiel, pas une preuve absolue ni une dispense de discerner.
III. Les critères objectifs (Le réel et le constatation extérieure)
Ancrés dans le réel, ils sont vérifiables et extérieurs aux seuls sentiments.
1. La durée du désir
Alors que l’émotion est éphémère, un désir qui persiste et résiste au temps témoigne de la maturité d’un choix.
2. Le rôle de l’Église et des témoins
- Dans le mariage sacramentel, les fiancés sont les ministres ; le prêtre est le témoin qualifié.
- Le prêtre ne refuse pas le mariage sauf cas graves (violences, tromperies), mais le regard extérieur des accompagnateurs reste déterminant pour révéler d’éventuels freins.
3. Les circonstances et « obstacles de structure »
- Pascal :
" Les circonstances et les nécessités sont nos maîtres spirituels.
- Réalités concrètes : Les contraintes géographiques, la barrière de la langue ou l’impossibilité d’un ancrage quotidien (ex. le couple franco-australien) sont des obstacles réels. Aimer une personne ne signifie pas forcément être appelé à vivre avec elle si le réel s’y oppose.
- Alerte : Attention aux relations « en entonnoir », où l’un devient totalement dépendant de l’autre.
4. La formation spirituelle et la vie de prière
- Combler le fossé : Il existe souvent un écart entre le haut niveau intellectuel/professionnel des personnes et la pauvreté de leur formation spirituelle.
- La prière partagée : Un critère fondamental est : « Cette relation me rapproche-t-elle ou m’éloigne-t-elle de Dieu ? » La prière à deux fortifie l’intimité spirituelle.
5. Les aptitudes humaines requises
De même que pour l’ordination d’un prêtre, la maturité pour le mariage repose sur quatre aptitudes fondamentales :
- Aptitude à la fidélité : exige de baisser le périscope, c’est-à-dire cesser de chercher si d’autres opportunités existent ailleurs
- Equilibre psychique et vie commune : nécessite un équilibre suffisant. Contrairement au handicap mental, des pathologies psychiatriques graves et non traitées rompent le dialogue (retraits brutaux, silences de plusieurs jours) et mettent en péril ma stabilité des futurs enfants
- Ouverture à la vie : disposition du cœur à accueillir des enfants et goût pour la famille
- Stabilité matérielle et professionnelle : nécessité d’avoir posé les fondations matérielles (notamment une situation professionnelle stable) avant d’engager la préparation au mariage.
Résumé de la conférence : Discernement et engagement
1. Introduction et motifs de l’engagement
A. Le lien entre discernement et action
• -* Une fin pratique : Tout discernement a pour finalité l’action. Dans une culture contemporaine caractérisée par le « zapping », prendre le temps de méditer sur l’engagement est indispensable.
• -* Diversité des champs d’engagement : Qu’il s’agisse de l’amitié, du couple, du service, du monde associatif, de l’Église ou du milieu professionnel, la culture de l’engagement fait partie intégrante de l’ADN de la vie chrétienne.
B. Pourquoi s’engager ?
1. -# Se donner pour se recevoir : En écho à saint François d’Assise (« C’est en se perdant qu’on se trouve »), c’est dans la logique du don de soi que l’on découvre véritablement qui l’on est.
2. -# Sortir du nombrilisme et de l’intellectualisme : Il existe un risque de repli sur soi, y compris sur le plan spirituel. Les grâces reçues doivent porter du fruit et être transmises (« Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement »). L’engagement auprès des plus pauvres ou défavorisés permet de développer le cœur et d’autres facultés que la seule dimension intellectuelle.
3. -# Mûrir par de « petits » engagements : Les petits engagements du quotidien préparent aux grands choix de vie (mariage, vie religieuse, célibat consacré). Ils constituent des « sauts dans la confiance » progressifs.
4. -# Exercer sa liberté et se décentrer : Comme le rappelle saint Paul (« Nul ne vit pour soi-même »), l’engagement est un décentrement de soi pour vivre pour le Seigneur, et constitue l’une des clés fondamentales du bonheur.
2. La nature de l’engagement : de quoi s’agit-il ?
Un engagement authentique mobilise la personne humaine dans toutes ses dimensions :
• -* L’activité de l’intelligence (le discernement) :
o -* Il exige d’évaluer avec prudence ses capacités, son temps, ce que l’on donne et avec quelle intensité.
o -* Il prévient l’activisme et l’éparpillage stérile. Il demande de fixer des priorités avec l’aide du conseil et de l’accompagnement spirituel.
• -* L’activité de la volonté :
o -* Aimer est un acte de la volonté et non de la simple sensibilité.
o -* Exemple spirituel : Les écrits de mère Teresa ont révélé qu’elle a vécu des années de sécheresse spirituelle sans « rien ressentir », tout en accomplissant une œuvre d’amour immense.
o -* Exemple liturgique : Lors du mariage, l’Église demande aux fiancés : « Voulez-vous ? » et non « Sentez-vous ? ». La volonté et l’intelligence augmentent notre liberté et ressemblent à Dieu.
• -* L’engagement de toute la personne : Il met en mouvement tout l’être humain — son corps, sa sensibilité, ses dons naturels et spirituels — favorisant ainsi le dépassement de soi et la révélation de sa propre identité.
3. Les difficultés et les peurs face à l’engagement
Ne pas déboucher sur une décision ou un engagement à l’issue d’un temps de discernement constitue une forme d’échec. Plusieurs obstacles et peurs retiennent d’agir :
• -* La pusillanimité et le manque de courage : La peur de ne pas être à la hauteur, d’être infidèle ou d’échouer s’oppose à la magnanimité (la grandeur d’âme).
• -* La peur de la souffrance : Des blessures passées (sentiment d’avoir été manipulé ou utilisé dans une relation) peuvent paralyser la capacité à aimer et bloquer toute fécondité future.
• -* La tentation de « garder tous les possibles » (l’image du rond-point) :
L’analogie du « rond-point » : Rester célibataire en contemplant toutes les sorties d’un rond-point procure une jouissance illusoire de liberté. Pendant que l’on tourne en rond sans choisir de direction, les autres avancent. Ce rond-point centré sur soi-même devient un « nombril ». Choisir une sortie n’enlève pas la liberté, mais la réalise.
• -* La peur de se révéler et le regard des autres : Peur de découvrir à l’autre ce que l’on est vraiment et de vivre par procuration sous le regard d’autrui au lieu de celui de Dieu.
• -* La peur de la vulnérabilité et du non-contrôle : Vouloir que tout soit garanti et sous contrôle empêche de se lancer. L’engagement est par nature une école de confiance (« N’ayez pas peur »).
• -* Les peurs liées au corps : La crainte de la fatigue, du froid, du manque de sommeil ou de la maladie peut conduire à un excès de préservation de soi et freiner la dynamique du don.
4. Les réponses aux difficultés et les fruits de l’engagement
A. Les réponses spirituelles et humaines
1. -# La confiance : « On ne s’engage pas parce qu’on est sûr d’y arriver, mais pour y arriver » en apprenant à compter concrètement sur le Seigneur.
2. -# La miséricorde : Face à nos fragilités ou infidélités, Dieu reste fidèle (2 Timothée 2, 13). Sa miséricorde nous relève, nous remet debout et nous relance.
B. Les fruits de l’engagement
• -* Croissance spirituelle : Expérience concrète de la présence et de la fidélité de Dieu dans sa vie.
• -* Croissance humaine : Dépassement de ses peurs et mûrissement personnel.
• -* Les fruits du Saint-Esprit : L’engagement étant un don de soi, il diffuse les fruits de l’Esprit Saint — qui est le Don par excellence — à savoir : la joie, la paix, l’amour, la bienveillance, la fidélité, la bonté, la douceur et la maîtrise de soi.
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