Enseignements de la retraite Mariage et Discernement

Retraite en ligne proposée avant de se préparer au mariage

« Est-ce lui ? Est-ce elle ? » En amont des fiançailles vous vous posez encore des questions sur le choix du futur conjoint.
Vous avez déjà commencé à cheminer ensemble et certains moments difficiles de votre relation ont pu vous faire demander si vous étiez compatibles ?
Vous voulez alors prendre le temps de discerner si continuer ensemble vers le mariage, faire une pause ou rendre à chacun sa liberté.

Avec ces enseignements, Père Pierre-Marie vous propose des clés de discernement pour éclairer votre choix et découvrir le projet de Dieu pour vous.

Père Pierre-Marie
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Résumé de la conférence : Aimer c’est quoi

La place du corps et de la sexualité dans le discernement

  • Le corps comme langage : S’appuyant sur la Théologie du corps de saint Jean-Paul II, le texte rappelle que le corps est le langage le plus puissant. Cependant, une sexualité précoce (avant les fiançailles ou le mariage) peut prendre toute la place et réduire la relation à cette seule dimension.
  • La continence au service de la liberté : Elle permet un discernement authentique en posant la question essentielle : la relation repose-t-elle sur le simple plaisir/confort ou sur le désir profond de la personne globale ?
  • Nature du désir : Le désir naît du manque. S’il est nécessaire dans le couple, le cerveau reste le principal organe sexuel : le désir commence par la reconnaissance de l’autre comme désirable.

Les trois figures de l’amour : Éros, Philia, Agapè

L’amour Éros (complémentarité et désir)

  • Recherche de complétude : Éros pousse à chercher chez l’autre ce qui nous manque. Cette complémentarité rend la personne désirable dans son unicité.
  • Dimension sacrée : Comme le soulignait Benoît XVI, Éros possède une dimension sacrée (souvent dévoyée en instruit animal) dont la vocation trouve sa sainteté dans l’union des époux.

L’amour Philia (l’amitié conjugale)

  • Continuité entre amour et amitié : L’amour est une amitié poussée jusqu’au don de toute une vie (mariage indissoluble). On ne cesse pas d’être amis en se mariant ; l’amitié reste le socle du désir.
  • Raison et volonté contre le mythe fusionnel : Il faut dépasser le piège du romantisme ou du simple coup de foudre. L’engagement repose sur la raison et la volonté : « Aimer, c’est vouloir, et vouloir, c’est aimer ».

L’amour Agapè (le don gratuit)

  • Amour à la manière de Dieu : Un don sans attente de retour, indispensable lors des périodes de grande fragilité d’un des conjoints, même si la Philiareste le cœur quotidien du couple.

Les conditions de l’amitié conjugale (selon Aristote)

La réciprocité et les blessures d’attachement

  • Refus de la « relation d’aide » : Le couple ne doit pas s’apparenter à une relation asymétrique (médecin/patient, parent/enfant). Ce sont les déséquilibres, plus que les différences, qui épuisent le couple.
  • L’impact des blessures d’enfance : Un manque de sécurité affective dans l’enfance (ex. blessure d’abandon) génère une dépendance affective à l’âge adulte (besoin constant de réassurance, agrippement). Aucun amour humain ne pouvant combler ce manque parfait, un travail personnel ou thérapeutique est souvent nécessaire avant le mariage.

L’égalité et la communion de l’intelligence

  • Égalité fondamentale : Selon Aristote :
    « Il n’y a pas d’amitié entre maîtres et esclaves ou parents et enfants. Une égalité est requise ».
  • Complicité intellectuelle : Il s’agit d’une manière partagée d’envisager le réel. L’humour en est le révélateur privilégié. L’absence de communion intellectuelle crée une asymétrie risquée : si l’un ne se sent pas compris « de l’intérieur », la tentation de chercher cette connexion chez un tiers devient un danger réel.

La bienveillance et la joie d’être ensemble

  • Vouloir le bien de l’autre : Cela implique de s’interroger objectivement : « Suis-je la bonne personne pour l’autre ? ».
  • Autonomie et vérité : Il faut savoir être heureux seul avant de l’être à deux. De plus, passé un certain âge (35-40 ans), il convient de veiller à ce que la peur du célibat ne conduise pas à accepter des compromis inacceptables quelques années plus tôt.

Les trois motifs d’attachement

  1. L’agréable : Plaisir d’être ensemble (nécessaire mais insuffisant).
  2. L’utile : Projets communs, complémentarité pratique (un bon point de départ, mais limité).
  3. Aimer l’autre pour lui-même : Aimer la personne dans son essence, au-delà de ses qualités ou de ce qu’elle apporte. C’est cet amour qui résiste à la vieillesse, la maladie ou l’accident

    (« Ne pas aimer Dieu pour les cadeaux de Dieu, mais pour le Dieu des cadeaux » St-Thérèse d’Avila

Le cadre du discernement : visibilité, distance et vie commune

  • Progressivité de la visibilité : Réserve au début (éviter la sur-exposition sur les réseaux sociaux), puis ouverture aux proches et rencontre essentielle de la famille de l’autre pour comprendre ses racines (éviter le piège du conjoint « appartement témoin »).
  • Piège de la distance géographique : Risque de ne partager que les « bons moments » le temps d’un week-end. Il faut privilégier des temps longs partagés au quotidien.
  • Prudence face à la cohabitation précoce : La vie commune avant le mariage brouille le discernement, rend la séparation plus difficile et affaiblit le sens de l’engagement du mariage (le passage d’un « avant » à un « après »).

La dimension spirituelle et la dynamique du mariage

Le manque et la verticalité (Noces de Cana)

  • Refus de l’idolâtrie conjugale : Au cœur de tout amour humain réside un manque (symbolisé par le manque de vin à Cana). Attendre de son conjoint qu’il comble tous ses besoins relève de l’idolâtrie et mène à l’épuisement ou au ressentiment.
  • La place de Dieu : La prière et la verticalité libèrent le conjoint d’une attente absolue qu’il ne peut porter, protégeant le couple de la pression sociale de fusion ou de performance.

Le mariage comme dynamique de croissance

• -* Une étape, non un sommet : Le mariage est le début d’un cheminement appelé à s’approfondir au fil des décennies et des événements de la vie (comme l’arrivée des enfants). • -* Une vision active de la fidélité : La fidélité ne se limite pas à « ne pas aller voir ailleurs ». Elle est un don actif et continu : « Qu’est-ce que je peux donner à l’autre que je n’ai pas encore donné (sensibilité, intelligence, vie spirituelle) ? ».

Pour écouter d’autres conférences sur les mêmes thèmes dans le même cadre de retraite :

  1. Aimer, c’est quoi ?
  2. La maturité
  3. La vocation dans la Bible
  4. Discernement et engagement
  5. Les critères de discernement